QUE DEVIENT LE DETENU
Le détenu, après un séjour plus ou moins long dans cette institution fédérale, reçoit un bon jour soin congé, soit que l'Etat ait décidé de l'admettre ou de le renvoyer d'où il vient. Le commissaire principal de l'immigration, à Québec, fait mander les gens admis enfin, et les met en liberté. Si, de leur côté, les médecins de l'établissement concluent que tel et tel Individus, coinfiés à leurs soins, peuvent entrer au Canada, ils en notifient le commissaire. Et s'ils ont décidé l'inadmissibilité, au point de vue médical, d'un ou de plusieurs détenus, ils signent un certificat médical portant les numéros que ces gens out reçus à l'hôpital, dès leur eutrée, l'expédient à l'agent, qui les avertit, à leur tour, de les envoyer au port à telle heure, où partira le paquebot qui doit les ramener outremer. Des gardiens conduisent ces gens à l'hôtel de l'immigratioLi, s'en font donner, par l'agent, un récépissé, comme s'ils étaient de simples colis, et les pauvres diables recommencent une traversée pénible, à moins que, dans l'intervalle, ils aient intéressé à leur sort, de quelque manière que ce soit, — et même à prix d'argent, — des gens influents auprès du ministère de l'Intérieur, qui leur obtiennent du répit et, souventes fois même, font écarter la décision des médecins.
Dans ces cas, le pays comptera quelques rachitiques, quelques imbéciles, quelques syphilitiques de plus, dont la présence aura certes une influence déplorable sur la santé publique présente ou future des Canadiens. Mais les politiciens ne s'arrêtent pas souvent à de telles considérations.
Ceux que TEtat renvoie outremer
Les immigrants que le gouvernement canadien renvoie dans leur pays d'origine se divisent en deux grandes catégories: ceux que la loi
déclare être indésirables ou qui paraissent l'être, dès le débarquement; et ceux qui le deviennent, aux yeux de la loi, pour diverses raisons civiles ou médicales, dans les trois années consécutives à leur admission en terre canadienne.