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COMMENT ON RENVOIE CES INDESIRABLES

Les immigrants qui appartiennent à la première grande catégorie reconnue par la loi sont écartés par les inspecteurs civils e- médicaux, au cours de l'examen. Du moins, la théorie le veut. En pratique, des centaines et des milliers réussissent à s'introduire ici, à cause des vices du système actuel.

Si les geins que les inspecteurs mettent de côté et dont le surintendant médical ou l'agent principal de l'immigration, au port d'arrivée, décide le rejet, ne sont pas admis après recours au minisire, soit au moyen d'influences politiques, soit par un simple appel qui renverse la décision des autorités, il reste à les expédier outremer, dans leur pays d'origine. La loi d'immigration (articles 40 à 49) décrète de quelle manière se fait ce rapatriement. L'immigrant rejeté doit être remis à bord du même paquebot, ou d'un paquebot de la même compagnie, qui l'a amené au Canada. Et cette compagnie doit verser à l'Etat le coût de ^a détention de cet individu à l'hôtel spécialement affecté à cette fin, comme elle est aussi tenue au transport de cet immigrant jusqu'au lieu même

d'où il est venu au Canada. Si elle refuse de recevoir cet homme, le laisse s'évader, ne le rend pas à destination finale, ine veut pas rembourser les frais de détention encourus, ou les fait payer à l'immigrant, elle est passible d'une pénalité de $50 à $500 pour chaque offense. Les compagnies de chemiius de fer qui auront transporté cet homme jusqu'au point où il est détenu par l'Etat devront le ramener à leurs frais au port de mer où il est entré au Canada; et, de là, la compagnie transatlantique qui l'a amené devra le rapatrier à l'endroit même d'où il est parti, sans qu'il lui en coûte un sou, à lui-même.

La loi impose cette obligatioin aux compagnies transatlantiques et aux voies ferrées qui font du transport des immigrants une de leurs principales sources de revenus, afin de les inciter à ne pas amener ici, comme elles l'ont pratiqué aux premières années de l'immigration intense au Canada, des gens tarés de toutes façons, des gens visiblement atteints de maladies graves; c'est aussi afin de les obliger par ailleurs à faire subir un examen médical préalable à leurs passagers de seconde et d'entrepont, aux principaux ports de mer européens. A de certaines époques, les compagnies ont dû rapatrier à leurs frais des centaines et des milliers de gens atteints de trachome, que l'Etat refusait d'accepter, surtout au port de Québec. Aussi ont-elles appris à leurs frais le risque qu'elles couraient en amenant ici ces gens. Et, depuis quelque cinq ans, le trachome est moins fréquent, dans les cargaisons que certaines d'entre elles transportent de ce côté-ci de l'Atlantique. Sur ce point la surveillance médicale de l'immigrant, à Québec, et l'obligation imposée aux compagnies de rapatrier l'immigrant malade ont donné de bons résultats. Il serait désirable qu'elles en donnassant d'aussi bons, quant à la diminution du nombre de dégénérés et de gens faibles d'esprit que les con;pagnies de navigation océanique amènent ici. Chose notable, le ministère de l'Intérieur, pour des considérations de petite politique, en admet, chaque année, un bon nombre au Canada, en dépit de l'examen médical fait à Québec et des rapports des médecins à ce sujet. Et nous avons vu, cette année, à la maison de détentioin de Québec, telle jeune fille, contrefaite, marquée des stigmates de la plus complète dégénérescence physique et mentale, imbécile au point de ne pas savoir combien elle avait de bras, de jambes, de nez et d'oreilles, et qui m'aurait jamais dû être admise au Canada. Cependant, deux jours plus tard, nous l'avons retrouvée par hasard, dans un convoi du Pacifique Canadien à destination de Montréal. Elle était accompagnée d'une gardienne et s'en allait dans l'Ontario. Le ministre avait dû l'admettre "as a matter of grâce", par-dessus la tête des médecins de l'immigration, à Québec.

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