LA REFORME A FAIRE
Un homme politique soucieux de la bonne administration du service de l'immigration, au point de vue civil, aurait fort à faire. Il lui fau-
drait d'abord obtemir l'abolition du système de nominations politiques, faites à coups de recommandations du comité de patronage, puis amener le ministère à ne donner de l'emploi, dans le,s bureaux civils de l'immigration, qu'à des candidats ayant subi avec succès des examens de compétence. De même aussi^ il devrait obtenir le relèvement de l'échelle des traitements, chose nécessaire pour s'assurer de vrais bons fonctionnaires et intéresser à leur emploi ceux qui accepteront ces postes. A l'heure présente, certains employés, excellents serviteurs de l'Etat, soit parmi les inspecteurs, soit parmi les interprètes, — poste de co'ufiance, — ont des salaires dérisoires, eu égard à leurs fonctions; et, parce qu'ils n'ont pas d'influence politique, ils n'avancent pas comme ils le devraient, lorsque des gens d'incompétence notoire, mais qui ont de l'influence dans certains milieux, à cause de leurs complaisances de toute nature, touchent des traitements plus élevés.
Celui qui voudra réellement faire la réforme du système, sur ce point, aura donc à faire face à l'inertie publique, — car le grand public ignore tout de ce qui se passe dans les coulisses de l'immigration. Puis, il lui faudra s'attaquer à une machine aux rouages multiples, mointée pièce à pièce par des politiciens, non pas pour l'avantage général du pays, mais pour celui de l'un ou l'autre des deux grands partis acharnés à se disputer le pouvoir et les dépouilles, sans se soucier des résultats que dans cinquante ou cent ans, leur politique absurde d'immigration donnera au pays se reposant sur eux du soin de le gouverner, tandis qu'il se développe dans tous les domaines.
La politique et le service médical de Fimmigration
Le service médical de notre immigration est sous la direction d'un fo'nctionnaire spécialement préposé à cette fin; il réside à Ottawa, et s'occupe de cet aspect du problème de l'immigratioin. C'est avec lui que traitent les directeurs du service médical attachés aux différents ports de mer où il arrive des immigrants, ainsi qu'aux points de la frontière par lesquels il en pénètre des milliers au Canada. Il y a donc un bureau médical à chaque hôtel des immigrants. Nous en avons déjà expliqué tout au long le mécanisme, dans une étude précédente.
On croirait bien que les politiciens n'ont pas un mot à dire, dans l'administration et la régie interne de ce bureau de médecins. Or, en fait, la politique s'est introduite jusque là; elle y règne en maîtresse.