‹ L'immigration canadienneChapitre 52 sur 77 · LA LOI AMERICAINE ET LA LOI CANADIENNE · texte numérisé non relu

LA LOI AMERICAINE ET LA LOI CANADIENNE

Aux Etats-Unis la clause 17 de la loi de Vimmigration décrète que rimspection physique et mentale des immigrants doit être faite par des médecins attachés au service de la santé publique des Etats-Unis; ils

doivent avoir au moias deux ans de pratique, et avoir subi les examens requis par le ministère de la Santé Publique. La politique in'est pour rien dans ces nominations; les examens de compétence sont des plus sévères, et le traitement est satisfaisant, de sorte que ces médecins peuvent donner tout leur temps à l'étude des questions de médeciine relatives aux différentes classes d'immigrants. Ils oe font pas de pratique générale. Ceci permet à ces fonctionnaires de se spécialiser, de publier dans les grandes revues médicales de New-York et d'ailleurs des observations et des articles de vif intérêt, sur l'aspect médical du mouvement migratoire, et de soutenir des thèses de médecine fondées sur les notes prises au cours de ces études; c'est pourquoi il y a, dans la république voisine, toute une littérature médicale relative à l'immigration, et dont rensemble forme comme une véritable bibliothèque, sur ce sujet.

Les médecins du service de la Santé Publique américaine ne relèvent pas du tout du ministère du Commerce et du Traavil, qui a la direction des services de l'immigration, à Washington. Ils sont simplement, en matière administrative, sous la surveillance du directeur général de l'immigration, au port où ils remplissent leurs fonctions. Et le paragraphe IV de la règle 17 de la loi américaine de rimmigration dit: il ne peut y avoir appel de la décision du bureau d'en quêtes spéciales qui, s'appuyant uniquement sur le certificat de santé du médecin examinateur, conclut au renvoi d'un immigrant souffrant de tuberculose, ou d'une maladie repoussante, ou dangereuse et contagieuse, ou encore, d'idiotie, d'imbécillité, d'épilepsie, de folie, de faiblesse d'esprit, ou de toute infirmité mentale qui peut l'empêcher de gagner sa vie, ou le rendre à charge à la charité publique.

L'examen médical, tel qu'il existe aux Etats-Unis, remonte à l'année 1882. Antérieurement à cette date, l'immigrant pénétrait aux Etats- Unis à son gré, du moment que l'inspection de son état civil, faite à la diable, semblait satisfaisante. Ici, l'inspection physique et mentale n'existe que depuis le mois de décembre 1902. Et les règlements de l'immigration canadienne, quoique assez peu complets sur ce point, donneraient, à tout prendre, de bons résultats, si, comme aux Etats-Unis, le gouvernement en confiait l'interprétation à des fonctionnaires spécialisés en cette matière. Mais, pour l'heure, inotre loi n'exige nulle compétence spéciale du méd'ecin chargé de l'inspection des nouveauxvenus. Ce peut être un tout jeune docteur en médecine, frais émoula de l'université, qui n'a jamais vu, par exemple, un seul cas de trachome, et qui ignore même l'existence du mouvement migratoire; il <ne subira nul examen d'aptitude, et il apprendra à la longue les choses indispensables qu'il faut qu'il sache, aux dépens du pays et assez souvent aussi au détriment des pauvres immigr'^*"ts qui auront affaire à son incompétence manifeste. On lui donnera an traitement de famine, mais il aura liberté de faire de la clientèle générale.

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