LE NOUVEL AN
« Au temps de la vieille Gaule, il y avait un jour solennel.
« Par toutes les bourgades, les lumières s'éteignaient, les foyers s'éteignaient, le silence se faisait. Une heure de recueillement plein d'angoisse, d'attente pleine d'espérance.
« Soudain, sur une haute cime, une flamme s'allumait par la main des vierges et s'élançait dans les cieux. La flamme courait dans les plaines, gravissait les montagnes. Les cœurs s'ouvraient. Tous quittaient les maisons, vieillards chargés d'ans, jeunes enfants, femmes, hommes, couvraient les sentiers, se prenaient les mains, commençaient une immense farandole, à l'image du chœur ininterrompu des années.
« Un cri d'allégresse retentissait de toutes parts :
— online nouvelle carrière s'ouvre devant nous, nous renaissons! En guil-an-eit, le blé germe.
« Nous venons reprendre ce cri national, nous les fils pieux de ces vaillants semeurs.
(( A Tannée qui s'en va, qui nous laisse dans le deuil et la tristesse, adieu et oubli.
« Année qui nais, jeune vierge, tu descends vers nous calme et souriante, le front ceint de couronnes, les mains pleines de promesses et de dons.
c( Tu nous presses de vivre.
a La flamme éteinte sur les montagnes, tu la rallumes dans nos cœurs. Ah ! notre espoir est immense, notre sécurité ferme: U suffit d'une parole pour régénérer un monde.
« Nous disons : que la foi soit, que l'espérance se relève, que l'avenir commence.
« L'amitié nous met la main dans la main, et, mêlant nos cœurs, il nous semble que nous renaissons avec la pureté de l'enfance, que nous prenons possession de l'univers, notre domaine infini, et qu'à nos yeux baignés de lumière s'ouvrent les perspectives de l'immortalité.
c< Nous avons foi, ô nouvelle année, que nous pouvons te douer d'un grand destin, et te donner ce titre glorieux que dans un élan magnanime, mais prématuré, nos pères trouvèrent jadis : L'an premier. »
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les Gaulois ont mieux aimé périr exierminéSy que de se mêler à des races qui ne savaient comme eux défier la mort.