‹ L'immortalitéChapitre 35 sur 50 · DE DIEU · texte numérisé non relu

DE DIEU

« Où trouver la raison d'être^ la raison suffisante de ce nombre infini de forces qui s'échelonnent dans un plan si régulier et concourent avec une si infaillible harmonie? Il la faut aller chercher dans im principe premier où la force et la substance, Têtre et la vie s'identifient au sein d'une perfection absolue, être des êtres, force des forces, unité des unités, idéal accompli de Texistence. « Dieu est l'unité « primitive et la substance simple, originaire, dont toutes (( monades créées sont des productions et naissent, pour d ainsi dire, par des fulgurations continuelles de la Divi- « nité. »

c< C'est une véritable cause, une cause intelligente, libre, agissant selon un conseil éternel; c'est l'être tout parfait, concentrant en sa mystérieuse unité Tintelligence, la sagesse, la liberté, la justice, la bonté, en un mot, toutes les perfections morales.

a Si Dieu est par essence un principe d'intelligence, d'harmonie et de bonté, le mystère de l'origine des choses s'éclaircit. L'univers n'est plus l'ouvrage du hasard ou de la nécessité, il est un acte d'amour, un rayonnement de la pensée de Dieu, une expression vivante de ses perfections,... parmi toutes les combinaisons, la meilleure, celle où la simplicité des moyens se combine avec l'excellence et la fécondité des résultats. On croit faire Dieu plus grand en concevant sa puissance comme absolue ou supérieure à

toute loi; a mais où sera donc sa justice et sa sagesse^ s*il « n'a qu'un pouvoir despotique^ si la volonté lui tient lieu a de raison, et si, selon la définition des tyrans^ ce qui a plait au plus puissant est juste par là même. x>

a Cette idée d'un Dieu adorable dans ses voies est ridéal de Thomme de bien, qui toujours dans sa conduite s'efforce d'imiter le Créateur, c'est-à-dire de tout faire en vue du mieux^ et qui, alors même que ses prévisions sont démenties et ses desseins avortés^ se résigne de bonne grâce, convaincu que la Providence tire le bien du mal, et fait tout aboutir à la meilleure fin. »

DE l'immortalité.

c( Celui qui n'envisage que le monde où vit l'humanité et ne s'attache qu'à la condition présente et visible de l'univers, celui-là ne peut comprendre l'économie du plan divin, parce qu'il ne voit pour ainsi dire qu'une scène du drame infini de la vie universelle. c( 11 est semblable à un (( homme né et élevé dans les mines de sel de la Thrace, « et qui se persuaderait qu'il n'y a dans le monde d'autre c( lumière que la faible lueur de ces lampes languissantes a qui suffisent à peine à diriger ses pas dans l'obscurité.

c< Tout être, quel qu'il soit, homme, animal, plante et ce qu'on appelle chose inanimée^ tout être est immortel de sa nature. Rien ne périt, comme rien ne commence d'être, absolument parlant. Création^ annihilation, ce sont des mots de la langue de Dieu, non de celle des hommes. Pour nos yeux corporels, les êtres semblent sortir du néant pour y rentrer. La raison dissipe ces prestiges ; elle

nous apprend que la mort n'est, comme la naissance, qu'une transformation. En réalité, point de mort, mais c( un progrès perpétuel et spontané du monde tout entier « vers ce comble de beauté et de perfection imiverselles « dont les œuvres de Dieu sont capables, de sorte que le « monde marche à une condition toujours meilleures »

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