‹ L'Immortalité selon le ChristChapitre 22 sur 33 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'^pItre aux gàlates et les autres épItrrs.

Pour peu que Thistoire commence enfla à introduire ses légitimes exigences au milieu des faits qu'elle a été contrainte jusqu'ici d'accepter sans contrôle, il est temps qu'elle choisisse entre deux documents qui, sur le même fait, présentent le témoignage le plus discordant. Nous voulons parler des Actes des Apôtres, et de VÉpître aux Gâtâtes,

Dans l'Épître aux Galates, Paul, qui n'a sur ce point aucun intérêt à altérer la vérité, déclare que, sans accord d'aucune sorte, sans précédent, sans aucune autorisation venant de qui que ce soit, lui, Paul, obéissant à une révélation d'en haut, a fait, durant dix-sept ans^ , ce que

i. II faut ajouter à ces dix-sept ans tout l'intervalle qui sépare la

sentirait pas à fermer les yeux sur le rdâchement de certaines conditions imposées prématurément, et sur le retour à quelques-unes des préoccupations ordinaires de la vie.

Reproches à faire aux uns, dispenses à accorder aux autres, — tel est le double objet de la première lettre de Paul aux gens de Gorinthe, en réponse à la communication qu'on lui avait adressée.

Ce qu'il leur dit en commençant ne semble avoir pour but que le maintien, dans ses termes les plus simples, de la doctrine si nette qu'il leur a apprise et dont il ne faut pas qu'ils se laissent détourner par d'inintelligents conseils. Tandis que les Juifs se montrent rebelles à toutes les preuves qui ne viennent pas du ciel, et que les Gentils recherchent vainement en eux-mêmes la règle de leurs actions, il les loue de persister dans la foi qui les fait passer pour fous, mais qui peut seule les sauver. « Les Juifs, dit-il, demandent des miracles, et les Gentils cherchent là sagesse ; mais nous, nous prêchons Jésus le Messie crucifié, qui est un s'candale aux Juifs et une folie aux Gentils. » (Gh. i, v. 22-23.)

Les versets qui suivent montrent que, selon la logique mênae de la situation, — parmi les païens non moins que parmi les enfants d'Israël, — sous l'influence de Paul comme sous celle de Jésus, — ceux qui s'étaient le plus facilement laissé séduire par l'annonce d'un

après leur avoir donné connaissance de l'œuvre entreprise par lui , Paul obtînt d'eux la promesse qu'ils ne s'y montreraient pas hostiles? Il ne chercha même pas sans doute à vaincre leur résistance personnelle au sujet de la circoncision ; son but n'était pas de les engager à prendre part à un apostolat qui ne pouvait les concerner; il ne leur avait demandé qu'une adhésion tacite ou une non-improbation , et ils ne la lui avaient pas refusée. Mais laissons-le s'exprimer lui-même.

« De la part de ceux qui paraissaient être quelque chose, — ce qu'ils ont été autrefois ne me regarde pas, Adonaï n'a pas égard à la qualité des personnes , — de la part de ceux-ci il ne m'a rien été imposé. Mais, au contraire, ils ont vu que je pouvais aussi bien avoir été choisi pour prêcher l'évangile de l'incirconcision (evangelîum praeputii) que Pierre celui de la circoncision. Car celui qui a agi efficacement dans Pierre pour Vapostolat de la circoncision (qui enim operatus est Petro in apostolatum circumcisionis) a aussi agi efficacement en moi pour me rendre apôtre des Gentils. » (Ch. ii, v. 6-8.)

Voici donc, d'après cela, un point qui parait formellement établi : non-seulement , pendant le quart de siècle déjà écoulé depuis la mort de Jésus, Pierre ne

s'est entretenu de son ancien maître qu'avec des circoncis , mais il est dit expressément qu'il ne doit prêcher aucun autre Évangile que celui de la circoncision.

Or, que disent sur ce point les AcUs des Apôtres? Là, ce Pierre, que nous avions vu jusque-là en toute occasion jouer un rôle si effacé ou si f&cheux, est devenu un homme considérable et un grand orateur. Et, dans la circonstance rapportée plus haut , mais fort altérée dans tous ses détails, nous le voyons se lever solennellement au milieu d'une assemblée, décorée depuis du nom de concile, et prononcer ces mots (traduction de Sacy) : (( Mes frères, vous savez qu't/ y a longtemps que Dieu m'a choisi d'entre nous, afin que les Gentils entendissent par ma bov^^he la parole de l'Évangile,,. » {Actes, ch. xv, v. 7.)

Lequel de ces deux récits, dont l'un détruit complètement l'autre, l'impartiale histoire adoptera-t-elle? — 11 ne nous semble pas qu'elle puisse hésiter à donner la préférence au récit qui remporte incontestablement par la vraisemblance et la continuité soutenue des rôles, c'est-à-dire à celui qui écarte jusqu'à la possibilité d'une part quelconque prise par Pierre à la (Icnatioîialisation de l'idée juive par la prédication de Vincirconcismi.

Hien ne ressemble mieux au Simon-Pierre que nous connaissons de longue date que le caractère inconsistant, sans persistance dans ses opinions, sans succès dans la dissimulation de ses fautes, que nous retrouvons aux versets suivants de TÉpître aux Galates.

Avant que Paul ne quittât Jérusalem, il avait été bien convenu entre lui et Jacques, Pierre et Jean, que, si

ceux-ci s'abstenaient de toute prédication aux incirconcis, ils ne nuiraient du moins d'aucune manière à leur conversion dont Paul et ses disciples restaient seuls chargés {nos in gentes, ipsi autem in circumcisionem). Or qu'arriva-t-il? Laissons encore la parole à Paul :

« Lorsque Pierre* fut venu à Antioche, je m'élevai contre lui en face; parce que sa conduite était condamnable. En eflfet, avant qu'il ne vînt des gens de Jérusalem de la part de Jacques, Pierre mangeait avec les Gentils; mais depuis l'arrivée de ces gens-là, il se séparait des Gentils et s'en tenait éloigné, craignant ceux qui étaient pour la circoncision. Les autres judaïsants (les chrétiens juifs) imitèrent sa dissimulation ( ÙTCO)cpt<jet, hypocrisie), et Barnabe lui-même s'y laissa entraîner. Quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit dans la vérité de l'Évangile, je dis à Pierre devant tout le monde : Si toi, qui es Juif, tu ne te gênes pas pour vivre à la manière des Gentils, pourquoi veux-tu ensuite forcer les Gentils à vivre à la manière des Juifs ? »

Il paraît bien que cette mortifiante apostrophe n'avait pas empêché Pierre et les émissaires judaïsants d'imposer aux Gentils, comme condition de salut, la manière de vivre des Juifs et la pratique de la circoncision ; car

1. Il faut remarquer, en cet endroit compromettant, la substitution ingénieuse faite par la Vulgate et adoptée depuis, du nom peu connu de Céphas à celui de Uéz^ç que porte en toutes lettres le texte grec.

FÉpltre aux Galates n'a d'autre but que de fortifier les fidèles de Galatie contre ces funestes influences.

« Je m'étonne, leur dit Paul du ton le plus ému dès les premiers versets, qu'abandonnant celui qui vous a appelés à la grâce de Jésus-Christ, vous passiez sitôt à un autre évangile; ce n'est pas qu'il y en ait d'autre; mais c'est qu'il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser le véritable évangile de Jésus-Christ. Or, je vous l'ai dit et je vous le dis encore : Quand bien même l'un de nous, quand bien même un ange du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, que celui qui agit ainsi soit anathème ? )>

Par cet ânathème lancé d'avance contre tous ceux (( qui ne marchent pas droit selon la vérité de l'Évangile, » il se dispense de le fulminer en particulier contre chacun de ceux dont il va dénoncer la conduite. Après avoir exposé ces griefs , comme nous venons de le voir plus haut, il démontre le manque de foi ou l'inintelligence de ses contradicteurs.

Tout ce qui appartient à la loi, tout ce qui la suppose encore en vigueur n'implique-t-il pas un état de péché et par conséquent de mort? Appartenir au Christ et se soumettre encore à la loi, c'est donc considérer Jésus comme ministre ou serviteur du péché (ch. ii, v. 17) et comme un agent de mort I — Par quoi peut-on rendre

à la chair le principe de la vie, si ce n'est en y détruisant, en y faisant mourir le principe de la mort? Seraitce donc aux œuvres de la loi que Ton irait demander ce qui permet d'échapper aux effets de la loi? Un seul homme a échappé jusque-là à ces effets mortels; — c'est donc en imprimant en soi le, sceau du ressuscité, c'est donc par ce moyen et non par aucun autre qu'il «st posh sible de Vivre comme il vit et de se soustraire à la mort comme il y a été soustrait. Croire que les bonnes œuvres puissent empêcher de mourir, c'est croire que le sacrifice de Jésus n'était pas nécessaire, c'est oublier l'ancienne condamnation et ne point vouloir de la grâce qui l'abolit. « Si l3i justilkation, dit-il en terminant (v. 21)» peut s'acquérir par la loi (c'est-à-dire à la manière ensjeignée par Pierre , Jacques et les autres) , à quoi sert-il donc que Jésus soit mort ? »

On ne saurait trop insister sur ce raisonnement de Paul qui, au fond, contient sa doctrine tout entière, moins les contradictions auxquelles l'entraîne le frein moral réclamé par la prolongation imprévue de l'attente. Les prémisses étant admises, rien en effet n'est plus clair. Par suite de cette prolongation de l'attente, les œuvres sont bonnes assurément, mais ni plus ni moins qu'elles l'ont été jusque-là, c'est-à-dire comme pouvant servir à détourner de la vie de chaque jour les maux qui la menacent, ainsi que cela a été enseigné dans la Torah.

480 L'IMMORTALITJÈ

Mais ces œuvres ne sauraient par. elles-mêmes ramener dans la chair une vie qui ne puisse plus s^y éteindre *. Si elles n'ont jamais produit cet effet dans les temps passés, pourquoi le produiraient-elles à la fin des temps? Par quel moyen, en un mot, donner aux œuvres une place quelconque dans ce raisonnement complet par luimême et que Ton détruit dès qu'on cherche à l'étendre : La loi était la mort, Jésus est la vie; rien de ce qui a été la loi, rien de ce qui n'est pas Jésus lui-même ne peut être la vie. Or, par quoi mets-je Jésus en moi? — Par la foi seule ; donc la foi seule fait vivre.

La suite de Tépître est la paraphrase de ce raisonnement. Les œuvres de Paul qu'il nous reste à passer en revue ne sont aussi que des diversifications des mêmes idées; nous nous bornerons donc, en commençant par celle-ci , à donner de chacune d'elles un abrégé rapide. La forme qui nous paraît la plus propre à conserver la physionomie littéraire de l'auteur, étailt la forme directe, nous l'adoptons dès à présent jusqu'à la fin de ces résumés.

« 0 Galates insensés, qui vous a ensorcelés? » Ce n'est point la Torahqui a pu mettre en vous l'esprit nouveau.

1. Nous savons que la nécessité d'une morale Tamène quelquefois à laisser entendre tout le contraire ; et c'est cette idée , opposée à celle du salut par la foi et inconciliable avec elle, que nous aurons à examiner dans le chapitre suivant.

l'esprit de Jésus. Et, si c'est cet esprit nouveau qui seul peut rendre la vie à la chair, ne voyez-vous pas qu'on vous fait retourner à la chair morte en vous faisant retourner à la Torah?

Dans quel cas et pour quel fait TÉcriture dit-elle qu'Adonaï a fait espérer la justification dont nous allons enfin voir les effets? — Dans un seul cas et pour un seul fait; c'est lorsqu'elle dit: « Abraham crut, et sa foi lui fut imputée à justice. » Ce qui lui fut imputé à justice ce fut sa foi et nulle autre chose. Vous voyez donc bien que, pour avoir part aux promesses faites à Abraham , il faut posséder ce qui lui a été imputé à justice.

La Torah, étant la loi du péché et de la mort, c'està-dire de la malédiction , entraîne dans la malédiction tous ceux qui veulent la maintenir. Mais, pour ceux qui ont la foi, cette malédiction est absorbée par Jésus crucifié, puisqu'il est écrit: « Maudit celui qui est pendu au bois ; » et il ne reste que la bénédiction donnée à Abraham , réalisée en Jésus après sa mort, et communiquée par cette mort à tous ceux en qui la foi en renou-, velle le mérite.

Adonaï a fait son testament en faveur d'un seul, celui qui devait naître un jour d'Abraham; or celui-là est Jésus, et ne peut être un autre. En quoi la loi, qui a été donnée dans l'intervalle, pourrait-elle modifier une promesse qui ne se réalise qu'aujourd'hui? — De deux

d^ayoir pénétré dans Inextricable dédale des ordonnances et des rites juifs au sujet des questions de nourriture, puisque des règlements du même genre et, à certains égards, plus rigoureux ont été empruntés depuis au mosaîsme. Paul s'irritait de l'obstination de ses rivaux en apostolat à exiger, entre autres conditions de l'admission dans l'assemblée des fidèles, la connaissance exacte de toutes les distinctions que JeTiovah avait jadis établies parmi les aliments. 11 pratiquait à cet égard là plus complète tolérance et permettait de manger de tout, excepté des choses qui pouvaient établir une rivalité entre Jéhovah et les divinités inférieures qu'il rangeait parmi les démons. « Ce que les païens immolent, dit-il,' ils l'immolent aux démons et non pas à Âdonaï. Or, je désire que vous n'ayez aucune société avec les démons... Vous ne pouvez pas participer à la table d' Adonaï et à la table des démons. Voudrions-nous donc irriter Adonaï en le piquant de jalousie ? » {Ibid,, v. 20-22.)

Il exprime plus loin sa crainte qu'ils ne sachent pas mettre à profit le moyen si direct qui leur a été offert de renouveler quotidiennement en eux-mêmes la chair immortelle du Sauveur, et d'entretenir ainsi dans leur corps une vie qui ne doit plus s'y éteindre. Certes, cette heureuse appropriation à sa doctrine d'une parole touchante de Jésus avait été bien peu comprise des fidèles de Corinthe; car, à la description que Paul nous dornie

même héritiers de ce qu'il a promis à notre ancêtre et à sa postérité.

Quoi ! c'est à vous; Gentils, qui avez connu d'autres dieux et qui ne pratiquez plus les cérémonies de leur culte , que- l'on voudrait imposer les cérémonies des Juifs! Et vous semblez croire qu'il faut consacrer à cette étude les derniers joure qui vous restent I — J'ai donc travaillé en vain à vous ouvrir les yeux, et les conseils aveugles de. ceux qui comprennent mal la bonne nouvelle l'emportent donc sur les miens I « Ils se cramponnent à vous, mais ce n'est pas d'une étreinte qui puisse vous être utile. » Mes petits enfants, vous que j'ai enfantés à la foi et pour qui je crois sentir de nouveau les douleurs de l'enfantement , je vous en conjure , ne les écoutez pas ; n'écoutez que ceux qui savent comment il faut « former Jésiïs-Christ en vous. » Et si vous voulez absolument être sous notre loi, comprenez au moins le sens que cette loi cache sous les figures qu'elle nous montre. Elle nous apprend que notre père Abraham a eu deux fils : l'un de sa servante, l'autre de la femme libre. Qu'est-ce que la servante ? — C'est la figure de la Jérusalem d'à présent (vOv). Et qu'est-ce que la femme libre ? — C'est la figure de la Jérusalem future, que nos prophètes ont décrite, et qui descendra un jour du ciel où Adonaï la prépare ( avw, voir l'Apocalypse ).

En bien! oui; je le dis maintenant sans détour:

et de languissants , et que plusieurs en sont déjà morts, n Ici, il s'aperçoit du danger que courrait sa doctrine s'il laissait croire que la foi de ceux qui étaient morts ne leur avait servi à rien , et que leur mort était définitive ; il atténue donc beaucoup la gravité de la condamnation, en ajoutant : a Lorsque nous sommes jugés de la sorte, c'est le Seigneur qui nous châtie poqr que noiLs ne soyons pas condamnés avec le monde. » Le fidèle doit donc voir un acte de miséricorde même dans cette mort qui est le fruit de ses excès; puisque cette mort apparente le garantit de la mort réelle que la cessation éventuelle de sa foi pourraK plus tard lui faire partager avec le reste du monde. Quoi qu'il en soit, l'apôtre insiste pour que a l'on s'attende les uns les autres. Si quelqu'un est pressé de manger, qu'il mange chez lui, aflri que vous ne vous assembliez pas à votre condamnation. » (Ch. XI.)

Nous trouvons un peu plus loin l'admirable page sur la charité que tout le monde connaît. Qui pourrait la lire sans bénir Paul des écarts de logique auxquels il se laissait parfois entraîner? Ces échecs infligés par lui-même à sa théorie du salut par la foi, nous ne les devons pas moins aux élans généreux de sa propre nature qu'aux habitudes d'égalité fraternelle dont la législation de Moïse avait fait en quelque sorte l'atmosphère morale de son peuple. Quelle plus bienfaisante escorte pouvait-il

VOUS l'esprit de Jésus qui vivifie la chair, de lui-même il TOUS fera faire ce qui empêche la mort d'y rentrer. La loi était pour ceux dont la chair était vouée au péché et à la tnort. Si vous êtes poussés par Tesprit, vous n'êtes plus sous la loi. La loi désigne elle-même les œuvres qui lui appartiennent en tant que destinées à ne régir qu'une chair peccable et mortelle : ce sont la fornication, l'impureté, l'idolâtrie, etc. — Les fruits de l'esprit, au contraire, sont la charité, la joie, la paix, etc. Il n'y a plus de loi de péché et de mort pour ceux qui produisent ces fruits. La croix de Jésus en a délivré leur chair.

On ne récolte que ce qu'on a semé et là où l'on a semé. Semez dans la chair, vous récolterez la mort de cette chair; semez dans l'esprit, votre chair en récoltera sa propre vie. Encore une fois, défiez-vous de ceux qui , en vous faisant circoncire, ne cherchent qu'à s'épargner des persécutions. Du reste , si mes ennemis m'attaquent encore et prétendent que je ne suis pas au-, torisé par Jésus à prêcher la doctrine que je prêche, qu'ils sachent que j'ai de quoi les confondre et que je peux leur montrer sur mon corps le cachet des élus que Jésus y a imprimé lui-même.

les plus nets de ces principes moraux , illogiquement rattachés par Paul à sa doctrine générale , et sur lesquels nous aurons à revenir dans notre dernier chapitre.

448 UIMMORTALITÊ

La charité est patiente , elle est douce et bienfaisâDté ; la charité n'est point envieuse , elle n'est point téméraire , elle ne s'enfle point, elle n'est point dédaigneuse, elle ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons, elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité, elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout , elle souffre tout. La charité ne finira jamais (elle allait être l'expression continue et étemelle des rapports des hommes entre eux, dans le monde nouveau qui allait mettre fin à tout ce qui constituait l'ancien) ; lés prophéties n'auront plus de lieu, les langues cesseront et la science sera abolie ; car ce que nous avons de science et de prophétie est très-imparfait; mais, lorsque nous serons dans l'état parfait, tout ce qui est imparfait sera aboli... » (Gh. xih, v. 1-10.)

Le chapitre xv de cette épitre peut être considéré comme la réunion, en un tableau clair et succinct, de tous les traits épars que nous avons empruntés à l'histoire juive, pour composer cette étude. Nous voulons dire par là que si l'on donnait une forme interrogative au titre même de notre ouvrage, et si l'on demandait : Qu'est-ce que Vimmortalité entendue selon le Christ? — ou bien, en termes mieux appropriés à une question historique : Quelle est l'idée sémitique inoculée par Tapôtre Paul au monde indo-européen? Et en quoi consistait exactement cette idée, avant d'avoir.subiJa longue

vie en faveur de son fils. Il nous a ressuscites avec lui ; et , l'ayant à présent dans le ciel sous ses yeux , c'est comme s'il nous y avait nous-mêmes pour lui rappeler la promesse qu'il a juré d'accomplir. Mais sachez bien que l'accomplissement sur nous de cette promesse est une pure grâce qui vient de lui et non de nous. Que nul de vous ne s'en glorifie donc r car les œuvres qui n'ont pas sauvé nos pères ne pourraient vous sauver. C'est la foi seule qui fait vivre. Quant aux œuvres qui l'accompagnent; « c'est Adonaï qui les a préparées, afin que nous y marchassions ^ »

Autrefois, séparés que vous étiez de la société d'Israël, étrangers à nos alliances avec Adonaï, vous sembliez ne pouvoir prétendre à aucune part dans l'accomplissement des promesses qu'il n'a faites qu'à nos pères. Mais, cette distance qui vous séparait de nous, le sang du Christ la comble aujourd'hui. Plus de séparation, plus d'inimitié entre nous ; sa chair ressuscitée nous réunit dans la vie que nous acquérons par elle. Jésus nous réunit tous dans un seul corps, afin de nous réconcilier tous à la fois avec son père. D'étrangers que vous étiez , vous êtes devenus citoyens de la même cité, habitants de la même

1. Pour l'honneur de Paul , il ne faut pas que les passages empreints de cet aveugle fatalisme nous fassent oublier ceux où Tapôtre se montre inspiré de la vraie morale , en laissant entendre que c'est par la pratique facultative des œuvres de l'esprit qu'on échappe à la 'tnort.

mais de conditions facultativement productibles et aisément intelligibles ?

Quel était ici le résultat individuel, intéressant au plus haul point chacun de ceux auxquels s'adressait l'apôtre? — C'était la persistance de la vie dans leur corps. Ce fait pouvait se produire de deux manières : soit par une transformation opérée dans la tombe , soit par une transformation opérée, en pleine Tie, pour ceux qui atteiûdraient sans mourir le jour de Jéhovah.

Ce qu'il importait surtout de démontrer et d'opposer au spectacle quotidien de la mort des fidèles, c'était la possibilité du premier mode de transformation, c'est-àdire de la résurrection. De ceci, l'apôtre n'avait qu'une démonstration à donner; et, telle qu'elle était, il la jugeait si nécessaire qu'il reconnaissait que, sans elle, sa prédication perdait toute raison d'être. La démonstration était aussi simple que brève, car elle se réduisait à cet énoncé : « La résurrection est possible , puisqu'il y en a déjà eu un cas, » Ceci posé, il ne restait plus qu'à faire voir : 1° que ce cas pouvait se reproduire ; 2<> qu'il y avait pour cela des conditions déterminées; 3® que la transformation aurait lieu de telle manière pour les morts, de telle autre pour les vivants; 4® enfin, que l'état dans lequel persisteraient désormais les habitants de la terre (terreni) serait exactement le même que celui des habitants du ciel (cœlestes). Ces renseignements, dé-

le sein de la terre et qui en est revenue \. Or, de tous ceux à qui la mort a fait faire cette descente , Jésus est jusqu'à présent le seul qui soit remonté. Il est maintenant au ciel où nous ne pouvons le suivre qu'en esprit, mais il en reviendra pour organiser toutes choses.

Jésus est rhomme nouveau, le second Adam désormais incorruptible et immortel, dont il faut nous revêtir pour échapper comme lui à la corruption et à la mort. Vous avez son esprit en vous, .et vous êtes marqués comme d'un sceau pour le jour de la Rédemption. N'attristez pas cet esprit par des œuvres qui ne nourrissent pas la foi ^. .Soyez bons les uns à l'égard des autres, et pàrdonnez-vous comme Adonaï vous a pardonnes en faveur de son fils.

Imitez donc Adonaï dont vous êtes les enfants; suivez aussi l'exemple de Jésus ' qui, sachant que son sacrifice

1. Le sens de ce passage est on ne peut plus net, dans le latin comme dans le grec : « Quôd autem dscendit , quid est nisi quia et descendit primùm in inferiores partes terrœ ? » Quelle surprise aurait éprouvée Paul s'il eût pu prévoir qu'on placerait un jour au ciel le royaume de son Dieu , et qu'on y ferait monter avec lui la foule de ses captifs ! — Pour arriver à ce sens, il faut ne tenir pas plus compte du mot « inferiores partes terrse » que de l'accord unanime de tous les auteurs de l'Ancien Testament sur les promesses et sur le lieu de leur réalisation.

2. Voici encore un des sentiers détournés par lesquels l'apôtre introduit la morale dans sa doctrine. La foi reste toujours le seul moyen efficace d'jécarter la mort ; mais les œuvres constituent une nourriture bonne ou mauvaise.

3. n était difficile de mettre utilement en pratique cet ordre de Je-

452 LIMMORTALITÉ

brassé la foi. Premièrement, je tous ai donné ce quefavais moirméme reçu, savoir : qae le Messie, Toint de notre Dien, est mort pour nos péchés, selon nos Écritures ; qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les mêmes Écritures; qu'il s'est foit voir à Pierre et puis aux onze autres... »

a Puis donc qu'on vous a prêché que le Christ est ressuscité d'entre les morts, comment se trouve-t-il parmi vous des personnes qui osent dire que les morts ne ressuscitent point ? Si les morts ne ressuscitent point, le Christ n'est donc point ressuscité. Mais si le Christ n'est point ressuscité, notre prédication est vaine et votre foi est vaine aussi; nous sommes même convaincus d'être de faux témoins d'Adonaî comme ayant rendu contre lui ce faux témoignage qu'il a ressuscité son Christ, encore bien qu'il^ne Tait pas ressuscité... Si le Christ n'est pas ressuscité, je le répète, votre foi est vaine; vous êtes encore dans vos péchés (c'est-à-dire , dans la loi du péché et de la mort ) , et ceux qui sont morts en Jésus ont malgré cela péri (c'est-à-dire, qu'ils sont morts tout entiers sans espoir de résurrection, comme ceux qui étaient morts sans la foi). »

« Ahl si nous n'avions d'espérance dans le Christ que pour cette vie (c'est-à-dire , si la mort de Jésus ne servait pas plus à ses fidèles, que la Torah ne servait aux Juifs), nous serions les plus misérables de tous les

me concerna personnellement, qu'est-ce que cela peut me faire? Une seule chose m'importe, c'est que, soit par ma vie, soit par ma mort, Jésus soit glorifié dans ma chair. Je ne sais même ce qui vaut le mieux pour moi, ou de m'endormir tout de suite pour attendre plus patiemment ma réunion avec mon Seigneur, oa de rester parmi vous jusqu'à ce qu'il revienne, pour vous être utile encore, tout en assurant mon propre salut.

Soyez humbles et obéissants; soumettez-vous avec crainte et tremblement à tout ce qu'Adonaï vous fait faire pour votre salut. Car c'est lui qui opère en vous et la volonté et l'acte (Deus est enim qui operatur in vobis et velle et perficere) selon ce qui lui plait *. Ne cherchez pas à vous conduire vous-mêmes; laissez-vous diriger; le bien que vous faites vient de lui et non de vous.

La parole que j'ai mise en vous pour y conseiver la vie sera ma gloire, au jour du Christ qui est proche, et prouvera que ce n'est pas en vain que j'ai couru et travaille. — La victime que vous offrez à Adonaï pour abolir en votre chair le péché et la mort est certes suffisante ; mais j'y joindrais mon sang que cela ne nuirait ni à vous ni à moi.

Je ne crains plus de vous le dire maintenant : gardez-

i. La proximité de révéocment dissimulait par moments sans doute, aux yeux de Tapôtre, les conséquences, même quotidiennes, d*un fatalisme si hautement professé.

45i UmifORTALITÊ

deroier acte devait être la suppression de la mort. — Cet éclaircissement était nécessaire pour Tintelligence de ce qai suit.

« Car Jésus le Christ doit commander, jusqu'à ce qu'Adonaî lui ait mis tous ses ennemis sous les pieds. {Ps, ex.) Or la mort sera le dernier ennemi qui sera détruit. Car T Écriture dit qu'Adonaî a mis tout sous ses pieds et lui a tout assujetti. Et quand elle dit que tout lui est assujetti, il est indubitable qu'il faut en excepter celui qui lui a assujetti toutes choses (c'est-à-dïre que le père ne pouvait être le sujet du fils). » « Lors donc que toutes choses auront été assujetties, alors le fils sera lui-même assujetti à celui qui lui aura- assujetti toutes choses. » Est-ce parce qu'il s'adressait à des ghoîm que l'apôtre n'a pas terminé ce tableau, emprunté à Daniel, par le trait final que le prophète lui avait donné : « Et alors le royaume, la puissance et l'étendue de l'empire de tout ce qui est sous le ciel sera donné au peuple des saints de Jéhovah?... » {Daniel, ch. vu, v. 27.) Nous croyons plutôt que les passages de ce genre ont pu être écourtés à bon escient. En quoi d'ailleurs la restitution des passages supprimés donnerait-elle plus de clarté à ce qui nous reste de cette suite irfinterrompue de retours des mêmes rêves? Dans tous les passages du Nouveau Testament, où nous voudrions voir le texte plus explicite, il nous suffit de chercher le complément dont

qui est l'appel qu'Adonaï nous adresse du ciel, ad bravium supemœ vocationis. (Sacy traduit : « le prix de la félicité du ciel, » ce qui altère complètement le sens. )

Il y en a plusieurs parmi vous qui, à mon grand regret, se conduisent en ennemis de la croix. La fin qui les attend est la mort ; leur gloire tournera à leur confusion ; ils ne connaissent que les choses de la terre telle qu'elle est aujourd'hui. Quant à nous, dédaigneux de tout ce qiii n'est pas cette terre nouvelle qu'ont entrevue lés prophètes , notre esprit se porte vers le ciel , parce que c'est de là que doit venir celui qui nous a choisis pour ses cohéritiers dans les siècles des siècles.

Réjouissez-vous, je vous le dis, vous tous dont les noms sont déjà sur le livre de vie. Réjouissez-vous, car le Seigneur est proche (Dominus propè est). 0 mes chers Philippiens! j'aime à vous rendre ce témoignage que nulle autre assemblée que la vôtre ne m'a fait part de ses biens, et que je n'ai rien reçu que de vous seuls. Je suis fait à la pauvreté et je ne désire pas vos dons ; mais je désire le fruit que vous en tirez pour vous-mêmes. — J'ai tout reçu, et je suis maintenant dans l'abondance.

ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS.

Prenez-garde à tous les eilseignements qui viennent de ce monde qui va finir et non du Christ qui va fonder

456 LIMMORTALITÉ

morts ressusciteront-ils et quel sera le corps dans lequel ils reviendront? — Aveugles que vous êtes! Gonsidârez donc que ce que vous semez ne reprend point vie s'il ne meurt auparavant^. Et, quand vous semez, vous ne semez pas le corps (végétal) qui doit naître, mais la graine seulement, comme du blé ou quelque autre semence. Après cela, Jéhovah lui donne (miraculeusement) un corps tel qu'il lui plaît, et à chaque semence le corps qui lui est propre... Il en arrivera de même (par un miracle semblable) dans la résurrection des morts. Le corps, comme une semence, est mis en terre plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible; il est mis en terre difforme et il ressuscitera glorieux *...» Cet état glorieux du corps ressuscité, limitait évidemment la résurrection aux seuls élus. La suite est, sur ce point important, plus précise encore; puisqu'il y est dit que parmi les corps mis en terre, on ne verrait ressusciter que ceux qui seraient ranimés par le même esprit qui était venu animer le second corps de Jésus. « On met en terre un corps animal (ij/uj^utov, de ^^x^9 âme), il ressuscitera un

1. Ce qui explique cette erreur c'est le ramollissement des enveloppes du germe sous Tinfluence de Phumidité, après que la graine a été mise en terre.

2. Observons dès à présent qu'une théorie scientifique de Timmortalité pourrait conserver cette comparaison entre Vétre végétal qui , en des circonstances favorables, se développe au sein de la graine, et Vétre immatériel qui peut se développer dans Vhomme, durant sa vie terrestre.

de VOUS soumettre à ses lois qui n'ont jamais sauvé personne ? On vous dit qu'il faut prendre bien garde aux choses dont vous nourrissez votre corps. Croyezmoi, le temps qui nous reste est trop court pour l'employer à cette vaine étude. Ayez souci , non de nourrir votre corps de telle ou telle manière, mais de l'unir à celui de Jésus et de prier Adonaï de rendre cette union éternelle.

Si vous êtes ressuscites en figure avec le Christ, votre nouveau corps est en figure aussi dans l'endroit où est en ce moment le nouveau corps du Christ. Regardez donc en haut, là où est l'image de votre résurrection , et ne regardez point en bas là où, jusqu'à présent, n'est que l'image de votre mort. Considérez qu'ici-bas vous êtes encore comme morts et que votre vie est cachée là-haut avec Jésus. Dès qu'il apparaîtra, dès qu'il reviendra sur la terre, votre véritable vie apparaîtra et reviendra ici avec lui.

Comment se nomment les membres de ce corps mortel que vous avez encore? Ils se nomment fornication, impureté, etc. Il faut donc vous appliquer à détruire un à un tous ces membres qui ne doivent pas avoir part à la vie future de votre nouvel homme. Et comment se nomment les membres et les parties vitales de cet homme nouveau? Ils se nomment miséricorde, charité, humilité, etc. Développez donc ceux-ci, afin

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forme le premier ; il a eu d'abord le corps animal ('irj/txTiv), puis le corps spirituel. »

Ceci l'aidait à marquer nettement la diflërence qui existait entre les habitants de la terre {terrmi, yoivoi)

et les habitants du ciel {cœlesles, Eiroupxviot}. Geux-d avaient seuls joui jusqu'alors de la vie incorruptible et immortelle qu'ils devaient, comme Jésus depuis sa résurrection, à Yesprit vivifiant qui était en eux. Mais cette différence allait cesser, puisque, à l'exemple du second Adam, alors au ciel, les habitants de la terre seraient bientôt animés d'une vie tout à fait semblable à celle des anges*. Comme chacun des élus pouvait espérer échapper au sommeil apparent de la tombe et assister vivant à sa propre transformation, l'apôtre, avouant ici franchement cette espérance pour lui-même, ajoute : (( De mc^me donc que nous avons porté l'image de l'Adam terrestre, portons dès à présent l'image de l'Adam céleste. )> Quant à la manière dont s'opéreraient sa

1 . Il y a en cet endroit une grave altération de sens dans la traduction française de Sacy. Il n'est question dans le texte que de l'état d'incorrupfW)ilité, commun à Jésus et aux anges qui sont dans le ciel, comme il y est en ce moment, oîo; ô êTcoupàvioç xoiouxoi xal ol êTcoupàvioi, et la Vulgate traduit fidèlement : « Qualis cœlestis taies et cœlestes.» Pourquoi donc Sacy traduit-il : « Comme le second homme est céleste, ses enfants aussi sont célestes? » — Ceci introduirait tout à coup , sans aucun précédent du môme genre, l'idée que les élus se rendraient au ciel après leur résurrection ; et sur ce point , il faudrait supprimer l'expression consacrée : « selon les prophètes, » pour y substituer celle-ci : « contrairement aux prophètes. »

sent tombée sur eux , et y demeurera jusqu'à la fin , qui est proche. Oui , le jour de Tavénement du Christ est proche; et, ce jour-là, c'est vous qui serez notre joie et la couronne de notre gloire.

Nous voulons vous donner une pleine connaissance de ce qui arrivera à ceux qui se sont endormis dans la foi {dormientibusj aux fidèles déjà morts; c'est, à peu de chose près, la répétition de ce qu'il a dit à ce sujet dans sa première épltre aux Corinthiens). Par cela même que nous croyons que Jésus est ressuscité après une mort apparente, nous comprenons sans peine que ceux à qui lelir foi donne une mort semblable à la sienne ressusciteront comme lui, et qu'ils reparaîtront lorsqu'il reparaîtra. Nous sommes autorisés à vous dire que leur résurrection précédera la transformation de ceux d'entre nous qui ne seront pas encore morts. Voici donc comment les choses se passeront : au premier signal de la voix de l'archange et de la trompette d'Adonaï, Jésus paraîtra, et comme c'est en lui qu'est la nouvelle vie des fidèles qui dorment , la première chose qui aura lieu , ce sera la réapparition de ceux-ci. Puis, nous autres, les vivants, nous serons transformés, et tout aus- ' sitôt, avec les ressuscites, nous nous élancerons à la rencontre de Jésus, et , nous attachant dès lors à lui , nous n'en serons plus séparés *.

1. Il était naturel de penser que, tant que les vengeances célestes

leur tombe ) . Car il faut que ce corps corruptible soit revêtu de l'incorruptibilité, il faut que cette chair mortelle soit revêtue de Timmortalité. Et quand cela aura été fait, alors cette parole de l'Écriture sera accomplie :

LÀ MORT EST ABOUE PAR LA VICTOIRE (Isaïe, cb. XXV, V. 8).))

Ici encore on a lieu de s'étonner que le passage emprunté par Paul au prophète ne soit pas cité en entier. Le tableau, en effet, est encore plus clair quand on ajoute avec Isaïe : « Il détruit la mort pour jamais : le Seigneur Jéhovah efface les larmes de tous les visages ; il enlève de toute la terre ( yis ) la honte de son peuple. Jéhovah a prononcé... sa main repose sur la montagne de Sion... î)

Si l'on nous demandait comment il se peut faire que ceux qui croient aujourd'hui à l'immortalité extra terrestre d'une âme immatérielle, trouvent un rapport quelconque entre leur croyance et l'hallucination, avortée depuis dix-huit siècles, dont nous aurons bientôt achevé l'étude, nous répondrions qu'il nous est absolument impossible de le comprendre. Quoi ! l'on appelle cela la révélation de ce qu'on croit aujourd'hui ! Si ceci est la révélation du christianisme actuel, il en faut conclure que, sur le seul point qu'il importe véritablement à l'homme de connaître, la révélation consiste à exprimer, de la manière la plus précise, le contraire de ce qu'il faut croire! — Si donc nous poursuivons cette étude.

mentons formellement ce bruit. Souvenez-vous de tous les signes qui, d'après nos prophètes et d'après les paroles de notre seigneur Jésus lui-même, doivent précéder l'événement. L'Antéchrist eût -il paru, comme quelques-uns le prétendent (Jean, 1^^ et 2« ép.), d'autres signes restent encore à paraître. Le mystère d'iniquité est commencé, il est vrai, mais il n'est pas encore arrivé à sa fin. Adonaï n'a pas encore assez aveuglé tous ceux dont il veut consommer la ruine.

Encore un mot pour ceux qui ne comprennent pas assez ce qu'ils ont présentement à faire. Il est vrai que nous vous annonçons la nouvelle d'un monde nouveau où il n'y aura plus ni peine ni travail; mais ce n'est pas une raison , pour ceux qui ne peuvent pas attendre l'événement sans travailler, d'exiger que les autres les nourrissent jusque-là. Or, nous apprenons qu'il y en a parmi vous qui se croient dispensés de toute vie régulière et de tout travail , et qui passent leur temps à se mêler de ce qui ne les regarde pas. Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. Si vous voulez manger, travaillez donc et ne perdez pas votre temps en paroles inutiles.

Cette lettre est bien de moi. Voici lé seing que je mets à toutes mes lettres. J'écris ainsi.

462 LIMMORTALITÉ

vah... a Nous sommes devant Adooa! la bonne odeur de son oint, soit à l'égard de ceux qui se sauvent, soit à l'égard de ceux qui se perdent; pour les uns, une odeur de mort qui les fait mourir; et pour les autres, une odeur de vie qui les fait vivre. » (Ch. u, v. 15-16.) Cette image est bien choisie pour relier cette épisode à tout le passé juif, par le détail qui avait toujours caractérisé les offrandes agréables à Jéhovah; elle peint bien aussi le rôle des apôtres, en tant que distributeurs des effets mortels ou vivifiants de la prédestination.

Le chapitre ni de cette épitre nous parait avoir subi quelques altérations. Tel qu'il est, il est obscur, et il suffirait de quelques mots de plus pour le rendre trèsintelligible. Il nous semble que Paul y exprime une idée analogue à celle que nous avons cru reconnaître dans l'épisode de la Samaritaine du quatrième évangile : « Adonaï est esprit, y fait-on dire à Jésus, et le temps va venir où ses vrais adorateurs ne l'adoreront qu'en esprit. » « Adonaï est esprit, répète ici Paul , et là où n'est que l'esprit d' Adonaï, là est la liberté. » De quelle liberté parle-t-il? — Pour arriver à le comprendre, il faut d'abord observer à propos de quoi il dit cela. Il le dit à propos d'une innovation importante qui scandalisait fort les Juifs , et qui n'est pas suffisamment expliquée dans le texte actuel de ce chapitre. Si Ton veut voir un peu clair en ceci, tant au sujet du mot de Jésus à la Samari-

Veille à la bonne tenue des assemblées des fidèles en chaque ville. En ton absence, établis des surveillants (sTutdxoTTot, évéques); mais ne confère pas cette fonction à la légère. Il convient que le surveillant n'ait qu'une femme, mais il faut qu'il soit marié ; car comment pourrait-il maintenir Tordre dans l'assemblée, s'il n'a pas l'habitude de le maintenir dans sa famille? Fais aussi un bon choix de serviteurs (Staxovouç, diacres); qu'ils ne soient point de mauvaise foi ni adonnés au vin ; et que leurs femmes ne soient pas des diables ( p ^laëoko\jç). Qu'ils s'animent par la foi à bien faire leur service, et ils en seront récompensés.

Il est aisé de reconnaître combien l'avènement de notre seigneur Jésus est proche , puisque tout ce que nous voyons est l'accomplissement des prophéties relatives aux doctrines diaboliques qui doivent se produire dans les derniers temps (ixjTepot). Au nombre de ces doctrines, je place l'absurde obligation imposée à ceux qui ne sont point Juifs de s'abstenir des viandes interdites aux Juifs. Évite avec soin ces fables impertinentes et puériles et ne t'exerce qu'à la piété.

Si, parmi les fidèles il se trouve des personnes âgées

par les enfants qu'elle aura mis au monde, s'ils persévèrent dans la foi, etc... » Si fataliste que Paul se montre par moments, nous ne pensons pas qu'il ait voulu dire que les femmes n'échapperaient aux vengeances célestes que dans le cas où leurs fils le mériteraient pour elles.

b02 L'IMMOHTALITÉ

(iup€<ï€uT6poi) , qu'on les traite avec douceur et déférence; les vieillards qui travaillent à la parole et à rinstruction ont droit à un double respect '.

Quant à toi, mon cher Timothée, conserve-toi sans tache et sans reproche jusqu'au jour où le Roi des rois, le Seigneur des seigneui'S , celui qui peut donner l'immortalité, mais qui la possède seul, qui habite une lumière inaccessible et que nul homme 71* a vu et ne peut voir, fera paraître à nos yeux son fils notre seigneur Jésus-Christ. (Il faut remarquer cette distinction formelle entre le Roi du ciel qui reste inaccessible et invisible , et celui qui pa- ' raîlra bientôt et viendra familièrement régner au milieu des élus de son Père.)

SECONDE ÈPÎTKE A TIMOTHÉE.

Ne rougissons pas de notre seigneur; souffrons pour la bonne nouvelle, avec la force qui nous vient d'Adonaï. S'il nous a appelfe, ce n'est point à nos œuvres que nous le devons, c'est au décret de sa volonté, à cette

1. On sait que les mots « surveillants, » « serviteurs, » et «vieillards, » ont été trouvés bons à conserver sous leur forme grecque {évéques, diacres, prêtres), dans l'organisation sacerdotale, bien imprévue par Paul, qui s'établit plus tard. La plupart des traducteurs n'hésitent pas à introduire ce dernier sens, même dans les écrits de Paul, toutes les fois que la phrase le permet. Ils s'en abstiennent avec soin dans d'autres cas , par exemple quand le mot est au féminin (TcpeaSuxepat).

grâce qui nous a été donnée en Jésus le Christ avant tous les siècles. Cette grâce est manifestée maintenant par Tavénement de notre Sauveur qui a détruit la mort et apporté la bonne nouvelle de la vie et de Tiramortalité. C'est une vérité assurée que, si nous mourons avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons avec lui, nous régnerons avec lui.

Fuis les discours vains et profanes: la fausse doctrine, comme la gangrène, gagne peu à peu ce qui est sain. Deux des nôtres , par trop de hâte, ont nui à mon œuvre et troublé la foi de quelques-uns. Ils ont dit que la résurrection était déjà arrivée S et cela n'est pas vrai. A tout ce qu'on te demande sans raison, ne réponds pas, pour éviter les discussions inutiles.

Tu sais bien, mon cher fils, que les derniers jours doivent être signalés par la présence de toutes sortes de mauvaises gens dont quelques-uns affecteront les dehors de la piété. Certes, le nombre en est asez grand pour que nous soyons assurés que la fin est proche. Fuis avec soin ces méchantes gens, toi qui, plus heureux que d'autres, es instruit des signes des temps, ayant été nourri dès ton enfance dans les saintes Écritures où se trouve tout ce qui assure le salut par la foi.

« Je t'en prie donc, au nom d'Adonaï et de son fils,

1. Ils avaient affirmé sans doute que quelques-uns des fidèles qui étaient morts (dormientes) avaient déjà reparu vivants*

ne te lasse pas d'annoncer la bonne nouvelle. En tout temps et partout , que le moment soit bien ou mal choisi, presse, reprends, supplie, menace; supporte tout, instruis sans cesse. Veille , souffre. Tout ce que doit faire un zélé prêcheur de bonne nouvelle, fais-le; — sois sobre. — Quant à moi, je suis comme la. victime qui a déjà reçu r aspersion pour être offerte, et le temps de ma délivrance est arrivé. J'ai combattu le bon combat; j'ai achevé ma course; j'ai gardé la foi; je n'ai plus qu'à attendre la couronne de justice qui m'est réseiTée pour le jour d'AdonaL II m'a assisté et m'a fortifié. Il me délivrera de toute action mauvaise et me sauvera jusqu'à l'établissement de son règne. A lui soient la gloire e.t l'empire dans les siècles des siècles !

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