I.A RESURRECTION FACULTATIVE
« Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. »
Saint Paul, /w aux Cor., ch. xi, v. 31.
On pourrait supposer une loi divine, ayant réglé d'avance les destinées d'une espèce d'êtres, et s' exprimant par les principes et les conseils suivants :
« Ceux qui sont charnels aiment et goûtent les choses de la chair; et ceux qui sont spirituels aiment et goûtent les choses de Tesprit. »
« Or cet amour des choses de la chair est la mort; au lieu que Tamour des choses de l'esprit est la vie. »
« Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si vous faites mourir par l'esprit les œuvres de la chair, vous vivrez, »
rwsfiMA nfiVL a'«>9t p» ckiniiié à an hanos ci& ralire. Je poamûa me gtonâa* dans ot luimiiift: mû pour ^eaefmix me j^tonfler <pie dan» me§ MhieaKiw le cms ftonc me ^rt&ex. a. je le fonlasv au» être dent ear je dirais la yérîté. lai» je me retiens de peu* qoeffiieirpi'iui ne m'i!stiiiie an-deaHift de œ qifii ¥oit en moi «)a de <^ qa'il attend dire de moL >
n se reproefae plxu loin le» âoges qof ft s'est danné; mais anm, ponrfpm tni «ai a-^-en kôasé le sein?
fi fdi été impnidait; cfert tous qui m'j aici contraint €dr cf était à yons à parier afantagensenent de moi, pniaqiie mouk ministère n^a pas élé an-desBoos de ee rfo'on pent Mendia de mieox d^nn aqpMre (thv vcèp M^ èz^MTzC^i)^ encore que je ne sois rien. » (Ch. xn, ?. il,)
A?ee qaelle habileté il fait remarquer qu'on ne sau-
de mxï acc^tion primitive à une acception tonte céleste qne cette seconde riftfon f^i ordinairement confondue avec la première, celle du troisième ml, VAU en eut cependant certainement distincte; car il est évident que M mot dt^ftigne ici le même lieu dont Tévangile de Luc fait parler à Jésus (ch. %%w^ V. 43), lorwjuMl dit au bon larron t « Tu seras avec moi aujourd'hui dftHA le paradift. » Dans la doctrine de Paul, dont Luc est Tinterprète Mncr, fl(Kile , cr; mot ne peut s'appliquer qu'à un séjour souterrain où les knwn HHiivéoH par la foi attendaient la résurrection. Aucun évangile ne fait mont«îr .l«'mim an ciel lo jour môme de sa mort; et le quatrième fait dire h IMiornrno qui apparut à Mario : « Je ne suispa« encore monté vers mon |H'M'n {J(*((n, v.U. XX, v. 17). » D'ailleurs pouvait-il y avoir à ce sujet une m\\v i(l(^n adniJKu ((uo celle que Jésus exprimait ainsi : «Vous ne pouvez ftUar où Jo valit. )i
sont la fornication, l'impureté, Timpudicité, la dissolution, ridolâtrie, les empoisonnements, l'inimitié, les dissensions, les jalousies, les animosités, les querelles, les divisions, les envies, les meurtres, les ivrogneries, les débauches, et autres vices semblables. »
« Les fruits de Tesprit au contraire sont la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, l'humanité, la longanimité, la douceur, la modestie, la continence, la chasteté. »
« Les œuvres de la chair sont les membres de Thomme ancien (ou mortel); les œuvres de Fesprit sont les membres deThomme nouveau (ou immortel). »
« Faites donc mourir les membres mortels, — dépouillez le vieil homme avec ses oeuvres. »
« Et revêtez-vous du nouveau; donnez-vous des entrailles de miséricorde, de bonté, d-humilité, de modestie, de patience. Mais surtout revêtez-vous de la charité qui est le lien de la perfection. »
« Rien ne nous sert pour la vie éternelle que Têtre nouveau que nous créons en nous, »
« Nous reconnaissons à l'amour que nous avons pour nos frères que nous sommes passés de la mort a la vie. Celui qui n'aime point demeure dans la mort. Tout homme qui hait son frère n'a pas la vie éternelle résidant en lui *. »
1. Cette dernière pensée n'est pas de Paul, bien qu'incontestable-
Appliquée à notre nature humaine, une telle loi serait très-sage et irréprochablement morale; — elle correspondrait, avec une précision remarquable, à ce sentiment inné en chaque homme qui lui fait proportionner le mérite de ses actes au degré de liberté qu'il a eu dans ses choix ; — elle serait claire, satisfaisante, à la portée de tous, puisqu'elle pourrait se réduire à ce simple éncmeét « pour continuer à vivre, il faut en être digne; ce que riiomme voudra ôtre, il le sera ; il n'a d'autre juge et d'autre arbitre de ses destinées que lui-même. »
Malheureusement l'hypothèse d'une telle loi serait de tout point insoutenable sur notre terre, puisqu'elle est démentie par la nature 'elle-même. Soit pendant la vie, soit après l'accident que nous nommons la mort, il n'y a aucune différcMice appréciable entre le corps de riioiiuiie 1)011 et celui de riiomine méchant, entre la chair du juste et celle du pervers; ce sont lés mêmes sens que les uns font seiTir à la poursuite ardente du vrai, du beau et du bien, et les autres à la satisfaction plus ou moins brutale, plus ou moins raffinée et habile, de toutes les passions de l'animal . Pour les uns comme pour les autres, il se fait, durant la vie, entre eux et leur milieu, un échange semblable des mêmes atomes de
ment inspirée par lui; elle est empruiitt^e à l'une de ces épîtres dont il est si dimcile de connaître aujourd'hui l'époque et l'auteur. {Jean, ép. ]•■% ch. m, V. 14-15.)
matière, figurant en même nombre dans des composés parfaitement identiques. Pour les uns comme pour les autres, la force vitale qui donnait l'unité à leur être charnel n'est pas plutôt éteinte qu'elle laisse le chainp libre à toutes les autres forces décomposantes et recomposantes de la nature ; et ces forces font bientôt participer à mille combinaisons nouvelles la matière indifférente qui se trouvait réunie pour constituer leur corps le jour où il a cessé de vivre.
L'idée d'une transformation facultative du corps au moyen des œuvres de l'esprit, toute satisfaisante qu'elle serait au point de vue de la morale, est donc démontrée fausse par le fait lui-même. Mais d'ailleurs, à qui avonsnous emprunté les aperçus épars de cette idée? —A une doctrine dans laquelle ils n'étaient qu'une superfétation ' illogique; à une doctrine qui ne peut d'aucune manière se relier à un système quelconque de lois générales instituées en vue de résultats naturels, étant issue de précédents aussi locaux, aussi spéciaux que possible, et instituée tout entière en vue d'événements prochains exactement définis.
Il est vrai qu'on a mis depuis longtemps en usage un moyen radical et simple d'associer les idées hébraïques à toutes les^ conceptions possibles sur Dieu, la nature et l'homme. Ce moyen consiste à placer tacitement, en regard de chaque verset de l'Ancien et du Nouveau
(xpaGêuTepoi) , qu'on les traite avec douceur et déférence; les vieillards qui travaillent à la parole et à l'instruction ont droit à un double respect '.
Quant à toi, mon cher Timothée, conserve-toi sans tache et sans reproche jusqu'au jour où le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs , celui qui peut donner Timmortalité, mais qui la possède seul, qui habite une lumière inaccessible et que nul homme 71* a vu et ne peut voir, fera paraître à nos yeux son fils notre seigneur Jésus-Christ. (II faut remarquer cette distinction formelle entre le Roi du ciel qui reste inaccessible et invisible , et celui qui pa- ' raîtra bientôt et viendra famUièrcment régner au milieu des élus de son Père.)
SECONDE ÉPÎTUE A TIMOTHÉE.
Ne rougissons pas de notre seigneur; souffrons pour la bonne nouvelle, avec la force qui nous vient d'Adonaï. S'il nous a appelés, ce n'est point à nos œuvres que nous le devons, c'est au décret de sa volonté, à cette
1. On sait que les mots u surveillants, » « serviteurs, » et «vieillards, » ont été trouvés bons à conserver sous leur forme grecque (évéques, diacres, prêtres), dans l'organisation sacerdotale, bien imprévue par Paul, qui s'établit plus tard. La plupart des traducteurs n'hésitent pas à introduire ce dernier sens, même dans les écrits de Paul, toutes les fois que la phrase le permet. Ils s'en abstiennent avec soin dans d'autres cas , par exemple quand le mot est au féminin (7cpe<j6ÛTepai).
grâce qui nous a été donnée en Jésus le Christ avant tous les siècles. Cette grâce est manifestée maintenant par Tavénement de notre Sauveur qui a détruit la mort et apporté la bonne nouvelle de la vie et de Firamortalité. C'est une vérité assurée que, si nous mourons avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons avec lui, nous régnerons avec lui.
Fuis les discours vains et profanes: la fausse doctrine, comme la gangrène, gagne peu à peu ce qui est sain. Deux des nôtres , par trop de hâte, ont nui à mon œuvre et troublé la foi de quelques-uns. Ils ont dit que la résurrection était déjà arrivée ^, et cela n*est pas vrai. A tout ce qu'on te demande sans raison , ne réponds pas, pour éviter les discussions inutiles.
Tu sais bien, mon cher fils, que les derniers jours doivent être signalés par la présence de toutes sortes de mauvaises gens dont quelques-uns affecteront les dehors de la piété. Certes, le nombre en est asez grand pour que nous soyons assurés que la fin est proche. Fuis avec soin ces méchantes gens, toi qui, plus heureux que d'autres, es instruit des signes des temps, ayant été nourri dès ton enfance dans les saintes Écritures où se trouve tout ce qui assure le salut par la foi.
« Je t'en prie donc, au nom d'Adonaï et de son fils,
1. Ils avaient affirmé sans doute que quelques-uns des fidèles qui étaient morts (dormientes) avaient déjà reparu vivants.
Or, que disent sur ce point les Actes du Apôtres? Là, ce Pierre, que nous avions yu jusque-là en toute occasion jouer un rôle si eflacé ou si fâcheux, est devenu on homme considérable et un grand orateur. Et, dans la circonstance rapportée plus haut , mais fort altérée dans tous ses détails, nous le voyons se lever solennellement au milieu d'une assemblée, décorée depuis du nom de concile, et prononcer ces mots (traduction de Sacy ) : « Mes frères, vous savez qu'il y a longtemps que Dieu m'a choisi d'entre nous, afin que les Gentils entendissent par ma bouche la parole de V Évangile... » {Actes, ch. xv, v. 7.)
Lequel de ces deux récits, dont l'un détruit complètement l'autre, l'impartiale histoire adoptera-t-elle? — 11 ne nous semble pas qu'elle puisse hésiter à donner la préférence au récit qui l'emporte incontestablement par la vraisemblance et la continuité soutenue des rôles, c'est-à-dire à celui qui écarte jusqu'à la possibilité d'une part quelconque prise par Pierre à la dcnalionalisation de l'idée juive par la prédication de Y incirconcision.
Rien ne ressemble mieux au Simon-Pierre que nous connaissons de longue date que le caractère inconsistant, sans persistance dans ses opinions, sans succès dans la dissimulation de ses fautes, que nous retrouvons aux versets suivants de l'Épltre aux Galates.
Avant que Paul ne quittât Jérusalem, il avait été bien convenu entre lui et Jacques, Pierre et Jean, que, si
lards* kjtve sobres, honnêtes, modérés, à se conserver purs dans la foi , la charité et la patience.
La grâce d'Adonaï qui est notre salut a paru à tous les hommes; c'est par elle que, renonçant à toutes les pensées de ce monde qui va finir, nous nous remplissons de la bienheureuse espérance de la manifestation prochaine de notre Sauveur. Car il s'est donné pour nous racheter de tout châtiment du péché, se préparant ainsi par notre purification le nouveau peuple ( >.aov ) qui doit jouir sous son règne de l'abondance promise.
Recommande à tes subordonnés d'obéir aux puissants, de ne rien faire pour en être inquiétés, et d'être doux avec tout le monde. Nous avons nous-mêmes autrefois pratiqué le mal sous toutes les formes ; mais la bonté et l'amour d'Adonaï nous ont sauvés, non pas à cause des œuvres de justice que nous avons faites, mais à cause de sa miséricorde qu'il lui a plu de faire tomber sur nous et non sur d'autres. Il nous a fait renaître par le baptême en introduisant en nous un esprit que la mort ne peut plus éteindre. Il a voulu nous envoyer ce nouvel esprit par son Christ Jésus, afin qu'étant justifiés par la grâce, nous devinssions cohéritiers de la pro-messe.
Évite les questions impertinentes, les discussions et
1. On ne traduit pas ici les mots 7cpe<r6uTaç, TcpeaêuxEpouç , par « prêtres. »
rÉpttre aux Galates n'a d'autre bat qae de fortifier les fidèles de Galatie contre ces funestes influenoes.
« Je m'étonne, leur dit Paul du ton le plus ému dès les premiers versets, qu'abandonnant celui qui tous a appelés à la grâce de Jésus-Christ, vous passiez sitôt à un autre évangile; ce n'est pas qu'il y en ait d'autre; mais c'est qu'il y a des gens qui vous troublent et qui yeulent renverser le véritable évangile de Jésus-Christ Or, je vous l'ai dit et je vous le dis encore : Quand bien même l'un de nous, quand bien même un ange du ciel vous annoncerait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, que celui qui agit ainsi soit anathème ? »
Par cet ànathème lancé d'avance contre tous ceux « qui ne marchent pas droit selon la vérité de l'Évangile, » il se dispense de le fulminer en particulier contre chacun de ceux dont il va dénoncer la conduite. Après avoir exposé ces griefs , comme nous venons de le voir plus haut, il démontre le manque de foi ou l'inintelligence de ses contradicteurs.
Tout ce qui appartient à la loi, tout ce qui la suppose encore en vigueur n'implique-t-il pas un état de péché et par conséquent de mort? Appartenir au Christ et se soumettre encore à la loi, c'est donc considérer Jésus comme ministre ou serviteur du péché (ch. ii, v. 17) et comme un agent de mortl — Par quoi peut-on rendre