‹ L'Immortalité selon le ChristChapitre 4 sur 33 · Voir Samuel, liv. II, ch. xv, v. 18 et passim · texte numérisé non relu

Voir Samuel, liv. II, ch. xv, v. 18 et passim

quoi fournir un texte inépuisable à la brillante faconde du poëte ; et, par ce que nous en possédons, par les ingénieuses variantes données à ce thème à chaque page du recueil actuel, nous pouvons juger du nombre d'appels de ce genre que David dut faire alors pleuvoir sur ses futurs sujets , du haut de sa retraite d'Adoullame ^ .

La tentative de David auprès des prêtres avait-elle eu un commencement de succès ? Rien ne nous autorise à le croire. Heureusement pour lui, Saûl sembla prendre à tâche de jeter, le plus sûrement possible, dans le parti de son gendre, tous ceux qui représentaient alors le sacerdoce hébreu.

Instruit par Doëg Tlduméen du mensonge à l'aide duquel David s'était fait donner par le cohen Achimélech une consultation favorable, il fit venir tous les prêtres qui résidaient à Nob; et, se laissant gagner peu à peu par un de ses accès : « Pourquoi ,

i. C'est en effet le séjour de David dans la caverne d'Adoullame, ou sur les hauteurs environnantes, que les commentateurs juifs considèrent comme la date probable de plusieurs psaumes. Mais dans ceux-là même dont le contenu est presque en entier attribuable à cette époque , il se trouve fréquemment tel ou tel verset qui semblerait autoriser une opinion contraire. La plupart des psaumes présentent la même difficulté, c'est-à-dire un mélange de passages relatifs à des situations diverses. On n'en peut conclure autre chose sinon que David , ou un autre, remania plus tard ces écrits pour en faire des chants pieux, chose facile chez un peuple où tout ce qui est politique est en même temps religieux et réciproquement. Les expressions pouvaient rester les mômes, le sentiment seul était changé.

(lit-il à Achimélech , vous êtes-vous ligués contre moi , toi et le fils de Jessé? Ne savais- tu pas, quand tu lui as donné du pain et une épée, et quand tu as consulté Jéliovah pour lui , qu'il en profiterait pour me dresser les embûches qu'il me tend en ce jour? » En vain le prêtre s'excuse et proteste de son dévouement; la fureur de Saill était arrivée à son comble : « Tu mourras, se mitil à crier, toi et toute la maison de ton père. » Et, comme ses serviteurs refusaient de porter la main sur les cohenim, il en chargea Doég, qui, si l'on en croit le texte, n'en tua pas moins de quatre-vingt-cinq en une seule fois. Qu'on se représente l'effet produit en Israël par ce bruit répandu d'un bout à l'autre du pays : « En haine de David, Saiil a fait massacrer tous les prêtres ! » Dès ce jour, on put prédire que la cause de Saûl était perdue; la lutte réelle n'en était cependant encore qu'à son commencement.

Un fils d' Achimélech, Abiathar, dont le nom reparaîtra souvent dans cette histoire, ayant échappé au massacre , avait tout de suite poilé à David non-seulement l'appui de sa présence, mais un èphod tout préparé pour rendre des oracles. L'usage que David devait faire de cet éphod est une des pratiques les plus hautement condamnées par le petit nombre d'observateurs rigoureux de la loi, auxquels on est convenu de donner le nom de Jéhovistes, A leurs yeux, les consultations opérées parce

moyen constituent une idolâtrie à peine moins criminelle que le culte des hauts lieux. Que ce soit Gédéon {Juges , ch. viii) ou Mica {ibid,, ch. xvii) qui ait recours à cette pratique, elle est, dans ces cas comme en tout autre, énergiquement réprouvée. Si Fauteur du récit que nous suivons s'abstient par exception de blâme en cet endroit, nous n*en sommes pas moins éclairés sur la valeur que David lui-même devait attacher aux consultations que nous allons lui voir feindre.

Il s'était réfugié à Keïla (ch. xxiii); et sans doute ses gens rengageaient à attendre de pied ferme Saûl qui s'avançait pour l'y attaquer. Mais, faire dépendre sa royauté de l'issue douteuse d'un combat était un parti beaucoup trop hasardeux pour être du goût de David. D'un autre côté, il tenait à ne pas compromettre sa réputation de. bravoure en se montrant trop disposé à éviter une rencontre. Pour trancher la question , Téphod devenait très-utile ( v. 11 et suiv.). « David ayant appris que Saûl machinait de mauvais desseins contre lui, dit à Abiathar le cohen : Approche Téphod. Puis il dit : Jéhovah , Dieu d'Israël, ton serviteur a appris que Saûl a intention de venir à Keïla pour détruire la ville à cause de , moi. Les gens de Keïla me livreront-ils en sa main Saûl descendra-t-il comme ton serviteur l'a appris ? Jéhovah, Dieu d'Israël, fais-le donc savoir à ton serviteur.- n

« Jéhovah dit : il descendra. »

a David dit : Les habitants de Keïla me livreront-ils avec mes gens dans la main de Saûl ? »

« Jéhovah dit : Ils te livreront. »

L'ordre était précis; il fallait obéir. David fuit avec ses gens au désert de Ziph. Ici se place un trait de Jonathan qui, par les rapports qu'il implique entre lui et son père, fait comprendre, mieux que toute autre chose, la surexcitation maladive qui avait dû devenir rétat habituel de celui-ci. Jonathan se rend auprès de David et lui dit (v. 17) : « Ne crains rien; la main de mon père Saûl ne f atteindra pas; toi, tu régneras sur Israël; moi, je veux être ton second, et même Saûl mon père le sait bien. Ils firent tous les deux une alliance devant Jéhovah. David demeura à Horscha, et Jonathan retourna en sa maison. »

Saûl s'approche d'Horscha. David ne se croit pas encore en mesure de lui tenir tête et fuit au désert de Maône; — Saûl l'y suit de si près que la fuite n'est plus possible. Le danger est pressant ; une seule colline sépare les deux rivaux, en vain David Consulterait- il réphod, le combat ne peut plus être évité. — Mais nous savons que le pauvre Saûl est crédule; et, d'ailleurs, entre ses ennemis particuliers et ceux de son peuple, il n'est pas homme à hésiter. — Or, tout à coup un messager paraît devant lui (v. 27), «disant: Hâte-toi et viens.

car les Philistins ont envahi le pays. » Si grossier que fût le piège , Saûl ne le vit pas : « il s'en retourna de la poursuite de David et marcha au-devant des Philistins. » Du prétendu envahissement et de ses suites, il n'est pas autrement question. Mais avec quelle nouvelle ardeur Saûl ne dut-il pas reprendre sa poursuite contre David, après avoir vu s'ajouter à ses griefs le ridicule d'une campagne imaginaire I

Cette fois, David avait fui jusque sur les hautes cimes appelées les Rochers des Chamois. Tout tend à prouver que le beau trait dont ces lieux furent témoins faisait partie d'un nouveau programme et avait été préparé mûrement. Il était trop clair, en effet, que ce genre de lutte, consistant de la part de David en fuites successives, menaçait de n'aboutir qu'à déconsidérer sa cause au lieu de la servir. Cette cause, du reste, était loin d'être encore assez populaire pour que les moyens expéditifs eussent la moindre chance de réussir. Dans de telles circonstances, un trait éclatant de générosité pouvait au contraire changer brusquement la face des choses.

Ici nous avons le choix entre deux récits. Voici le premier :

« II y avait là une caverne ; Saûl y entra pour cou- . vrir ses pieds (on avait dû lui indiquer cet endroit comme favorable au repos, et il tf est pas douteux qu'il

s'y était endormi); David et ses gens étaient assis au fond de la caverne. Les gens de David lui dirent : Voici ie jour dont Jéhovah t'a dît : Je livre ton ennemi entre tes mains; tu agiras envers lui comme bon te semble.

— David se leva et coupa doucement un pan du manteau de Saûl. Après cela, le cœur de David lui battit, parce qu'il avait coupé le pan de Saûl. Et il dit à ses gens : Que Jéhovah me préserve de faire cela à mon maître l'oint de Jéhovah , de porter la main sur lui , car il est l'oint de Jéhovah. David réprima ses gens par des paroles, et ne leur permit pas de s'élever contre Saûl.

— Puis Saûl se leva de la caverne , et s'en alla son chemin. David se leva ensuite et sortit de la caverne. Il cria après Saûl disant : Mon seigneur le roi î — Saûl regarda derrière lui. David s'inclina la face contre terre et se prosterna. David dit à Saûl ; Pourquoi écoutes-tu les paroles des hommes qui disent : David cherche * ta perte?... » (Ch. xxiv.)

On devine le parti qu'il sait tirer de la situation et surtout de ce pan du manteau de Saûl qui est là pour attester qu'ayant pu tuer son ennemi, il a eu la magnanimité de n'en rien faire. Saûl, ravi d'admiration , fond en larmes (v. 17) : « Est-ce ta voix, paon fils David? s'écrie-t-il. Ah! tu as été plus juste que moi, car tu m'as fait du bien et moi je t'ai fait du mal. Tu m'as fait connaître aujourd'hui que tu uses de bonté envers moi:

Jéhovah m'avait livré entre tes mains, -et tu ne m'as pas tué... Que Jéhovah te récompense pour ce que tu m*as fait aujourd'hui. Certes, je sais maintenant que tu régneras et que le royaume se consolidera en ta main. Mais, jure-moi par Jéhovah que tu n'apéantiras pas ma postérité après moi, et que tu n'extermineras pas mon nom de la maison de mon père. David jura à Saûl, et Saûl s'en alla en sa maison. »

Le récit du ch. xxvi a une allure plus épique et correspond mieux à l'idée qu'on a coutume de se faire de la jeunesse de David. .Profitant du sommeil de Saûl et de toute son armée, David accompagné seulement d'Ahischaï, frère de Joab, aurait, d'après cette seconde version du même événement, pénétré de nuit dans le camp ennemi.

« Saûl dormait, étant couché près du bagage, et sa lance était fliée en terre à son chevet. Abner et le peuple étaient couchés autour. Abischaï dit à David : L'Élohim a livré aujourd'hui ton ennemi en tes mains; et maintenant laisse-moi le transpercer de la lance dans la terre, en une seule fois, sans que je recommence une seconde fois. David dit à Abischaï : Ne le tue pas; car qui est celui qui a mis la main sur le messie^ de Jéhovah et est

1. Nous n'avons pas besoin de rappeler que les mots a messie » « oint» et « christ» ont exactement la même signification.

resté impuni? — Il ajouta : Par la vie de Jéhovah ! que Jéhovah le frappe, ou que son temps vienne et qu'il meure, ou qu'il descende dans une bataille et y périsse. Que Jéhovah me préserve de porter la main sur son messie ! Maintenant prenons la lance qui est à son chevet et la cruche d'eau et allons-nous-en. David prit la lance et la cruche d'eau, et ils s'en allèrent ; personne ne les vit, personne ne se réveilla. »

La suite est une variante accommodée aux différences introduites dans le fait principal. David réveille de loin par ses cris les gardes de Saûl, et lejir adresse des compliments ironiques sur leur vigilance. « Regarde, criet-il à Abner, où est la lance du roi et sa cruche d'eau ! » « N'est-ce pas ta voix, mon fils David, » demande Saûl en s'éveillant. David fait valoir l'acte généreux qu'il vient d'accomplir. « Jéhovah, ajoute-t-il, rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité... De môme que ta vie a été estimée grande en ce jour à mes yeux, que ma vie soit de môme estimée grande aux yeux de Jévohah, et qu'il me préserve de toute adversité. Saûl dit à David : Sois béni, mon fils David; tu réussiras dans toutes tes entreprises et tu seras puissant. David continua son chemin, et Saul retourna chez lui. »

Voici donc la paix conclue. Mais la paix n'est pas ce qu'il faut à David. Il lui faut la succession de Saûl. Ira-t-il de nouveau l'attendre patiemment à Guiba? —

Toute autre voie vaut mieux que cette voie déjà explo* rée sans succès. Tentera-t-il encore une fois le sort des armes? — Il vient de reconnaître la nécessité d'y renoncer. — Mais, ne pouvait -il trouver quelqu'un qui lui en épargnât le danger et lui en assurât le profit? Qu'une guerre sérieuse et meurtrière fût déclarée par un autre à Saûl ; et , de la part d'un homme qui , plus que jamais, paraissait faire bon marché de sa vie, il y avait tout à espérer des chances des combats. Mais , pour susciter un ennemi à Saûl, il fallait se poser soi-même en ennemi d'Israël; et comment, après avoir trahi son peuple , prétendre ensuite régner sur lui ? Il s'agissait donc d'abord de trouver un ennemi capable de mener à fin l'entreprise ; et il fallait en second lieu , — afin de gagner la confiance de cet ennemi sans perdre ses droits à celle d'Israël, — imaginer un moyen de paraître traître sans l'être réellement.

De tous les ennemis d'Israël , les plus prompts à se mettre en guerre étaient les Philistins. Ce fut naturellement sur eux que tomba le choix de David. Il se rendît auprès d'eux, se fit bien venir de leur roi Aschish, obtint pour lui et sa troupe une résidence déterminée, et se mit aussitôt à tout disposer pour l'exécution de ses projets.

Il y avait, au milieu même des tribus Israélites, d'imciennes peuplades indigènes, riches en troupeaux, et

incapables d'opposer une résistance sérieuse à une bande de pillards de la force de celle que David avait organisée dans la montagne et dont il ne se séparait plus. Il mit donc, si Ton peut dire, ces malheureuses peuplades, en pillage réglé, <( il dévastait le pays et ne laissait vivre ni homme ni femme ; il prenait les' brebis, les bœufs, les ânes, les chameaux et les vêtements.» (Ch. xxvii, V. 9). «Il s'en retournait ensuite et venait auprès d'Aschisch. Aschisch disait : Où avez-vous dirigé vos courses aujourd'hui? David répondait : Vers le midi de Juda , de Jéraméel ou de Géni. » Tous ces pays étant Israélites, ses razzias semblaient n'avoir pour but que de ruiner son peuple ; il avait soin d'ailleurs, pour que la vérité ne pût être rétablie (v. 11) « de ne laisser en vie ni homme ni femme, dans la pensée qu'ils pourraient dire : Ainsi faisait David... )) Aschisch, complètement abusé, disait (v. 12) : « Il s'est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple d'Israël, il sera mon serviteur à jamais; » et, lorsqu'il se fut décidé à faire la guerre à Saûl (ch. xxviii, V. 1) : « Tu sais, dit-il à David, que tu sortiras avec moi au camp, toi et tes gens. David lui dit : Tu connaîtras certes ce que ton serviteur fera. Et Aschisch dit à David : c'est pour cela que je t'établirai gardien de ma tête tout le temps. » Nous verrons comment David sut éluder cette difficulté.

Bientôt des bruits sinistres circulent dans Israël et arrivent jusqu'à Sa (il. Une attaque des Philistins, bien réelle cette fois, menace, son peuple. Elle s'annonçait au moins aussi terrible que celle qui avait été Torigine de tous ses malheurs en Tobligeant à offrir à Jéhovah un sacrifice qui lui avait déplu. 11 ne pouvait plus avoir recours à Samuel qui était mort peu de temps auparavant. —Jéhovah, si longtemps sourd à ses prières, daignerait-il enfin Técouter? Vain espoir I « Saûl consulta Jéhovah; mais Jéhovah ne lui répondit rien, ni par des songes, ni par les ourim (attributs des prêtres consultants), ni par les prophètes. » (ch. xxviii, v. 6.) Que faire donc? Par quelle voie connaître les dispositions du ciel? Recourrait-il aux consultations suspectes des éphods, des oboth ou des iidonim? Mais — nous l'apprenons seulement en cet endroit — beaucoup plus strict observateur que David du seul culte autorisé, il avait extirpé d'Israël ces pratiques idolù triques.

Cependant il apprend, ou plutôt on lui fait dire, qu'une magicienne a échappé à ses proscj'iptions antérieures et qu'elle exerce son art à Endor. En désespoir de cause, il s'adresse à cette femme ; et voici que l'ombre de Samuel, évoquée par elle, se dresse devant lui; et pendant que, saisi de terreur, il écoute prosterné et la face contre terre, l'ombre fait entendre ces paroles : <( Pourquoi me consultes-tu puisque Jéhovah s'est retiré

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de toi et qu'il est devenu ton ennemi? Jéhovah a fait selon ce qull a dit par moi. Jéhovah a arraché le royaume d'entre tes mains, et Ta donné à David, parce que tu n'as pas obéi à Jéhovah et que tu n'as pas exécuté l'ardeur de sa colère contre Amalek; c'est pourquoi Jéhovah t'a fait ceci en ce jour. Jéhovah livrera aussi Israël avec toi entre les mains des Philistins ; et toi et tes fils vous serez avec moi. Jéhovah livrera aussi le camp dans la main des Philistins * (ch. xxviu, v. 16 et suiv. ) . » Après cela , lui restait-il autre chose à faire qu'à mourir?

Où en étaient pendant ce temps les autres manœuvres de David?— Peu s'en était fallu qu'il ne fût pris lui-même à son propre piège. Plein de confiance en sa sincérité et en sa valeur, le roi Aschisch avait voulu le mettre à la tête de son expédition contre Israël', et David ne savait comment décliner ce dangereux honneur, renversement assuré de tous ses projets. Des germes de défiance, habilement jetés sur lui-même dans l'armée philistine, le tirèrent de ce mauvais pas; et ce moyen lui réussit si bien qu'après s'être fait donner par Aschisch son congé accompagné d'excuses, il put se retirer avec la dignité du guerrier méconnu qu'on écarte injuste-

1. On a lieu de s'étonner de cet emprunt fait à une autre m' thologie. Le mythe hébraïque est ordinairement plus sévère et n'admet pas de fantasmagories de ce genre.

ment du champ de bataille (ch. xxix, v. 8). « David dit à Aschisch : mais qu'ai-je fait et qu'as-tu trouvé contre ton serviteur depuis le jour que j'ai été devant toi jusqu'à ce jour, que je n'aille pas combattre les ennemis de mon seigneur le roi? Aschisch répondit et dit à David : Je sais que tu es bon à mes yeux comme un ange d'Élohim; mais les princes des Philistins ont dit : qu'il ne monte pas avec nous au combat. » L'ange d'Élohim, ainsi que le nommait Aschisch, n'avait donc plus qu'à laisi^r faire ses affaires par ceux qui s'en étaient si bénévolement chargés. D'ailleurs, pendant son absence de Siceleg, résidence qui lui avait été assignée par le roi philistin, un gros d'Amalécites s'était emparé des femmes et des enfants à qui en était restée la garde ; et, pour reprendre sur eux ce butin, il dut se mettre luimême à leur poursuite.

Cette petite expédition eut un plein succès; non-seulement David recouvra tout ce qui lui avait été pris, mais il y ajouta ce qu'il prit à son tour. Et rien ne pouvait arriver mieux à point que ces prises ; car, comprenant de quelle importance il était pour lui, dans un tel moment, de se rappeler au souvenir d^ ses futurs sujets (ch. XXX, V. 26), «il envoya du butin aux anciens de Juda, à ses amis, en leur faisant dire : Voici un présent pour vous du butin pris sur les ennemis de Jéhovah. Il en envoya à ceux qui étaient à Béthel, à ceux de Ramoth vers le

midi, à ceux de Jéther, à ceux d'Aroer, de Séphamoth, d'Esthamo et de Rachol; à ceux qui étaient dans les villes de Jéraméel et de Céni , à ceux d'Arama, à ceux du lac d'Asan, à ceux d'Athach, à ceux d'Hébron et à tous les autres... » bienfaits pleins d'à-propos et dont les fruits ne pouvaient longtemps se faire attendre !

Saûl, lui,! combattait à Gelboé (ch. xxxi). « Le combat fut rude contre Saûl. Tous ceux qui tiraient de Tare l'entourèrent et il fut grièvement blessé.

« Alors, appelant son écuyer : Tire ton épée, lui dit-il, et transperce-moi avec elle, de peur que ces incirconcis ne viennent me percer et se jouer de moi.

« Mais son écuyer ne voulut point, car il était trèseflfrayc. Alors Saûl prit son épée et se jeta dessus.

« L'écuyer de Saûl, ayant vu qu'il était mort, se jeta aussi sur son épée et mourut avec lui.

« Ainsi mourut Saûl, avec ses trois fils et son écuyer, tous ensemble le même jour. »

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