‹ L'Immortalité selon le ChristChapitre 7 sur 33 · Jéhovah a juré et ne se repent pas : tu es prêtr · texte numérisé non relu

Jéhovah a juré et ne se repent pas : tu es prêtr

( cohen ) à jamais ( nSiyS éternellement) , à la manière de Melcfiisèdech,

5. (O Jéhovah!) Notre Seigneur, à ta droite, brise les rois dans sa colère.

6. 11 exécute tes jugements sur les nations remplies de cadavres, et fracasse les têtes sur la terre de Babba.

7. Il s'est désaltéré du torrent dans le chemin ; c'est pourquoi il relève la tête *. »

Il n'est pas de psaume à l'occasion duquel les nombreux traducteurs, suivant le sens adopté par chacun i d*eux, aient fait meilleur marché des lettres, des pointsvoyelles et des accents toniques du texte, pour les modifier à leur guise ^. Sans quelque altération de ce genre, le

i . L'explication de cet étrange verset peut se trouver dans l'histoire non moins étrange qui est racontée au cli. vu des Juges, v. 5, 6, 7 : « II fit descendre le peuple près de l'eau ; alors Jéhovah dit à Gédéon : Quiconque lapera de l'eau avec sa langue comme le chien lape , tu le placeras à part... » Comme ce furent les trois cents hommes qui avaient lapé ainsi qui combattirent et gagnèrent la victoire , il est permis de croire que cette locution était restée en Israël pour désigner un homme Taillant : « il boit à même au torrent , et puis il relève la tête. » t ■ 2. Les uns , dans le troisième verset changent le *T de ^nn (orne-

ments) en ■) pour le traduire par «montagnes.» Les autres, dans le même verset, suppriment sans façon les deux mots St2 hSï et lisent *pj;^*yS^ (je t'ai engendré j, comme au v. 7 du Ps. II, au lieu de TîrilS^ (la jeunesse), introduisant ici une idée qui est, il est vrai, nettement exprimée ailleurs, mais sans doute à une époque postérieure. La plupart "mfin, toujours au même verset, négligent complètement Vatnach, accent iîsjonctif placé sous le mot inUT2« C'est d'ailleurs du sens adopté pour

verset 3 * se montre rebelle à toute traduction. Celle que BOUS avons adoptée nous semble jeter un grand jour sur la véritable pensée de David. La même idée se rencontre du reste fréquemment ailleurs. Se croire et se dire choisi , comme Jacob , dès le sein de sa mère , — quoi de plus naturel de la part de David ? De là à imaginer qu'avant de naître il avait été non-seulement l'élu, mais l'oint — le messie de Jéhovah, il n'y avait pour lui qu'un pas facile à franchir. Une telle onction étant admise, il devait lui rester peu de doutes sur l'éternité de son héritage.

Il y a une' observation bien plus importante encore à faire, c'est que le mot « Seigneur » (>aT») qui, répété deux fois ( aux versets 1 et 5 ) , s'applique évidemment au même personnage, c'est-à-dire à David, reçoit la

ce dernier mot que naît toute la difficulté. On le fait venir de IHTZJ (aurore), et, soit qu'on en fasse un nouveau mot par Tadjonction du c soit qu'on fasse jouer à celui-ci le rôle de préposition, on laisse à ")n\z;t3 ce sens de «aurore. » Cette idée est si étrangère au reste, et obscurcit tellement le sens général , qu'il ne faut pas s'étonner qu'elle ait été favorable à tant d'interprétations diverses. Puisque tous les traducteurs se sont vus forcés d'altérer plus ou moins le texte en cet endroit, nous avons le droit , ce nous semble , de proposer aussi notre leçon , d'autant plus que la correction qu'elle implique est de très-peu d'importance. U s'agît seu- ^ lement de lire , au lieu du mot inUJTD (unique ) , le mot très - usité nnU^Q qui veut dire « onction , » et qui fournit , sans aucun autre enlbarras, le sens que nous avons adopté. Il suffit, à peu de chose près, d'ajouter un jambage au •^, pour en faire un n»

1. Nous avons numéroté les versets, afin que notre comnientaire fût plus facile à suivre.

seconde fois la ponctuation que les Israélites nomment kodesch (tf7]p * saint), et qui ne peut désigner qu'une personne divine. Il faut donc, de deux choses Tune, ou altérer le sens évident du mot, ou reconnaître, dans la façon dont il est écrit et prononcé, une in-

1. Aa premier verset le mot « Seigneur » est écrit ^JTt^ , et au cinqttîèm^ ^inn • I^our les traducteurs qui admettent au nombre des clioses Irîstoriqaes le don de divination , et qui ne voient en David que le plus saint des rois et le plus clairvoyant des prophètes, il n'y a d'autre difficulté que celle de savoir pourquoi le premier 1^*^^ n'est pas écrit kodesch, c'est-à-dire de manière à s'appliquer sans hésitation au Dieu qu'il désigne. Mais pour les monothéistes juifs , la difficulté est plus grave; car le mot, ponctué comme il l'est au cinquième verset, ne saurait à leurs yeux s'appliquer à aucun antre qu'à Jéhovah, leur Dieu unique. Ils sont donc forcés de faire passer ici David de la droite à la gauche, et d'appliquer à Jéhovah tout ce qui est dit depuis cet endroit jusqu'à la fin, c'est-à-dire d'en faire l'exécuteur des jugements de David , ce qui renverse évidemment les rôles. Le dernier verset surtout devient inexplicable s'il est appliqué à Jéhovah. Toutes ces difficultés disparaissent si , laissant de côté tout parti pris religieux et n'altérant en rien l'orthographe, on rend à cette cérémonie son vrai et incontestable caractère d'apothéose.

Pour achever notre commentaire nous dirons que, suivant nous, le premier "f^lH devait être originairement prononcé kodesch comme le second. Mais quand les massorètes eurent à fixer la prononciation en usage de leur temps, les espérances d'immortalité et les essais d'apothéose de David devaient être complètement oubliés , tant il s'était écoulé d'années depuis que — pour lui du moins — tout cela avait été démontré vain par sa mort. Peu à peu l'usage avait donné au ^^TK du premier verset la prononciation profane ( Sin )» en laissant à l'autre la prononciation sacrée ( UJTp ) qu'on pouvait à la rigueur lui conserver en l'appliquant à Jéhovah. La ponctuation actuelle est la consécration massorétique de la rectification opérée par le temps sur les illusions que David était parvenu peut-être à faire partager à une partie de ses sujets.

tention très-nette d'apothéose*. — Oui, Jéhovali Fayail affirmé par serment; il ne s'en repentait point, et rien ne pourrait jamais le délier de sa promesse : désormais son messie, Melchisédech éternel , allait exercer sur la terre une royauté de Dieu.

Un événement des plus graves devait bientôt après ébranler niais non détruire ces doux rêves d'immortalité.

1. Quel milieu d'idées pouvait favoriser davantage ce vertige en quelque sorte attaché au trône? Si David y avait échappé, il faudrait le citer comme une exception rare parmi les souverains de Tantiquité.

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