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auto-inoculation, mais à une hétéro-inoculation : le malade continuant à avoir des rapports sexuels avec la personne qui l’a contaminé et cela après l'apparition de son premier chancre ; ou bien encore une nourrice continuant à allaiter un nourrisson hérédo-syphilitique et cela après l'apparition du premier accident. .
Avant d'en arriver aux idées que l’on doit avoir actuellement sur cette question, après l’examen impartial des faits, on est étonné de la lenteur des étapes faites dans le chemin de la vérité.
Il est encore tout récent le dogme de l’unicité du chancre syphilitique : et plus tard, quand on voulut bien admettre qu'il était possible quelquefois d'observer des chancres syphilitiques multiples,c’est qu'ils provenaient, ce qui est d’ailleurs souvent vrai, d’une inoculation simultanée.
Mais quand le second chancre survenait 15 jours, trois semaines après le premier, l’explication de l’infection simultanée devenait moins facile, et lorsqu'il s'agissait de ces chancres dont le second naissait en un point où venait reposer le premier, ce que le D' Neumann appelle les chancres d'impression, on ne voulait pas encore admettre l'infection après l'apparition du premier chancre et on tentait de l’expliquer par une contamination pendant l'incubation du premier accident.
Cette hypothèse défendue par Matzenauer était d’ailleurs complètement anéantie après la découverte du tréponème, car il est démontré qu'avant l’ulcération, 1l est profondément situé et ne siège pas à la surface de la peau.
Je prendrai au hasard quelques observations de ces chancres successifs dont les seconds semblent résulter d’une infection faite après l'apparition du premier, parmi les cas qui semblent les mieux observés et sur lesquels Sabaréanu dans sa thèse a bien attiré l’attention. -
Nous avons vu que l’incubation des syphilomeés d’auto-inoculation pouvait varier de 9 jours (même dé 6 jours) à 28 jours,
en moyenne de 28 jours:
Pinard
Nous citerons surtout les incubations assez longues pour ne pas donner prise à la discussion. | L
Nous étudierons tout d'abord :
1° Les chancres par auto-inoculations directes.
2° Les chancres par auto-inoculations à distance.
3° Les chancres par hétéro-infection.
Chancres syphilitiques successifs par auto-inoculation directe. — Ces chancres sont fréquents, l’inoculation se fait directement par le chancre lui-même, le second chancre naissant en un point où vient appliquer le premier chancre et se développant à l’occasion de la moindre écorchure, favorisée d’ailleurs par l’exsudat, ainsi : chancre de la lèvre supérieure ou inférieure contaminant l’autre lèvre, chancre de la verge inoculant l'endroit où celle-ci repose, scrotum, cuisse ou pubis, la petite lèvre inoculant la fourchette, ce sont ces chancres que le Professeur Neumann appelle très heureusement des «.chancres d’impression ». |
Il n’est pas difficile d'en citer quelques exemples.
Obs. XXIV (Dinay, Histoire naturelle de La syphilis). — Chancre de la lèvre inférieure ; 3 semaines après, chancre de la lèvre supérieure.— Ouvrier verrier de Rive-de-Gier contracte un chancre à la lèvre inférieure de 2 centimètres d'étendue : 3 semaines après, chancere de la lèvre supérieure au point correspondant que le chancre de la lèvre inférieure touche lorsque les deux lèvres se rapprochent. Symptômes constitutionnels quelques semaines après.
Obs. XXV (lacewicz). — Chancre de la lèvre supérieure ; 25 jours après,
chancre de la pointe de la langue. -- Femme de 22 ans, présente sur la muqueuse de la lèvre supérieure un chancre induré caractéristique, les ganglions maxillaires sont tuméfiés des deux côtés : pas d'accidents secondaires ; -25 jours après, sur le dos de la langue, auprès de la pointe apparaît une excoriation qui évolue absolument comme un chancre. Six mois après accidents généraux.
Obs. XX VI (Cuzcerier). — Chancre de la verge ; 25 jours après,chancre du pubis. — G. K... entre à l'hôpital du Midi le 14 novembre 1861. Il présente depuis 6 semaines un chancre induré, récemment cicatrisé, de la couronne et de la moitié gauche du gland avec adénopathies multiples, bilatérale et indolente, |
Une seconde ulcération chancreuse, beaucoup moins avancée vers la cica-
re
œil
trisation,existe sur le côté gauche du pubis, l'induration spécifique est nette au pourtour. Roséole maculeuse datant de quelques jours seulement, impetigo du cuir chevelu, adénopathie cervicale, Ce qui nous frappe, dit Cullerier, c'est que le chancre de la verge est cicatrisé tandis que celui du pubis parait beaucoup plus récent. Nous laissons dire le malade qui assure que pendant 25 jours environ, le chancre de la verge existe seul et que ce n'est qu'alors qu'est survenue la rougeur au pubis, qu'il s'y formaït une plaie, le malade ne doute pas que ce second chancre ne provienne du premier et il nous montre que, couché sur le dos, l'extrémité de la verge, naturellement volumineuse, touche directement le chancre du pubis. Cullerier n'hésite pas à conclure à une inoculation du premier chancre induré.
Ces chancres par impression sont assez fréquents. MM. Fournier, Gaucher, Queyrat en ont rapporté des cas.
Waren Tay cite un cas de chancre du pénis ayant donné naissance, 19 jours après, à des chancres de la cuisse.
Hutchinson (fils) en a publié aussi des exemples, son cas n° Ï concerne une femme atteinte de chancre de la lèvre inférieure,
3 semaines après, apparaît un chancre de la lèvre supérieure au point d'application.
Nous-même avons observé plusieurs de ces chancres successifs, en voici un exemple :
Obs. XX VII (personnelle). — Chancre de la petite lèvre gauche, chancre de la fourchette 19 jours après. — D... Germaine, 18 ans, soignée à l'hôpital Lariboisière, salle Trousseau, dans le service de notre maitre, M, le D' Launois. Le 10 juin 1909, cette jeune femme constate l’apparition d’une ulcération sur la partie interne de la petite lèvre gauche.
Elle va consulter un médecin qui la cautérise avec un crayon de nitrate d'argent le vendredi 11 juin. |
Le 26 juin, survient un œdème de la grande lèvre, ce qui la décide à entrer à l'hôpital dans le service de M. le D' Marion où on l'examine. Il n'existe à ce moment qu'un seul accident vulvaire.
Lé 29 juin, on remarque sur la région périnéale près de la fourchette, une papule grosse comme une lentille, ulcérée, à peine infiltrée.
Le 4er juillet, j'examine les sécrétions des deux ulcérations à l’ultra-microscope : il existe du tréponème en abondance dans les deux. La malade est alors passée salle Trousseau . A ce moment, il existe deux chancres, l’un le premier se présente sous la forme d’une ulcération de la dimension d’une pièce de 1 franc, sur la petite lèvre gauche près de la commissure, il est bivalve, à fond rouge recouvert d'une membrane diphtéroïde, sans bords taillés à pic, très induré.
Le second, survenu 19 jours après le précédent, se présente sous un aspect tout différent. Il siège exactement au point où vient appliquèr le premier
chancre : il Se présente sous la forme d'une papule. exulcérée, be et
moitié moins grand que le précédent. Ces chancres sont traités par des attouchements au néol et par le dermatol.
Il existe une adénopathie inguinale bilatérale.
* Cette malade a été auto-inoculée le 31° jour après le début du premier chancre et les auto-inoculations ont été positives (Voir observation XXII). Nous pouvons donc dire que cette malade a fait, 19 jours après l'apparition du premier chancre, un deuxième accident par auto-inoculation spontanéeset un troisième et un quatrième, 31 jours après le premier et cela par auto-inoculation expérimentale. Le premier était de tous, le plus développé, le second, un peu moins et les plus tardifs lexpérimentaux) moins encore, ce qu'explique bien une immunité sans cesse progressive. La première DIABLE d'huile grise fut faite le 26 juillet.
Les accidents secondaires (papules discrètes sur l'abdomen,