Sur ces deux plaques rouges s'élèvent deux papules
26. — On fait deux nouvelles piqüres sur la cuisse gauche avec du pus du tubercule ulcéré des mamelons. Huit jours après, apparaît la rougeur sur les points inoculés et le lendemain on voit deux papules,
30. — Les papules produites par l’inoculation du 17 sont couvertes d'une légère croûte, sous laquelle on voit une érosion superficielle.
On recueille avec soin le peu de pus qu'on y trouve et on l'inocule en deux points sur la cuisse gauche ; sept jours après, on voit encore se développer deux tubercules. Les pustules muqueuses produites par ces diverses inoculations durèrent environ vingt jours à dater de leur apparition.
Elles diminuèrent spontanément sans aucun traitement ni local, ni général, et finirent par disparaitre en ne laissant d'autres traces de leur présence
qu’une tache de couleur cuivrée, mais aucune cicatrice.
En premier lieu, les lésions apparaissent au bout de six ou huit jours d’incubation, ce qui n’est pas le fait d’une lésion banale.
Ensuite,elles apparaissent, cela est répété fort nettement, sous forme de macules, puis de papules.
Ce n’est que secondairement que ces papules se transforment, se recouvrent d’une croûte, sous laquelle il ÿ a peu « de pus ».
Malgré aussi le peu de précision du mot « pustules muqueuses», il n’en est pas moins vrai qu'au début Sperino dit toujours « papules ».
IL est donc très admissible de considérer ces lésions développées' sous forme de papules et après une incubation assez longue, comme des lésions avortées, insignifiantes si l’on veut,
mais néanmoins syphilitiques de nature, sorte de « syphiloï-
des ».
Rollet admet cette observation comme légitime. Elle est à rapprocher des observations d’'Hutchinson, en particulier de son cas 4 (obs. XXXIV) qui prouve « qu'après l'apparition des symptômes généraux secondaires, un nouveau chancre typique avec adénopathie peut apparaître; le fait est indiscutable
parce que j'ai vu le malade toutes les semaines, ajoute Hutchin-
son ».
De même, à rapprocher aussi de l'observation XXXI de MM. Gaucher et Lacapère, où le second chancre est survenu au moment de l'apparition des accidents secondaires. Expérimentalement je dois dire que mes inoculations au porteur de leur virus syphilitique pendant la période secondaire ont ‘presque toujours été négatives comme l'avaient d’ailleurs constaté tous les anciens syphiligraphes. Pourtant comme Finger et Landsteiner, dans certains cas j’ai obtenu de minimes ‘ lésions maculeuses ou légèrement papuleuses, mais presque
insignifiantes.
J'ai voulu aussi voir si les syphilitiques secondaires seraient plus sensibles à un virus étranger comme semblait l'indiquer
l'observation de Wallace.
Obs. XLIII (personnelle). — Syphilis secondaire. Auto et hétéro-inoculation. — L..., gardien de la paix, présente un chancre syphilitique le 18 décembre 1908. La syphilis a une évolution régulière. En février, apparition de syphilides papuleuses du diamètre d’une lentille à un haricot,
Au 20 mars 1909, éruption papuleuse sur tout le corps avec larges places de peau saine.
Sur la ligne mamelonnaire, à cinq centimètres au-dessous du mamelon, auto-inoculation du suc d’une papule située sur le flanc droit.
À cinq centimètres au-dessous de la précédente, hétéro-inoculation avec du suc d’un chancre syphilitique âgé de huit jours et contenant de nombreux tréponèmes.
Le 29, c'est-à-dire le 9e jour après les inoculations, on constate le développement de deux macules qui deviennent deux papules les jours suivants,
A l'endroit de l'auto-inoculation, la papule est de la dimension d'une tête d'épingle, tandis que la lésion due à l'hétéro-inoculation est double de la précédente.
Les deux lésions d'inoculation s’affaissèrent et disparurent à la fin d'avril
La lésion provoquée par une inoculation de virus de chancre a donc été plus accentuée que celle obtenue avec le suc des lésions du malade.
Mais il semble que là encore agisse surtout la quantité de tréponèmes comme dans notre observation XXIIT. Il est donc im-* possible de dire que l'introduction d’un virus étranger peut déterminer plus facilement des superinfections.
En résumé, il est évident que pendant la période secondaire l’immunité esi à son apogée et qu'il est exceptionnel de voir à ce moment des'accidents de superinfection,
Pourtant,dans quelques cas rares,on a pu en provoquer, mais les lésions obtenues sont minimes, insignifiantes,se présentant sous forme de macules ou de papules et de dimensions analogues à celles d’un grain de millet ou au maximum d'une lentille.
À ce moment, l'organisme est attaqué partout, il se défend sur tous les points, l'immunité est presque absolue. ,
Il nous faut encore remarquer que lorsque l’on arrive à reproduire des superinfections expérimentales, chez des syphilitiques secondaires, les lésions se présentent sous des aspects analogues à ceux d’açcidents secondaires.
Un syphilitique réagit à des réinoculations par des lésions dont le type est commandé par l’époque de sa syphilis:
Aussi bien que pour les auto-inoculations du chancre syphilitique, la période d'incubation est écourtée.
La lésion obtenue est aussi plus ou moins importante,suivant la quantité du virus inoculé, c'est-à-dire sa richesse en tréponèmes,