IMMUNITÉ CHEZ LES ORGANISMES UNIGELLULAIRES
antiseptiques, comme l acide tartrique, sont incapables de l’exercer.
L’immimité acquise contre l’acide tluorhydrique est rigoureusement spécifique ; les levures, accoutumées à cette substance, deviennent môme plus sensiljles vis-à-vis d’autres poisons.
M. Duclaux ( 1 j a déjà insisté sur les rapports qui existent entre antiseptiques et aliments. L’aldéhyde formique qui est un coagulant du protoplasma très puissant et partant antiseptique, peut servir d’aliment aux microbes. Le Tfujrotrix tenuis, étudié sous ce rapport par M. Léré (*2), s’adapte à l’action de cette aldéhyde qudl utilise pour sa nutrition. Il se produit ici quelque chose rappelant les protozoaires qui digèrent les parasites.
C’est maintenant une notion courante en microbiologie que les bactéries et les levures qui, au début, n’utilisaient pas certaines substances, s’habituent à les utiliser comme aliments. M. Üienert (3) a publié un travail détaillé sur raccouiumance des levures au galactose. Ce sucre est généralement dédaigné par les levures qui font fermenter le glycose ; mais il n’est pas difficile de les adapter au galactose qu’alors elles attaijuent et transforment en alcool et acide carboni(|ue.
Les protozoaires peuvent être accoutumés progressivement non seulement aux poisons, mais aussi aux agents physiques. Ainsi, M. Dallinger (ij a [)u élever la température de l’eau, dans laquelle se dévello[)paient des infusoires flagellés, de 15“5à 23“, sans amener la mort de ces animalcules. En prolongeant l’expérience pendant plusieurs mois, il a pu meme les habituer à vivre à la température de 70®. D’après l'opinion de Davenport (5), partagée par beaucoup d'autres observateurs, cette résistance aux températures élevées dépendrait de l’appauvrissement du protoplasme en eau. Dallingcr a vu aussi que chez ces infusoires, accoutumés à l'eau chaude, les vacuoles devenaient de plus en plus petites et disparaissaient môme complètement.
L’accoutumance constitue donc une propriété très générale et très répandue dans le microcosme des organismes unicellulaires. Elle se rattache à la digestion intracellulaire des aliments solides et à l'absorption et à la transformation des substances solubles. Ces phénomènes d'ordre chimique sont intimement liés à la sensibilité des êtres micros-
(1) Traité de Microbiologie. T. I, 189H, p. 238.
(2) Annales de l'Institut Pasteur. T. X, 1896. p. 417.
(3) Aimales de l'Institut Pasteur. T. XIV, 1900, p. 139.
(4) Journ. of theR. Miscroscop Society, 1880, 111, p. 1.
(3) Davenport a. Castle, Archiv fur Entwickiungsmechanik, 1896. T. Il, p. 227.