CHAPITRE PREMIER
copiques qui représente une des propriétés fondamentales des organismes vivants.
Un protozoaire, réfractaire R un parasite, se défend par la fuite ou bien le dévore et le digère ; un autre, qui acquiert une immunité vis-àvis d’une toxine ou d’un poison minéral, l’absorbe, le fixe et le transforme. Dans tous ces exemples d’immunité, il se produit donc une réaction des parties vivantes de l’organisme qui est une conséquence de la sensibilité du protoplasma.
Avant qu’un infusoire s’éloigne du cadavre de ses congénères ou saisisse un être parasitaire ; avant qu’un protozoaire sécrète un liquide digestif autour do la proie englobée ; avant qu’une Jjactérie sécrète une couche glaireuse pour sa défense etc , il faut que ces organismes unicellulaires perçoivent des sensations qui provoquent les réactions sus-mentionnées. C’est au botaniste célèbre, M. Pfelfer, qu’on doit les recherches les plus importantes sur cette sensibilité des êtres uiiicellulaires, recherches qui ont donné comme résultat général que cette propriété est soumise à la loi psycho-physique de Weber-Fechner. En observant les mouvements des bactéries sous l’influence des excitations croissantes, Pfetfer a établi que, conformément à cette loi, lorsque l’excitation croit en proportion géométrique, la sensibilité croit en proportion arithmétique, c’est-à-dire que la réaction est proportionnelle au logarithme de l’excitation. Pour qu’une bactérie mobile {Bacterium tenno), cultivée dans une solution peptonée, perçoive la différence de milieu, il faut la mettre en présence d’une solution de peptone cinq fois plus concentrée. Des solutions plus faibles, dont la concentration n’est que trois ou quatre fois plus forte que le liquide originel, n’attirent pas du tout les bactéries ; par conséquent, ces différences sont au-dessous de leur sensibilité chimiotactique.
Les différentes réactions qui se manifestent dans l’immunité des êtres unicellulaires, réactions soumises à la sensibilité de leur protoplasma, rentrent donc incontestablement dans la catégorie des phénomènes purement cellulaires.
GIIAPITUE II
QUELQUES RENSEIGNEMENTS SUR l’jMMUMTÉ ETIEZ LES l'LANTES RLURIEELLULAIRES
Maladies infectieuses des plantes. — Plasmodes des myxomycètes et leur chimiotaxie. — Accoutumance des plasmodes aux poisons. — Action pathogène de la Sclérotinia sur les phanérogames. — La cicatrisation des plantes. — Défense des plantes contre les bactéries. — Sensibilité des cellules végétales à la pression osmoti(|ue. — Adaptation des plantes aux modifications de celle-ci. — Dépendance des phénomènes chimiques de la sensibilité des cellules végétales. — La loi de Weber-Fechner.
Pour [)lusieui‘s raisons, ce chapitre sur rimmunité dans le règne végétal ne [louria être traité d'nne façon satisfaisante. La pathologie des [liantes a été heancoup étudiée, et l’étiologie d’une quantité de maladies végétales était déjà bien établie à un moment on l'on errait encoi’e dans l’obscurité à la recherche des causes des maladies intectienses de l’homme et des animau-A supérieurs. Mais, malgré cela, 1 étude des phénomènes de l’immunité a été reléguée an second plan [)ar les botanistes, et il n’existe pas de travaux consacrés d’une façon spéciale à ce sujet. Ce n’est qn’en passant qn’on a abordé la question de la résistance de certaines plantes vis-à-vis des facteurs moi*hides capables de les infecter on les intoxiquer. Il faudrait donc des recherches toutes particulières dans cette direction, ou bien une élude des plus complètes de la littérature botanique, pour présenter au lecteur un résumé de la queslion de l’immunité dans le règne végétal. Dans l’impossibilité de remplir ce programme, nous devons nous contenter de quelques renseignements empruntés aux botanistes et ca[)ables d’éclaircir certains côtés du problème général qui nous intéresse.
Un très grand nombre de végétaux sont sujets à des maladies infectieuses provoquées [lar des plantes inférieures, [larmi lesquelles les champignons occupent la première place. Tandis que dans le règne animal, la plus grande partie des infections est due aux bactéries, chez