‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 111 sur 171 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

voir exercer cette fonction non seulement par les macrophages mobiles du sang et de la lymphe, mais aussi par les macrophages fixes, si répandus dans presque tous les organes.

Je donne cette hypothèse pour ce qu’elle vaut, simplement comme une idée directrice pour de nouvelles recherches dans ce domaine, où il y a encore tant d inconnu (1). L’exposé de l’état actuel de la question de l’immunité artificielle contre les toxines, nous a montré que ce problème est plus difficile à résoudre que celui de rimmunité acquise contre les microbes. Rien que le fait que ces derniers peuvent être retrouvés quelques heures ou même quelques jours après leur pénétration dans l’organisme réfractaire, donne une forte avance sur les études avec les toxines qui se perdent souvent presque immédiatement après leur injection. C’est pourquoi nos connaissances sur l’immunité antimicrobienne sont plus avancées que celles sur l’immunité contre les produits solubles des microbes.

Les faits, exposés dans ce chapitre, corroborent la thèse que nous avons défendue au sujet de l’immunité contre les microbes, à savoir que cette immunité antimicrobienne ne dépend nullement d’une résistance antérieure contre les toxines. La règle générale est que rimmunité vis-à-vis des microbes se développe plus facilement que l’immunité contre leurs produits toxiques et avant elle.

Bien qu’il reste encore beaucoup à faire pour élucider le mécanisme de l’immunité antitoxique, il est incontestable que les données principales, acquises au sujet de cette immunité, ont amené à des applications de la plus haute importance, comme nous le développerons dans un des prochains chapitres.

(t) Les dernières recherches de M. Rômer {Archiv für Ophtalmolor/ie, 1901. T. LU, p. 72) sur l’antiabrine s’accordent très bien avec notre hypothèse. 11 a pu conslaler en effet que la rate, la moelle des os et la conjonctive de l’œil, soumises <à l’influence de l’abrine, contiennent une quantité notable d’antiabrine. Or, ces trois organes sont très riches en phagocytes.

Page 1