‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 119 sur 171 · Chapitre Xiii · texte numérisé non relu

Chapitre Xiii

cluise clans cjuelqnes cas une certaine action bactéricide des cytases échappées de ces leucocytes morts. Il est vrai cjue la sécrétion vaginale de la jument n’a pas manifesté in vitro cette propriété antimicrobienne;, mais chez les autres animaux, il a été impossible de faire des expériences analogues, à cause de la trop petite c[uantité de mucus. Chez la femme, l’acidité si frécjuente de la surface des mucjueuses de la vulve et du vagin peut jouer un certain rôle dans la protection contre les bactéries cjui ne supportent pas le milieu acide. Mais les animaux étudiés par M. Cahanescu, même les chiennes, ne jouissent pas de cet avantage, car leurs muqueuses ont une réaction le plus souvent alcaline.

La réaction acide joue aussi un rôle comme moyen de défense des voies urinaires contre la pénétration des bactéries. Elle peut être efficace chez l’homme ou les animaux qui ont une urine acide. Mais chez beaucoup d’autres animaux dont l’urine est alcaline, les microbes ne passent pas normalement dans la profondeur des organes urinaires. C’est à l’écoulement de Lurine cpie la vessie doit son immunité contre les microbes pathogènes et saprophytes. Lorsqu’on réunit deux ballons renfermant du bouillon stérilisé, de telle façon que le liquide s'écoule lentement de l’un d’eux dans l’autre, le premier ne se contaminera pas par les microbes que l’on ensemencera dans le second. Dans celui-ci, le bouillon se transformera bientôt en une purée de bactéries, tandis que le premier conservera son bouillon intact et aseptique. Ce facteur purement mécanique a été bien mis en lumière par M. Preobrajensky (1), dans un travail fait au laboratoire de M. Duclaux. La stérilité de la vessie urinaire normale doit être attribuée à une cause de même nature. Lorsque l’urine commence à stagner dans la vessie, elle se contamine avec une grande facilité.

Depuis que l’on a supposé que les capsules surrénales servaient à neutraliser l’etfet de quelques substances toxiques élaborées dans l’organisme, on était enclin à admettre que les mêmes organes pouvaient bien remplir un rôle antitoxique vis-à-vis des poisons microbiens. On a émis I hypothèse que cette fonction était partagée par les capsules surrénales avec la glande thyroïde et quelques autres organes problématiques. Nous avons déjà mentionné dans le cinquième chapitre que les capsules surrénales, dans quelques expériences avec l’injection de la spermotoxine à des lapins, manifestaient un certain pouvoir antisper-

(i) Amiales de l'Instttut Pasteur, 1897. T. XI, p. G99.

IMMUNITE DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES

motoxiquc. Mais justju’à présent, aucun fait précis n’a pu être recueilli en faveur du rôle aulitoxlquc des organes cités vis-à-vis des toxines l)actériciiucs. MM. lloiix et Vaillard (1), dans leur grand travail sur le tétanos, ont fait des expériences dans cette voie, mais leurs résultats ne les ont pas autorisés à se prononcer dans un sens positif.

La nature, pour protéger la peau et les muqueuses, ne se sert pas d’antiseptiques. Les li(juidcs qui arrosent la surface de la bouche et d’autres muqueuses ne sont pas microbicides ou ne le sont qu’à un degré tout à fait imparfait et à titre plutôt exceptionnel. La nature débarrasse les muqueuses et la peau d’une quantité de microbes, les éliminant par la desquamation épithéliale et les expulsant avec les secrétions et excrétions li(piides. La nature a choisi ce procédé mécanique comme les médecins actuels qui remplacent l’antisepsie de la bouche, de l’intestin et d’autres organes par le lavage avec de l’eau physiologique pure. Elle se sert de la concurrence des microbes inotfensifs pour empêcher les microbes pathogènes de s’installer et constamment elle envoie dans toutes les muqueuses et la peau une armée de phagocytes mol)iles qui explorent le terrain et le débarrassent des microbes. Dès ({Lie ceux-ci commencent à devenir plus nombreux, la réaction phagocytaire augmente en intensité. Il se produit une lutte entre les deux éléments vivants : phagoeyte et microbe. Dans les cas où l’organisme reste indemne, c’est le premier qui prend le dessus.

(P, Aiviales de VlnsUtut Pasteur, 1893, T. VII, p. 63.

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