CHAPITRE XV
rouget atténué, coiiim eu Allemagne sous le nom de a Backsteinblattern ». Environ doux semaines plus tard, il fallait injecter encore une fois les memes bacilles, maison quantité double. Cette méthode exigeait donc trois injections vaccinales, au lieu do deux d’après la méthode pastorienne. Elle revenait plus chère que cette dernière, mais comme elle présentait certains avantages indéniables, on essaya de l’introduire dans la pratique vétérinaire. Seulement, comme elle était beaucoup trop compliquée, on chercha à la simplifier. MM. Voges et Schütz obtinrent bientôt, par des procédés restés secrets, nn sérum plus actif, enfin M. Lcclainclie (1) de Toulouse, après avoir démontré que le cheval est ranimai de choix pour la production d’un sérum très actif, réussit à élaborer une méthode do vaccinations aussi simple qu’efficace. Il lui a donné le nom de « séro-vaccinations ». La première inoculation est faite avec un mélange de sérum spécifique et de culture de bacilles vivants et virulents. Cette inoculation est très bien supportée par les porcs en toutes conditions et peut être faite sans tenir compte de Tûge des animaux. L’immunité s'établit aussitôt après l’injection du mélange, mais elle n’est pas assez durable pour suffire dans la pratique. C’est pourquoi M. Leclainche fait suivre lapremière injection d’une seconde qui se fait dix à douze jours plus tard et consiste en une inoculation d’un demi c. c. du virus pur. Cette nouvelle méthode a surtout l’avantage d’enrayer presque immédiatement la mortalité dans une porcherie infectée et de supprimer les accidents chroniques cpie l’on observe quelquefois après les vaccinations pastoriennes.
M. Leclainche (2) a appliqué sa méthode de séro-vaccinations déjà sur plus de cinq mille porcs de tout âge. « Elle s’est montrée d’une efficacité constante et d’une innocuité absolue », et « pas un cas de rouget n’a été constaté sur des porcs ayant reçu les deux vaccins ». A la suite de ces faits, M. Leclainche espère que sa méthode se répandra bientôt dans la pratique générale, pour être utilisée dans tous les cas où la méthode pastorienne ne se montrera pas suffisante.
Comme toutes les méthodes nouvelles pour vacciner les porcs contre le rouget, ont pour hase la préparation de sérums capables d’empècher l’elfet pathogène des bacilles, la question de la détermination du pouvoir préventif de ces sérums présente une importance considérable. Au début, on se contentait de quelques évaluations approximati-
(I) Revue vétérinaire, 1900, fer juin.
l2) Ibid. 1901, mars.
VACCINATIONS PRÉVENTIVES
ves, mais plus tard la nécessité d’avoir une mesure plus précise s est fait sentir. M. Leclaiiiclie est persuadé que^ de tous les animaux de laboratoire, capables de servir pour ces expériences, il n’y a que le pigeon qui puisse avanlageusemeni remplir ce rôle; très sensible au virus de passage, il est tué par le bacille dans un délai régulier; le rouget chronique, si gênant chez le lapin et même chez le pore, ne se rencontre chez le pigeon que dans des cas tout à fait exceptionnels. M. Leclaincbe fait ses essais en inoculant dans les muscles pectoraux du pigeon des mélanges de sérum et de culture virulente. Le pigeon reçoit l c. c. d'nne culture d’un virus de passage, mélangé avec des (juantités variables de sérum. Le sérum est apte à vacciner les porcs quand les pigeons résistent à l’injection d'un mélange de 1/2 c. c. de sérum avec 1 c. c. d’un virus qui tue les pigeons témoins en GO à 72 heures.
A rinslitut de tbéra})ie expérimentale de Francfort, on se sert d’une méthode dillerente, élaborée par M. Marx (1). Elle consiste en injections, sous la peau de souris grises, de doses progressives du sérum dont on veut établir la valeur. Vingt-quatre heures après, on introduit la culture virulente du bacille du rouget des porcs dans le péritoine des mêmes souris. Le virus est choisi de telle façon que les souris témoins meurent en 72 heures environ. M. Marx trouve que cette méthode donne des résultats beaucoup plus constants et plus précis que n’importe quelle autre ; cette opinion est confirmée à Hochst par la fabrique des sérums, la plus considérable de l’Allemagne.
VIII. V accina/ions contre la péripneumonie des bovidés. — Cette maladie infectieuse est un des plus redoutables ennemis de l’espèce bovine. Très contagieuse, elle s’est répandue de l’Europe centrale non seulement dans tous les autres pays de ce continent, mais a passé en Afrique, en Amérique et sur presque toutes les autres parties du globe. Le virus de cette allcction a été découvert dans l’exsudation séreuse des poumons hépatisés bien avant la période microbiologique des sciences médicales.
Le docteur Willerns de Harselt, cpii a fait une étude expérimentale remarquable pour l'époque (il y a plus d’un demi-siècle), a établi tout d’abord la grande virulence de la sérosité pulmonaire; il a bien vu que les effets de l’inoculation du virus variaient beaucoup suivant le
(t) Deutsche thierarztliche Wocheiischrift, 1001, no G.