‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 137 sur 171 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

tômes de la diphtérie, les injections vaccinales peuvent être évitées. Mais dans la pratique, ces conditions favorables sont rarement réalisées et alors il est de grande utilité d’empêcher l’éclosion de la maladie à l’aide du sérum.

M. Netler (I) a communiqué à la Société de pédiatrie le relevé de 32.484 observations d’injections pro[)hylactiques du sérum antidiphtérique. Sur ce nombre, on a noté 192 cas dans lesquels la diphtérie a éclaté, malgré la vaccination, ce qui correspond à 0,0 °/o d’échecs. Mais 011 a compté tous les cas de maladie survenus jusqu’à 30 jours après l’injection. Or, rimmunité est souvent moins durable et 20jours et même quelquefois lo jours après la vaccination, elle peut disparaître plus ou moins complètement.

M. Netter lui-même pratique largement les vaccinations antidiphtériques. Il a l’habitude de proposer aux parents, ou l’inoculation préventive d’emblée, ou l’examen bactériologique préventif des gorges des enfants non encore atteints. Il considère le premier procédé comme préférable. D’après les dernières données qu’il a bien voulu me communiquer, sur 152 enfants (répartis en 50 familles), dont 99 subirent les inoculations préventives, aucun n’a pris la diphtérie ; tandis que sur 39 autres familles dont les enfants n’ont pas été inoculés, il s’est produit 52 casde diphtérie, avec 10 morts. Beaucoup de praticiens, à Paris, se sont également prononcés en faveur des vaccinations par le sérum et la Société de pédiatrie, dans sa séance du 11 juin 1901, aterrniné la discussion de cette question en formulant le vœu suivant : « La Société de pédiatrie, affirmant que les inoculations préventives ne présentent aucun danger sérieux et confèrent l’immunité dans des proportions considérables pendant quelques semaines, en recommande l’emploi dans les agglomérations d’enfants et les familles où une surveillance scientifique ne peut être exercée ».

La grande quantité de matériaux réunis sur cette question ne laisse pas de doute sur l’efficacité réelle de la vaccination par le sérum antidiphtérique.

L’aperçu que nous venons de donner au lecteur, des résultats obtenus par les vaccinations dans douze maladies de l’homme et des animaux n’a pas la prétention de lui servir de guide détaillé dans la pratique préventive. Nous avons voulu seulement concentrer dans un

(1) Bulletin de lu Soc. de Pédiatrie de Paris. 1901, mai et juin.

VACCINATIONS PRÉVENTIVES

chapitre les principales données sur cette rpiestion si importante, pour certifier tout le progrès qui a été réalisé jusqu’à ce jour et montrer en môme temps que l'étude scientificjue de rimmunité se lie d’une façon tout intime à l’application pratiquc.il est évident que le chemin est loin d’avoir été parcouru jusqu'au hut terminal, car il y a encore un grand nombre de maladies infectieuses, pour lesquelles les vaccinations ne peuvent être employées. Mais il est non moins certain que la voie qui a mené à tant de résultats importants et utiles, doit être suivie dans l’étude des prol)lèincs qui n’ont pas pu être résolus jusqu’à présent.

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