Chapitre x\t
C|ui SUR Giît cittciiti veulent le tournoi luteriuitioiuil sur I arène du problème de 1 immunité ». M, Aljel est cerlainement un bactériologiste très estimé, mais il n’est pas bon jiropliète et il a eu tort de se placer au point de vue national (1). En xMlemagne, on s'intéresse beaucoup au mouvement scientilique et il est tout naturel qu’on y critique et y discute les théories originales et nouvelles. Mais cela ne suflit pas pour qu 011 puisse invoquer contre une opinion qu’elle n’est pas partagée en Allemagne. Dans ce pays, si riche en production scientifique, on trouve des partisans des opinions les plus opposées. Dans tous les cas, dans le contlit entre M. Pfeiller d’un côté, M. Dordet et moi
de 1 autre, les choses ne se sont pas passées exactement comme les avait prévues M. Abel. Les deux substances qui agissent dans la destiuction des microbes sont a présent acceptées par tout le monde. Les rapports intimes entre les alexines et les leucocytes sont également reconnus par un très grand nombre de savants. Le fait que les alexines restent confinées dans l’intérieur des phagocytes a été confirmé par plusieurs observateurs et a acquis une preuve très démonstrative dans les expériences de M. Gengou sur l’action comparative du sérum et du plasma sanguins vis-à-vis des microbes. Le fait de la phagolyse, nié d’abord par quelques savants, a été vérifié par plusieurs autres et ne doit plus être mis en doute.
Les rela tions entre la substance sensibilisatrice et les phagocytes sont moins faciles à saisir que celles entre les alexines et les leucocytes. Et cependant, les expériences de MM. Pfeitler et Marx (2) ont amené ces savants à reconnaître que la première provient de la. rate, des ganglions lymphaticjues et de la moelle osseuse, c’est-à-dire des organes phagocytaires par excellence. Ce résultat a été confirmé ])ar M. Deutscli et doit être considéré comme acquis d’une façon définitive.
Toutes les données, recueillies dans ces dernières années, ont donc confirmé l’opinion d’après laquelle la destruction des microbes dans l’organisme réfractaire se présente comme un cas particulier de la
(I) On a déjà tort de se placer dans une question purement scientifique à un point do vue national. Maison a bien plus tort encore en se plaçant, dans la recherche des problèmes qui ne concernent que la science, au point de vue personnel. C’est cependant ce qui est arrivé plusieurs fois dans la discussion à propos de la phagocytose. Quelques élèves mécontents ont essayé de se venger en publiant des travaux et des critiques dirigés contre la théorie des phagocytes. N’ayant pas de doute sur le mobile de ces publications, je me considère en plein droit de ne pas en parler dans ce livre, où je me suis placé au point de vue exclusivement scientifique et où j’ai tâché de tenir compte autant que possible de toutes les critiques et objections qui m’avaieni été adressées.
('i) ZeUarlirifl /'tir Utj(juine^ 1898. T. XXVll, p. 'ilt.
AIM'RÇLT HISTORIQUE DES CO.NNAISSANGES SUR LTMMUNITÉ
[•ésorptioii des éléments figurés. Cette vérité était tellement reconnue dans notre laboratoire que l’analogie entre la bactériolyse et la destruction des cellules animales se présentait comme tout à fait naturelle et évidente. M. J. Bordet avait depuis plusieurs années observé que le sérum sanguin de certains animaux manifestait une grande analogie dans la propriété agglutinative vis à-vis des microbes et des globules rouges. En étudiant le sort des spirilles d’oie dans le péritoine de cobayes (dont il a été question dans le sixième chapitre de cet ouvrage), en 1898, je m'étais aperçu que ces microbes subissaient les mômes altérations intra et extraphagocytaires ; ce fait me parut être en parfaite harmonie avec tout rensemble de nos connaissances sur la résorption des éléments tigurés et sur la digestion intracellulaire.
M. Bordet (1), préparé par ses recherches précédentes sur ragglutination des hématies, s’est mis à étudier le sort des globules rouges dans l’organisme. Il a pu facilement établir la parenté étroite qui existe entre le développement de la propriété bactériolytique et le pouvoir hémolytique du sérum des animaux, préparés par des injections répétées de bactéries et de sang. Ses résultats ont été aussitôt (janvier 1899) confirmés par MM. Ehrlich et MorgenroÜi (*2) qui leur ajoutèrent cette notion importante que la substance sensibilisatrice de Bordet, ou substance intermédiaire (E. et M.), a la propriété de se fixer sur les globules rouges.
Les travaux sur l’hémolyse, poursuivis pendant ces trois dernières années par MM. Ehrlich et Morgenroth d’un côté et M. Bordet de Lautre, ont permis d'approfondir l'étude du mécanisme de Lactioii des deux substances sur les microbes et les cellules animales. M. Ehrlich a étendu aux substances bactériolytiqucs sa théorie ingénieuse des antitoxines, qu’il considère comme des chaines latérales détachées des cellules, et capalilcs d’absorber les toxines. Dans une série de travaux remarquables, exécutés en majeure partie en collaboration de M. Morgenroth, M. Ehrlich a développé sa théorie (]ui essaie de rendre compte du mécanisme intime qui préside à la destruction des microlies et à la neutralisation de leui's poisons. Cette théorie se trouve en pleine période de développement. Quelques-uns de ses points sont en contradiction avec plusieurs conclusions des travaux de M. Bordet. d'andis que celui-ci admet que la substance sensibilisatrice se fixe comme un mordant, M. Ehrlich la considère comme
(1) À7m(iles de l'histitat Pasteur, t8‘J8 T. Xll, p. 088 ; 18l?0. T. Xlll, p. 27.3,
(2) lîerliner Plinische Wochenschrift, 1899, p. 6.