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lité de la capture et si celle-ci ne convient pas à 1 actinie, elle la rejette, après Tavoir entourée d’une couche de mucus, fei au contraire la nourrilure a été jugée bonne, 1 actinie la garde dans sa grande cavité et envoie dessus une multitude de ses tilameiits mésentéritjues. Ceux-ci la pénètrent dans tous les sens et comme leur épithélium est capable de pousser des prolongements amiboïdes, ces cellules saisissent et englobent les particules qui pénètrent aussitôt dans le contenu protoplasmique. Ce travail se fait avec tant de précision et d’exactitude que l’actinie peut vider une crevette, ne rejetant que la carapace.
Fig. 10. — Coupe longitudinale Fig. It. — Une actinie ayant absorbé du
d’une actinie (d’après llollard). carmin qui passe dans les filaments
mésentériques.
L’épithélium des filaments mésentériques est donc l’organe de la digestion des actinies. Les parties nutritives de leur proie passent dans l’intérieur des cellules épithéliales amiboïdes et y subissent une digestion purement intracellulaire. Lorsqu’à des muscles de crevette ou à d’autres aliments, on ajoute un peu de poudre de carmin ou de tournesol bleu, les filaments mésentériques les englobent aussi et se colorent. Après avoir mangé du carmin, ils prennent une teinte rose très
Fig. 12.
Partie de filament mésentérique d'une actinie, colorée par le rouge neutre à 1 o/o.
vive (fig. 11), tandis que le tournesol Jileu les colore en rose violet. Ce cliang-ement de couleur dans l’intérieur des cellules des lilaments indique une réaction nettement acide dans leur contenu (Ij. Lorsqu’à des filaments mésentériques, en train de dig-érer, on ajoute une goutte de solution à 1 0/0 de rouge neutre, on les voit se colorer en diverses teintes de rouge fig. 12).
Le fait de la digestion intracellulaire chez les actinies a été confirme par plusieurs ohservateur.s, parmi lesquels je citerai Chapeaux (2) et Bjelooussolf (3j. Seulement on a souvent affirmé qu’à côté d une digestion dans 1 intérieur des cellules des filaments mésentériques, les actinies sécrètent aussi dans la cavité cœlcntérique de leur corps des sucs digestils qui digèrent les aliments à l’aide d'un ferment soluble. Un ferment, se rapprochant de la trypsine, a été retiré des actinies par M. Léon hrédéricq et Krukenberg. Seulement, en présence des affirmations
contradicton*es, on ne savait pas si, dans la digestion enzymatique, ce ferment agit dans le liquide de la cavité cœlcntérique, ou bien s’il représente le facteur actif dans la digestion intracellulaire.
Dans le but d'éclaircir d’une façon précise ce problème d’importance generale, M. Mesnil, chef de mon laboratoire, a bien voulu exécuter toute une série trexpériences nouvelles sur la digestion des actinies qu’il a étudiée non seulement sur des animaux maintenus en
captivité dans des aquariums, mais aussi surdos actinies, vivant en pleine liberté dans la mer (4).
Comme la digestion intracellulaire nous intéresse particulièrement par comparaison à la résorption des éléments figurés dans les tissus et les cavités des animaux, M. Mesnil a porté son attention sur la dmestion des globules rouges du sang. 11 a opéré avec les hématies de plu-
.\7uiales de l'Institut. Pasteur. 1898 T VII n 'U8
(-) Bulletin de l Acad. de Belgique. T. XXV, 1898, p.’ 2ü2’cl’ \rchives de 7an logie eæpevim., 1898, p. I i7. > i -u untes de Zoo-
(3) Eludes de physiologie sur les Actinies. Cliarkoff, l89o (en russe)
{■i} Annales de rinstîtut Pasteur, 1901, p. 852.
(iü
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sieurs espèces de Vertébrés, mais il a surtout étudié la digestion des globules rouges iiucléés. Ce sont des cellules très délicates qui se laissent même jusqu’à un certain point macérer par 1 eau de mer. hh liieii, malgré cela, les hématies ne se digèrent pas dans la cayite cœlentérique des actinies, mais, englobées par les cellules entodermiques des filaments mésentériques, s’y dissolvent totalement par la diaestion intracellulaire. M. Mesnil a pu constater que la fibrine aussi ne se digère cpie dans les cellules des filaments. Les faits, rapportes liai' M. Cliapeau.v, en faveur d’une digestion cxtracellulaire dans le liquide de la cavité cœlentérique, ne prouvent n ullement son bypothèse et se réduisent, d'après M. Mesnil, à une digestion par la dnastase même du sang fixée par la fibrine au moment de la formation du
caillot, après la saignée.
Pendant nn temps assez long, les hématies peuvent être retrouvées dans l’intérieur des cellules des filaments mésentériques. Ces éléments sont englobés à leur état normal de globules rouges ovales avec noyau. Comme renglobement demande plusieurs heures à se famé, il est évident que le liquide de la cavité cœlentérique a été impuissant à attaquer les hématies. Dans le protoplasma des cellules entodermiques, les globules rouges s’arrondissent, leur paroi devient perméable et l’hémoglobine commence à diffuser. Elle passe d abord dans les vacuoles des cellules digestives et est rejetée ensuite en partie dans la cavité générale du corps. L’hémoglobine se transforme en une substance verte qui rappelle le pigment biliaire. La membrane et le noyau des hématies se digèrent aussi et finissent par disparaître
totalement.
Les cellules digestives de l’entoderme englobent non seulement les globules sanguins ou la fibrine, mais aussi des fragments de fibies musculaires, des grains de carmin et de tournesol. Ces derniers indiquent une réaction acide des plus nettes, comme il a déjà été mentionné plus haut.
Les filaments mésentériques ou plutôt leur partie entodermique représentent donc le véritable organe de la digestion intracellulaire des actinies. Il y a bien d’autres régions de l'entoderme qui accomplissent aussi cette fonction, mais d’une façon insignifiante en comparaison des filaments mésentériques. Ceux-ci sont du reste capables non seulement d’englober et de digérer les substances solides, mais aussi d’absorber des solutions. M. Mesnil l'a constaté, en injectant a des actinies des matières colorantes solubles, comme l’éosine, le carmi-
IlKMAUQURS PRRU.MINAIURS SÜR L’IMMUiMTR DANS LIi RRGNE ANnfAL
fil
nate d ammoniaque, etc. Seulement ces solutions, bien qu’en grande partie absorbées par les cellules digestives des filaments mésentériques, peuvent être également retenues par d’autres éléments, entre antres par les cellules de l’ectoderme .
(iOmme la digestion des aliments se fait dans l'intérieur des cellules de 1 entoderme des filaments mésentériques et comme ces organes peuvent être facilement isolés du reste des actinies, Mesnil a pu étudier avec beaucoup de précision et de soin les phénomènes de la digestion en dehors de 1 organisme. Dans ce but, il a prépai'é des extiaits des fdaments dans l’eau de mer et a étudié leur action sur diverses substances nutritives. Il a contirmé la découverte de M. Léon l'rédéricq d un ferment soluble et a démontré qu’il est capable de digérer les substances albuminoïdes (fibrine, albumine coagulée) dans des milieux neutres, faiblement alcalins et faiblement acides. Sous ce ra[)port, Vac/i/tof/iastase (c’est le nom ([ue M. Mesnil a donné au ferment soluble des actinies) se rapproche le plus de la papaïne. D’un autre coté, elle s’en distingue par sa plus grande sensibilité à l’excès d acide et aussi [>ar sa plus forte action sur l’albumine coagulée.
L’actinodiastase digère bien entre 15® et 20®, mais la température optima pour sa fonction digestive est entre 3fi et 45®. Les températures plus élevées affaiblissent le pouvoir diastasique et le chautlage à 55- 50® l’abolit complètement. Parmi les produits de la digestion des albuminoides par 1 actinodiastase, IM. IMesnil, conformément à ses prédécesseurs, a révélé une quantité notable de peptone et en ])his des produits de désagrégation de la molécule albuminoïde, tels que la tjioshic et le protéinochromogène. L actinodiastase présente aussi une ceitaine amdogie avec I amibodiastase de M. Mouton.
Les hématies nucléées des Vertébrés inférieurs, présentant une grande commodité pour l’observation de la digestion intracellulaire dans l’intérieur des cellules des filaments mésentériques, M. -.Mesnil lésa étudiées également in vitro, sous l’influence de l’actinodiastase. Dans ces conditions, les jihénomènes de digestion rappellent de très près ceux ipii ont été observés dans l'intérieur des cellules digestives. Les globules rouges ovales de poule et d’oie deviennent sphéDqnes à la suite d action dissolvante sur leur membrane, après ipioi l’iiémoglobme diffuse dans le liquide. La membrane et le noyau du globule sont respectés et peuvent être reconnus à l’examen microscopique. La différence avec la digestion dans l’intérieur des cellules se réduit a une action digestive plus faible de l’extrait aqueux. 11 est évident