‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 21 sur 171 · CHAPITRE Jll · texte numérisé non relu

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que la préparation de cet extrait n’est capable de mettre en évidence qu'une certiiine partie de l'actinodiastaso contenue dans les cellules de rentoderme des tilaments.

iM. tMesnil a nourri les mêmes actinies avec du sang a doses répétées, dans le but d'étal)lir si les cellules acquièrent dans ces conditions une aptitude particulière à la production de 1 actinodiastase. Malgré ses tentatives nomljreuses, il n’a jamais pu s assurer du fait ; la rapidité de la dissolution des hématies par l'extrait des filaments mésentériques était la meme que celui-ci fiit préparé avec des actinies, ayant mange plusieurs fois du sang ou n’cn ayant pas mangé du tout.

Après tout ce que je viens d’exposer, il ne peut plus subsister de doute que la digestion intracellulaire n’est point un processus « protoplasmique », essentiellement différent de celui qui se passe dans les sucs digestifs, sécrétés dans le tube intestinal. Dans les deux cas, il s’agit d’une action diastasique, due aux ferments solubles, produits par des éléments vivants. Seulement, dans la digestion intracellulaire, les diastascs digèrent dans l’intérieur des cellules, principalement dans les vacuoles, tandis que dans la digestion cxtracellulaire ce phénomène se passe en dehors des cellules, dans les cavités du tube gastro-intestinal.

Il est incontestable que, dans la série animale, la digestion intracellulaire représente un état antérieur, primitif, de la solubilisation des aliments. Cela découle du fait qu’elle est très répandue chez les animaux les plus inférieurs, tels que les Protozoaires, Dponges, Cœlentérés et Turbellariés. La digestion intracellulaire n'a cédé que pas à pas ses droits à la digestion par des sucs sécrétés. Les Invertébrés supérieurs nous en fournissent un témoignage probant. Ainsi, parmi les mollusques gastéropodes, il y en a qui présentent les deux modes de digestion réunis. Chez le P/qy/Z/r/mè, ce beau mollusque flottant a la surface de la mer, dépourvu de coquille et tout à fait transparent, on voit la nourriture pénétrer d’abord dans la cavité du tube digestif. Elle y subit une digestion préalable par des sucs sécrétés ; il en résulte une magma de petits corps solides qui sont aussitôt saisis par l’épithélium amiboïde des appendices cœcaiix, au nombre de deux de chaque côté du corps. La digestion intracellulaire achève le processus et finit par dissoudre les alinients et les réduire à leur stade final, avant la résorption. En ajoutant à la nourriture des grains de carmin, 011 les retrouve, joints aux particules réellement digestibles dans l’intérieur des cellules épithéliales des cæcums.

Cet exemple nous fournit un véritable lien entre la digestion primitive intracellulaire, et la dig’estion perfectionnée et dérivée, extracellulaire. Dans le môme groupe des gastéropodes, on peut poursui\ re plusieurs étapes de cette évolution, de sorte (pic chez les représentants supérieurs, comme les limaces et les escargots, on ne trouve pluscpiela digestion par des sucs sécrétés dans le contenu gastrointestinal. Seulement, chez ces molluscpies, on rencontre déjà un oigane glandulaire volumineux, le foie, (juidérive sùi'cmen! des appendices cœcdux pareils a ceux des Plujllirhoii . Envisagé à ce [joint de vue, le foie devient réellement, c(jmme l’a dit Claude Bernard, un organe de seconde digestion. Je pense ([uc l’étude détaillée du foie des mollusques, guidée par cette idée, donnera des résultats de poi’téc générale.

Chez les \ ertébrés, la digestion intracellulaire dans le tube gastrointestinal disparait presque complètement et est remplacée d’une façon définitive par la digestion a 1 aide deterinents, contenus dans des sucs sécrétés. Nous ne pouvons 2>as, bien entendu, présenter au lecteur un tableau tant soit peu complet de cette digestion extracellulaire des animaux supérieurs. Mais nous devons néanmoins attirer son attention sur quelques points de cette fonction, établis grâce aux [jrogrès réalisés dans ces dernières années pour l’obtention des sucs digestifs et [jour 1 étude de leur fonctionnement.

Pour l’étude de la digestion intracellulaire, l’actinie est l’animal de choix; pour celle de la digestion extracellulairc, c’est le chien. Chez ce carnassier omnivore, les aliments sont traités par des sucs digestifs d’une grande puissance, renfermant toute une série de ferments solubles. L’estomac en sécrète deux : la présure et la^pepsine. Le pancréas élabore trois ferments : la trypsine, l'amylase et la saponase qui agissent sur les trois princi[jales catégories d’aiiments. L’intestin grele y ajoute un ferment particulier, désigné par M. Pawloll ri) sous le nom à'entérokf/nase. Tout le monde coiinait la fonction protéolytique de la pepsine et de la trypsine, les analcjgies et les ditlérences de ces deux diastases. Je n'ai pas besoin non pîus de ni arrêter sur l’amylase, ni sur le ferment saponifiant les graisses. Mais l’entérokynase mérite une attention spéciale dans l’intérêt de 1 étude de 1 immunité. M. Pawlotf a chargé sou élève, M. Chépowahnkoir, d’étudier le r(Me digestif jusqu’alors très obscur du suc intestinal. On savait que ce suc renferme de faibles doses de fer-

(1) Discours prononcé à la Société des médecins russes à Sainl-PélersbourK Ga-etto clmique de Botkine, IROO.

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