‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 22 sur 171 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

inenis saccharilianis et inversifs, mais on le considérait i^énéialement comme nne sécrétion de peu de valeur. M. Cliepowalnikoft (I) a démontré (pie cette opinion est tout a lait erronée. Le suc intestinal remplit la fonction très importante d’activer les trois ferments pancréati(]ues. C’est surtout le sue duodénal du chien qui renferme 1 entérokvnase. Lorsqu on mélan^’e ce suc avec iin suc panciéatique quf par lui inéme digère activement la fibrine et ralbumine, on constate une digestion beaucoup plus rapide qu’avec le suc pancréatique seul. L’action est de trois à treize fois plus forte. Mais le n'jle du suc intestinal se révèle encore avec plus d’évidence lorsqu’on le mélange avec un suc pancréatique peu ou presque pas actif, comme cela arrive ebez des ebiens récemment opérés. Ainsi du suc pancréa li(]ue cpii n agissait pas du tout sur 1 albumine, la digeiait promptement lorsqu’on lui additionnait une certaine quantité de suc duodénal. i\Ième lorscpie M. Cbépowalnikofl jirenait 500 c. c. de suc pancréati(pic inactif, dilué avec 500 c. c. d’eau ou de solution do soude, et y ajoutait une goutte seulement de suc intestinal, le mélange exercpiit encore une action digestive manifeste sur ralbumine

coagulée.

Lorsqu’au lieu de suc pancréatique, on prend l’extrait aqueux ou glycériiié du pancréas, qui par lui-même n’exerce qu’un pouvoir digestif insignifiant sur l’albumine, et que 1 on ajoute du suc intestinal, la digestion se fait sans retard. Si l’on admet, avec plusieurs physiologistes, que l’inactivité du pancréas tient à la présence du zymogène au lieu de la trypsine, on pourrait eonclure avec 1\L Gbépoxvalnikotf que « le suc intestinal possède le pouvoir de transformer le zymogène en trypsine et que cette transformation se fait d’une façon beaucoup plus considérable qu’avec les acides ou l’oxygène de l'air » (p. 137).

Le suc intestinal, pris dans n’importe quelle région de l’intestin grele, exerce une influence incontestablement favorable sur la digestion de l’amidon par le suc pancréaticjuc, mais cette action est beaucoup plus faible que sur la trypsine. L’action du suc intestinal sur la saponification des graisses est encore moins mar(]uée. Mais ici c’est à la bile que revient le laile le plus important. Ce liquide augmente donc aussi l’activité du suc pancréatique, mais dans un sens différent du suc intestinal, car il agit surtout en activant la digestion des ma-

tières grasses.

(1) Physiolofjie du suc inslestinal. Saint-Pélcrsboui g, 1890 (Thèse eu russe).

remarques préliminaires sur L’IMMUNITÉ DANS LE RÉGNE ANIMAL

L’action de la bile sur la digestion pancréatique n'est nullement supprimée lorsqu on la chauffe à la température de l’ébullition. Par contre, dans ces conditions le suc intestinal perd complètement son rôle activant. 11 en résulte, ainsi que l’a formulé M. Pawloff, que, dans le suc intestinal, il faut admettre l’existence d’un ferment soluble détruit par le chaufïage, auquel il propose de donner le nom d entérokunase. Sans exercer un pouvoir digestif sur aucune des substances alimentaires, il agirait comme ferment des ferments pancréatiques.

M. Delezennc ( I ) a répété a 1 Institut Pasteur les expériences de M. Uiépowalmkotf. Il a confirmé l’exactitude de ses résultats et leur a ajouté des données nouvelles d’une grande importance, non seulement pour la physiologie de la digestion, mais aussi pour l’étude de 1 immunité. L entéiokynase s est montrée dans les expériences de M. Delezenne comme un véritable ferment ; elle est entraînée par les memes précipitants (collodion, phosphate de chaux, alcool) qui permettent d’obtenir la plupart des ferments digestifs connus ; elle est sensible aux températures élevées et celle de Go» suffit déjà pour lui enlever la plus grande partie de son activité. Il y a encore une propriété de l’cntérokyiiase qui lui est commune avec les ferments solubles et qui présente pour nous un intérêt tout particulier ; c’est la facilité avec laquelle elle se fixe sur la fibrine. A l’aide de flocons de cette substance on peut, en quelque temps, débarrasser un hcpiide de toute l’entérokynase qu’il contient. Cette propriété hxatrice est très importante pour le rôle que joue l’entérokvnase dans la digestion. La fibrine, sur laquelle elle s’est fixée, absorbe a trypsine avec une grande avidité. Lorsqu’on introduit dans une solutimi de trypsine des flocons de fibrine, imprégnés d’entérokvnase et d autres qui n’ont pas été mis en contact avec ce ferment les pre' niiers se digèrent avec une grande rapidité, tandis que les seconds ne subissent aucune action. La fibrine, ayant fixé de l’entérokynase est capable de debarrasser nn liquide de la trypsine ; celle, au contraire, qui n a pas subi 1 action du suc intestinal l’y laisse presque complète- Il est d une importance capitale de se renseigner sur l’origine de 1 enterokynase du suc intestinal. Ce liquide, tel qu’il s’écoule par la istule, renferme du mucus et beaucoup de débris de différentes celules. Mais quels sont les éléments qui fournissent ce ferment si re-

(1) Annales de rinstitut Pasteur, 1901. T. XV,

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marquable? M. Dclezeniie est ariàvc à ce sujet à une réponse très précise. L’entérokynase n’est pas contenne clans le mucus et n est point sécrétée par les glandes intestinales, .nais elle provient des

oreancs lymphoïdes. , ^ ^ ^

Lorsqu’on prend l’intestin grêle d’un chien à jeun etqu on le lave

soianenseinent avec de rean, on réussit à le debarrasser de l’entéro- Uvnase préexistante. Alors on enlève les placpics de l'eyer et on les traite, ainsi ciue les antres parties de l’intestin grêle, par 1 eau cblorol'ormée. Celle-ci dissout l’entcrokynase, comme les autres ferments solubles. Eli bien, ce sont surtout les plaipies de l'eyer qui fournissent de l’entérokynase, tandis que le reste de riiitestin, y compris les glandes de Lieberkïihn, n en donnent pas.

On sait que les plaques de Peyer sont des organes lymphoïdes, renfermant une grande quantité de cellules amihoïdes mononucléaires. Ces éléments sont même capables d’englober des corps étrangers et de les soumettre à la digestion intracellulaire. 11 n’est donc point étonnant que M. Delezenne ait réussi à trouver de l’entérokynase dans les ganglions mésentériques de plusieurs mammifères (chien, porc, lapin). Ces organes, traités par le procédé que nous venons de mentionner, donnent une substance qui favorise l’action de la trypsine tout à fait comme le suc intestinal. Parvenu à ce point, M. üclezenne s’est demandé si les globules lilancs mononucléaires^, si intimement liés au.v mononucléaires des organes lymphoïdes, ne renferment pas aussi de l’entérokyiiase. Dans cette intention, il a prélevé des exsudais riches en leucocytes mononucléaires et ici encore il a retrouvé ce même ferment soluble. Bien plus, la couche leucocytaire du sang s'est montrée également capable d’activer d une façon très énergique l’action de la trypsine.

Les résultats des anciennes expériences de Schill et de M. llerzen, sur le rôle favorisant de l’extrait de rate sur la digestion panciéatique, doivent sans doute être rangés à côté de ceux que nous venons de signaler. Les mononucléaires de la rate, comme ceux des plaques de Peyer et des ganglions mésentériques, renferment en etlet une substance qui agit comme l’eiitérokyiiase. M. Delezenne en a fourni une démonstration précise.

Dans la digestion intracellulaire, c’est le côté chimique quia été le plus difficile à démontrer. Le fonctionnement purement physiologique, la sensibilité des cellules digestives, les mouvements amiboïdes de leurs prolongements protoplasmiques, sont au contraire tellement

manifestes qu’on a eu même l’idée de distinguer la digestion intracellulaire comme un phénomène protoplasmique et purement vital.

Dans la digestion extracellnlairc, à l’aide des sucs sécrétés, nous assistons a un exemple inverse. Ici c’est le côté chimique (pii saute aux yeux, tandis (]ue la partie physiologique se cache plus ou moins profondément. Et cependant, grAce aux progrès récents et surtout aux travaux de 1 école de M. Pawlott, à Saint-Détershourg, on a éclairci le problème d’une façon remanjuable.

La sécrétion des liipiides digestifs suit des lois déterminées, dans lesquelles 1 action réflexe du système nerveux est prépondérante. D après 1 expression de M. Dawlotf, l’étude de la sécrétion salivaire a révélé toute une psychologie de cet organe. Vous pouvez remplir la houchc d un chien de petites pierres polies ou de neige ; vous pouvez y verser de 1 eau très froide — la salive n’apparaitra pas. Mais montrez-hii seulement a distance du sable — les glandes commencent de suite A sécréter de la salive liquide. J entez le chien avec de la viande — et aussiWt coulera une salive épaisse ; montrez-lui du pain sec — la salive sera sécrétée en abondance, môme si le chien n’a pas grande envie de le manger.

Le meme phénomène s observe dans l’estomac. L’excitation inécanicjue par des corps inertes, comme des [lierres, ne provoque aucune sécrétion ; mais 1 idée du repas ou la vue des aliments suffisent pour amener une forte quantité de suc gastrique. La quantité et la (jualité du suc gastrique sont réglées par la quantité et la qualité des aliments. Le pain provoipie chez le chien la sécrétion d’un suc gastricpie, doué du plus fort pou\ oir digestif, (.eluicjui coule après l’ingestion du lait renferme quatre fois moins de pepsine.

Malgré ces différences dans la sécrétion gastriijue, en rapport avec la nourriture, M. l‘a\vloff et ses élèves n’ont jamais pu s'assurer d’une adaptation prolongée et chronique de la fonction stomacale. Ils ont été frappés par runiformité du pouvoir digestif d’une grande quantité de leurs chiens. M. Samoïlotl (1) a observé trois chiens, soumis à des régimes alimentaires différents. Malgré une période de temps très longue de ces régimes, le suc gastrique, chez tous ces chiens, présentait les memes pro[)i‘iétés et ne manifestait aucune différence tant soit peu marijuée. Ce résultat est semblable à celui (pie j’ai signalé plus haut pour les actinies, nourries par M. .Mesnil avec du sang. Malgré des repas répétés avec du sang d’une même espèce animale, l’extrait

(1) Ai chives des sciences biologi<iues. S;iint-Pélersbourg, 189R. T. Il, p 698

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