CHAPITRE IV
effet êlee attribuée à la présence d’un ferment solul.le dans les cellules qui constituent ces organes. Comme les diastascs se distinguent eu gel'éral par leur grande seusilidité pour la chaleur nous avons essaye l'action de nos evti'aits après un chauffage préahdde et nous avons pu ainsi déterminer que la température de 50", appliquée pendant rois quarts d’heure, abolit complètement la dissolution des hématies d oie par les extraits. Le ferment soluhle des organes macrophagiques, que nous proiiosons de désigner sous le nom de maa-oajlase (I), ou ferment des macrophages, présente sous heaucoup de rapports une analogie avec l’actinodiastaso de Mesnil, décrite dans le précédent cha-
pitre. 1 i 1
Dans l'intention d’obtenir des renseignements plus complets sur les
cytases, nous avons proposé à M. Tarassewitcli d’en faire une étude détaillée cpi’il a exécutée dans notre laboratoire. Il a constate que les organes macrophagiques d’autres mammifères que le cobaye, notamment ceux du lapin et du chien, possèdent la môme propriété dissolvante vis-à-vis des hématies. 11 a en outre établi que cette action s applique non seulement aux hématies d’oie, mais s’étend tout aussi bien à celles de plusieurs autres oiseaux et mammifères. M. rarassewitcli a pu confirmer l’action nuisible du chautfage s\ir la macrocytase. Les extraits des organes macrophagiques qui renferment beaucoup de débris en suspension, extraits, chautfés pendant une heure à bo",5 perdent dans certains cas leur propriété dissolvante vis-à-vis des hématies; quelquefois cette température n’amène qu un atfaiblissemcnt de la macrocytase. Pour abolir complètement et sûrement celle-ci, il faut chauffer les suspensions à 58o,5-62« pendant une heure. Mais, lorsqu’au lieu de chauffer la suspension entière, on la lait d’abord filtrer à travers le papier buvard, le liquide clair qui a traversé le ^^t
déjà dépourvu de son action diastasique après un chauffage à 55% 5,
prolongé pendant trois quarts d’heure.
De tous les autres organes, dont les extraits ont été mis en contact prolongé avec les hématies d’oiseaux, il n y a que le pancréas qui ait manifesté une action digestive des plus nettes. L extrait des glandes salivaires a dissous faiblement nne certaine quantité de globules rou-
(1) Il va quelques années on a proposé de donner le nom de cylase aux ferments qui dig'érenl la cellulose. Ainsi M. Laurent, dans un travail que nous avons analysé dans le second chapitre, l’appliqueau ferment, sécrété par les bacilles qui attaquent la membrane végétale Nous pensons que le ferment cellulosique devrait être désigné sous le nom de cellulosase et que le nom de cytase conviendrait mieux pour un terment soluble qui digère les cellules.
RÉSORPTION DES ÉLÉMENTS FIGURÉS
g-es. Les autres organes, tels que le foie, les reins, le cerveau, la moelle épinière, l’ovaire, les testicules, les capsules surrénales, le placenta, n’ont exercé aucune action dissolvante sur les hématies. Môme la moelle des os, conformément aux résultats (pie j’ai communiqués il y a (juehjues années, s’est montrée tout à fait inactive.
Le sérum sanguin des cobayes que j'ai employé dans mes recherches, ainsi (]ue celui des animaux, examinés par M. Tarassewitch ne se sont pas montrés capables de dissoudre les hématies d’oie, tandis que les organes macrophagiques les dissolvaient facilement. Et cependant, 011 sait depuis longtemps que le sérum du sang de beaucoup d’animaux détruit les globules rouges d’espèce étrangère. Cette constatation a été faite pendant la période où l’on essayait d’appliquer la transfusion à l’homme du sang défibriné de mammifères, notamment du mouton. On a dù même renoncer à cette pratique, à la suite des inconvénients qu’amenait la dissolution des hématies humaines, i’ius tard, MM. Daremherg (1) et Ihiclmer ( 2) se sont mis à étudier d’une fai^on systématique cette action hémolytique des sérums. Ils ont établi quelle dépend d’une substance particulière, désignée par M. Buchner sous le nom iValexme, ou substance protectrice. D’une composition chimique indéterminée, cette substance se ivqiproche des substances alhmnmoïdes. Elle est détruite après un chautfage à o5‘’-5G‘> et n’adt ([U en présence de sels. Lors([u’on débarrasse le sérum de ses sels p^ar la dialyse, il perd sou pouvoir hémolytique; mais aussihM qu’on lui restitue sa teneur en sels, ce pouvoir réapparaît. Plus tard, M. Buchner (d) a comparé l’action de l’alexine à celle des ferments Lluhles et l’a rangée dans la même catégorie que les diastases digestives. Pour lui, la meme alexine est capable de dissoudre les hématies de plusieurs espèces de vertébrés. M. Bordet f4), dans une série de recherches qu il a faites a 1 Institut Pasteur, s’est rangé au même avis. 11 a conclu (jue les alexines des diverses espèces animales sont différentes. Ainsi, l’alexine du sérum sanguin de lapin n’est pas la même que celles qui se trouvent dans le sérum de cobaye ou de chien. Mais chacune de cesalexmes est capable de dissoudre les hématies de plusieurs espèces. ‘
(I) ^^l'chives (le m(kl<>cine expérimentale, 181)1. T. III, p. 7-20. fi) \ erhnndlniKien des A' (Ujtufresses far innere Med ici n, 1802.
(•h M ànchener medic. Wochenschrift 1000. p. ilOO
(M Annales de VInst. Pasteur, 1800. T. XIII, p. TC^-Jhid., 1901. T. XV, p