‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 30 sur 171 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MM. Elirlich et Morgenrolh (1), dans une séné de mémoires sur la dissolution des hématies, se sont opposés à l idée de runite de 1 a exine dans im meme sénim. En ontie, ils admettent que 1 a exine a toujours besoin, pour agir, de l’aide d’une autre substance Us considèrent donc les choses comme beaucoup plus compliquées, lis pensent que dans chaque sérum normal, se trouvent une quantité de substances différentes, dont chacune ne s’attaque qu’à une espece d hématies. Ils ont démontré que la dissolution des globules rouges par le sérum normal se fait par l’action combinée de deux substances ditlérentes. Ils citent plusieurs cas où un sérum normal, chautfé à 55° et, par conséquent privé de son pouvoir hémolytique, redevient capable de dissoudre les hématies, si on lui ajoute du sérum normal d’une autre espece qui par lui-méme est dépourvu de la propriété dissolvante. Empruntons à MM. Ehrlich et Morgenrotli un de leurs exemples. Le sérum normal de chèvre dissout facilement les hématms de lapin et de cobaye ; mais, chauffé pendant une demi-heure à 55°, il perd ce pouvoir. D’un autre côté, le sérum normal de lieaucoup de chevaux se montre impuissant à dissoudre les globules rouges des rongeurs que nous venons de nommer. Voici donc deux sérums, également incapables de produire la dissolution des globules rouges de lapin et de cobaye. Et cependant, lorsqu’on les mélange, et qu’on leur ajoute du sang d'un des deux rongeurs cités, l’hémolyse se fait avec facilite. Le chauffage du sérum de chèvre a donc laissé quelque chose résistant à 55^ une substance qui, par elle-même, laisse les hématies intactes ; mais qui, combinée avec une seconde substance, présente dans le sérum de cheval, amène leur dissolution. iM. Ehrlich désigne la première sulistance, c’est-à-dire celle qui se trouve dans le sérum de chèvre chauffé, sous le nom de substance intenmahmre (ou (( Zwischenkôrper »). La seconde substance, présente dans le sérum de cheval non chauffé, est désignée par lui sous le nom de complément. Pour qu’un sérum normal dissolve les globules rouges, il ne lui suffit pas de posséder une seule substance, 1 alexine de buchnei. Il lui faut pour cela renfermer deux sul)stances distinctes qui se trouvent très souvent réunies dans le même sérum normal. Le sérum de chèvre non chautfé n’a pu dissoudre les hématies de lapin que giace a la présence simultanée d’un complément particulier et d uue substance intermédiaire. Privé de son complément à 55°, le sérum ne devient dissolvant que si on lui en ajoute d’autre cju’on puise dans le sérum

(I) Berliner klinische Wochenschrift. 1899, pp. 9 et 481.

RÉSORPTION DRS ÉLÉMENTS FIGURÉS 95

normal d une autre espèce (cheval). Poursuivant leurs recherches dans cette voie, MM. Ehrlich et Morgcnroth sont arrivés à cette conclusion que le sérum normal d’une seule espèce peut renfermer plusieurs substances intermédiaires, qui agissent chacune sur une seule et même espece d’iiématies. En outre, le sérum normal doit renfermer plusieurs ou môme beaucoup de com{)léments dillérents.

MM. Ehrlich et Morgenroth se sont mis à rechercher des substances intermediaires dans les sérums normauv et en ont trouvé plusieurs en dehors de celle que nous avons déjà cilée. Le sérum de chien normal dissout très bien les hématies de cobaye. Chaulle à o7°, il perd cette propriété ; mais, additionné de sérum de cobaye normal non chauffé, il la récupère de nouveau. Dans le sérum de chien normal, en dehors ( U complément, il existe donc encore au moins une substance intermédiaire. Le même résultat peut être obtenu avec plusieurs combinaisons do sérums de mammifères normaux, chauffés ou intacts (1). Lependant il arrive souvent, et MM. Ehrlich et iMorgcnroth le constatent eux-mêmes, que la démonstration de la présence de la substance intermédiaire dans les sérums normaux se heurte à des difficultés extrêmes. Aussi M. Dordet, qui a beaucoup étudié cette question a vu souvent ses tentatives pour rendre actifs par l'addition de sérums chauffes d’autres espèces animales, des sérums normaux, incapables ü hémolyse, échouer complètement Ainsi M. Bordet a observé que e sérum de poule normale dissout avec une grande facilité les lem.-, ,es de apm Chanlfé à 55»-5(i«, ce sérum perd son pouvoir iemolys,-ml el 1 udddiou d’aucun sérum normal ne peut le reconstituer. pense pour cela rpie, dans cet exemple, riiémolyse est produite umipiement par l’alexine, sans le concours d’ancime sulislance intermediaire du sérum de poule normale. M. |*. .Aldller |2) a pu conlirmer les données expérimenlales de M. liordet. et cependani il pense cpie, dans ce cas aussi, il y a intervenlinn d une snl, stance intermediaire. Lorsipiil fait un mélange de sérum de poule clianfl’é avec une très pciite ipiantilé de sérum de poule intact, la dis.solntion des

ch'Ldn'm 'v.-'T 2' mémoire, Ualiner Kli,,. Ho-

■ isc/n i/t Il 2. \oici les combinaisons trouvées par ces ob<;crvalenrs-

sérum cliauire de veau avec sérum normal dissolvent les hématies de colnu’c sérum

ci a I V ''""r ‘lis^olve.it les hématies de moulon ; sérum

chautlt le lapin, additionne de sérum de chèvre, dissolvent les hématies de chèvre •

roüg"s1rcobâyo'.'‘'’''‘°'' l'I'é'eol.vse des gHUialcs

(2j Centralhlatt f. HalctHr, 1901, T. XXIX, p. 175.

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