‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 31 sur 171 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

glolMÜes rouges de lapin ne se produit point. Mais lorsqu au^ lieu 5'ajouler un peu de sérum do poule normale non eliaufle, il ajoute la même quantité de sérum d’une poule, préalablement traitée avec de l’eau physiologique, la dissolution dos hémalies de lapin se a. sans aucune difficulté. M. Muller e.vplique cette dilference par le fait que le sérum do la poule préparée renferme plus de complément que celui de la poule normale.

On voit bien, d’après cet exemple, que l’analyse des phononienes de la dissolution des hématies par les sérums normaux rencontre de très grandes difficultés. Voilà pourquoi il est beaucoup plus utile de faire des rcclierclics dans cette voie à l’aide de sérums plus actifs, dans lesquels li démonstration des deux substances peut se faire d’une façon simple et précise. Ce désidératum a été rempli par M. J. lîordet, alors préparateur de notre laboratoire, qui a décrit un moyen facile d’augmenter le pouvoir bémolytiquc des sérums.

Comme je l’ai dit plus haut, les cobayes, auxquels on injecte dans le péritoine du sang d’oie, digèrent les globules, tandis que le liquide péritonéal n’exerce aucune action hémolytique. I/i vitro, l’extrait de leurs organes macrophagiques dissout bien les hématies, tandis que le sérum sanguin le plus souvent ne le fait pas du tout. Eb bien, si 011 injecte une seconde ou une troisième fois du sang d’oie dans le péritoine des memes cobayes, la dissolution des globules se fait alors en partie dans le plasma péritonéal et le sérum du sang acquiert des propriétés nouvelles : il devient capable de réunir les hématies en amas, c’est-à-dire de les agglutiner et ensuite il les dissout in mtro.

M. J. Bordet (1) a montré que l'injection de sang d’une espèce de vertébrés (mammifère ou oiseau) dans le péritoine ou sous la peau d’un animal d'espece diüércnte, produit toujours chez celui-ci la substance bémolysante dans le sérum sanguin. Cette substance bémolysante est spécifique ou à peu près, c est-à-dire qu elle dissout les globules rouges de l espèce qui a fourni le sang injecté et aussi, quoique plus faiblement, les hématies d’espèces voisines. Avec du sérum de cobaye, traité avec du sang d’oie, on obtient, par conséquent, l’action dissolvante la plus forte sur les hématies d oie, niais également une certaine hémolyse vis-à-vis des globules rouges de quelques autres oiseaux. Cette règle, très bien établie par M. Bordet, a été le point de départ d’un grand nombre de recberebes sur 1 hémolyse et

(t) Annales de nnslitiit Pasteur, 1898, T. XII, p. G88.

HÉSORI’TIüN des I'LÉMENTS FIGÜHÉS

entre autres de celles qui ont porté sur la substance intermédiaire des sangs normaux.

M. Bordet a démontré d’une façon définitive, et ce fait est d’importance fondamentale, que dans les sérums sanguins des animaux, traites avec du sang' d’espèce étrangère, il existe deux substance.s distinctes qui ne dissolvent les hématies que lorsqu’elles sont réunies ensemble. Ici la dualité de ragent bémolytique ne peut être mise en doute, comme dans certains exemples de sérums normaux. Chaque lois qu oi! prive, par le chauffage à 5o«-5G«, un sérum d’un animal préparé, de son action dissolvante, cette propriété peut lui être res- 1 uce a coup sur, si on ajoute un peu de sérum normal qui, iiar luinienic, est incapable de produire l’hémolyse. Le sérum chautl’é des animaux préparés perd complètement le pouvoir de dissoudre les lematies correspondantes, mais il conserve bien son autre propriété acquise qui est ragglutination des globules. Les liématie.s, réunies en amas vo umineux, bien visibles à l’œil nu, restent intactes indéfiniment, si 011 les laisse dans le sérum préparé et chauffé. Mais dès (lu’on leur ajoute une faible proportion de sang normal (provenant d’une .juantite U especes de vertél.rés), la dissolution des hématies ne tarde pas a se taire I s est produit dans ces conditions une action de deuv suistances, dontlunese trouve dans le sérum de l’animal préparé

e laulFe et autre, dans le sérum neuf, non cliaulfc. La première

5’i«S mai r seulement à la tempéi'iture de

bo -oh , mais supporte, sans s altérer, le ebaulfage à corres-

tnr fi' i‘(o,Ïe '7'" Elle a été désignée

coude substance, banale, celle ijui se trouve dans les sérums normaux eu, U, est détruite à oo»-S6», est l’alexine de Buchner et de Bordet, ou le complément d’Ehrlich.

La facilité, avec laquelle on fait la démonstration du coneotirs de deux substances dans niémolyse, ,,ar les sérums des animaux, prépares avec du sanpl espèce étrangère, provient de ceci, qu’au’cours le ce Irai cmen 1 organisme animal pro.luit une quantité de la sub-

CIIAPITHI5 IV

M. Bordct U cliibli que le sérum des animaux, injectés à plusieurs reprises avec du sang' d’espèce étrangère, renferme presque la même quantité d’alexine que le sérum neuf. C’est au contraire la substance sensibilisatrice (lui apparaît en quantité très grande à la suite de ces injections. M.dc üungern (1) a confirmé cette donnée et y a ajoute ce fait intéressant que la substance sensibilisatrice se trouve même en o-rand excès dans le sérum des animaux préparés. Lorsqu’il ajoute à ce sérum du sang neuf, non cliaidfé, il produit une hémolyse plus de trente fois plus active qu’avec le sérum de l’animal préparé seul. Au point do vue quantitatif, il n’existe donc aucun rapport entre la teneur des deux substances dans le sérum des animaux préparés.

On a pu supposer que la substance sensibilisatrice, ou intermediaire, est la môme que celle qui produit ragglutination des hématies. Mais des recherches minutieuses ont bien démontré la diltérence de ces deux substances qui ont ce caractère commun que toutes les deux résistent au chaullag’e de 5o°-60° et au delà.

Après avoir établi le concours de deux substances dans l’hémolyse, on s’est mis à étudier le mécanisme intime de leur action. Sous ce rapport, je dois placer au premier rang la découverte de MM Elirhch et Morgenroth que la substance intermédiaire (ou sensibilisatrice) se fixe sur les globules rouges correspondants. Un sérum, capable de dissoudre les hématies d’espèce étrangère, est chautte a ol)**, ce qui lui fait perdre cette propriété dissolvante. Lorsiju on lui ajoute une ccitaine quantité de ces hématies, celles-ci restent intactes, quoique agglutinées. Il suffit, après quelques heures de contact, de centrifuger le mélange pour séparer le sérum limpide de la niasse des hématies. Le premier se montre totalement dépouillé de sa substance intermédiaire, c’est-cà-dire qu’il devient incapable de dissoudre les globules rouges, malgré 1 addition d une grande (juantité tle « complément )) (sérum neuf, non chaulfé). Au contraire, les hématies, a^ant fixé toute la sulistauce intermédiaire, se dissolvent très rapidement, lorsqu’on les met en contact avec du sérum neuf qui renferme la quantité nécessaire de complément (ou alexine). Cette expérience fondamentale a été confirmée et reproduite par lieaucoup d observateurs et est devenue classique. La notion que la substance intermédiaire (OU sensibilisatrice) se fixe au globule rouge, sans jamais le dissoudre, est acceptée par tout le monde et peut être considérée comme définitivement acquise. On ferait donc bien, au lieu de dési-

(i) Mûnehener medic. Wochenschrift.) 1900, 11° 20, p. 677.

UÉSÜHPTION DKS ÉLÉMENTS FIGURÉS

giier par toutes sortes de synonymes la substance des sérums qui résiste au chantfage de 5o®-G5“, de lui appliquer, une fois pour toutes, le nom de siibnlance fixatrice^ ou simplement celui de fixaleur. Ce nom est court, exprime le caractère essentiel de la substance et ne donne lieu à aucun malentendu, comme les antres noms projjosés jusqu a présent (entre autres celui de plulociilase que j'avais employé dans quelques-unes de mes [)iiblications antérieures).

Une autre expérience de MM. Ubrlicb et iUorgenrotli a fourni la preuve que le complément ne se fixe pas senl aux hématies. Un sérum neuf, non chauffé, qui, par lui-même, est tout aussi incapable de dissoudre les globales ronges (pie le fixateur seul, est mélangé avec du sang défibriné. Après la centrifugation de ce mélange, il est facile de

constater (pie le liquide surnageant n’a rien perdu de son complément (alexine), tandis que les globules ronges n’en ont rien fixé du tout.

Si, au lieu d’un sérum inactif, on prend un sérum capalile de dissoudre les hématies et (]ni renferme par conséquent les deux substances hémolytiques, et si on le met en contact avec les globules rouges correspondants, à une température entre 0° et 3“, la dissolution n’aura pas lien, comme font démontré .dM. Ehrlich et Morgenroth. Dans ces conditions, le fixateur se lixe bien aux hématies, mais 1 ale.xine reste en solution, inutilisée. Mais il suffit de transporter le mélange a 30°, pour ([ne 1 hémolyse se fasse avec une grande rapidité.

De 1 ensemble de toutes leurs expériences si ingénieuses, iMM. Ehrlich et Morgenroth concluent (|ue le fixateur possède deux affinités dilférentes . une pour le globule rouge, et une autre pour le complément. De ces deux affinités, la plus forte est celle qui le combine avec l’hématie, car elle se produit déjà à une température très basse. Pour que le fixateur se combine avec le complément, il faut au contraire faction d une température beaucoup plus élevée. M. Ehrlich arrive à cette conception que la molécule du fixateur possède deux groupements, capables de combinaison chimique, ou deux groupements haptophores. Le premier de ces groupements le réunit avec une molécule correspoiuhante du globule rouge, ([u’il désigne sous le nom de récepteur ; le second groupement combine le fixateur avec la molécule du complément et grâce à cela introduit celui-ci dans le globule rouge. xMM. Ehrlich et Morgenroth, pour faciliter leur conce[)tion, donnent un schéma ([uc nous croyons utile de reproduire ici (fis-. 19). Ils essaient d'établir ([ue les combinaisons du fixaleur avec l'hématie et avec le complément suivent la loi des proportions définies et (pie

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