‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 40 sur 171 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

pu confirmer l’importance de la phagocytose dans la défense de l oiganisme du pigeon contre le charbon. Il a été frappé de la différence entre ces deux espèces d'oiseaux. Chez le pigeon, il lui a été très facile deconslater que, chez les individus qui succoml)ent aucharhon, la réaction phagocytaire est très faible, tandis qu’elle est très innnoncée chez ceux qui résistent définitivement à la bactéridie. M. Ihiltgesa obseï vé également que le sang et le sérum sanguin de pigeon ensemencés m vifro avec du bacille charbonneux, ne manifestent qu'un pouvoir bactéricide insignifiant, eequi l’autoriseencore plus à attribuer unegrande importance à la phagocytose dans l'immunité naturelle du pigeon. 11 est étonnant qu’en présence de ces faits, l’auteur ne se soit pas demandé, si réellement la différence fondamentale dans le mécanisme de la résistance qu’il a cru pouvoir admettre chez deux animaux aussi voisins que le pigeon et la poule, existe dans la nature. Je suppose que ses expériences sur la poule ont été faites avant celles sur le pigeon et que la différence de ses résultats dépend surtout de ce qu’il avait acquis une plus grande habileté en exécutant les dernières.

Après avoir observé que les grenouilles mouraient facilement, lorsqu’il les inoculait avec du bacille charbonneux, adapté à se développer à basse température, M. Dieudonné (/. c.) a essayé de supprimer l’immunité du pigeon à l’aide de bactéridies, adaptées à une température élevée. Mais l’inoculation d’une seconde génération du bacdle charbonneux, cultivé à 42°, fut supportée par 5 pigeons sans inconvénient. Meme les bactéridies rendues aptes pendant 16 générations a se développer à cette température, ne furent pas en état de tuer plus de 5 pigeons sur 13 inoculés. Ces tentatives pour expliquer l'immunité par les propriétés des bacilles, plutôt que par celles de l’organisme du pigeon, n’ont donc abouti qu’à un résultat conlraire à la prévision de M. Dieudonné.

Le pigeon nous intéresse encore davantage à cause de son immunité naturelle contre le bacille de la tuberculose humaine. Il résiste à des doses considérables de ce microbe, si virulent pour 1 homme et pour la grande majorité des mammifères et même pour quelques oiseaux (serins, perruches). M. Dembinski (l) a étudié le mécanisme de cette immunité et a pu constater que les bacilles de la tuberculose humaine rencontrent dans l'organisme du pigeon une résistance très grande de la part des phagocytes, notamment des macrophages. Ces

(1) Annales de VInslilut Pasteur, 1899. T, Xlll, p. 426.

IMMUNITÉ naturelle CONTRE LES MICROBES PATHOGÈNES

cellules SC fusionnent autour des amas de bacilles et les emi^risonnent dans de véritables cellules g'éantes, ou macrophages polynucléés

(Fig. 21). Les microphages ne jouent dans cette lutte qu’un rôle effacé, mais la résistance des macrophages est des plus efficaces. Incapables de détruire totalement les bacilles, ces phagocytes exercent sur eux une influence défavorable et les empêchent de pulluler et de manifester leur action nocive. L’importance de la défense par les macrophages ressort encore mieux de la coiiqia raison de ce qui se passe lorsqu’au lieu du bacille de la tuberculose humaine on inocule à des pigeons des bacilles de la tuberculose aviaire. Dans ce dernier cas les microphages saisissent promptement les microhes, mais, im[)uissants contre eux, ils perissenb tandis que les macrophages n’interviennent que

tardivement et en faihle proportion. Il en résulte que eliez le rdwoii te bacille aviaire se généralise clans l’organisme et provoque la tuberculose mortelle.

II faut donc bien admettre que l'immunité du pigeon contre le l)acille de la tuberculose humaine est l’œuvre de la défense par les macrophages. Cette conclusion est corroborée par le fait que chez la

poule-- égalernentréfractairevis-à-visdumêinemicrobe--onobsenœ

aussi une très forte réaction macrophagiipie.

M. Aocard (1) qui depuis plusieurs années poursuit ses études suies relations entre les bacilles tuberculeux humain et aviaire, a en idee d adapter le premier à l’organisme de la poule. Dans ce but, il

(l) Anji.Inst. Pasteur, 1898. T. Xll, p. o61.

Éig. 21

■ Réaction des phagocytes du pigeon contre les bacilles de la tuberculose humaine.

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