‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 43 sur 171 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

subissent la digestion definitive. L’organisme se débarrasse alors de ses

ennemis et résiste victorieusement à l’inlection. .les

Le charbon des rats nous présente donc rec lement un - ^

plus instructifs de l'bnnumité naturelle. Seule, nent. lée du mécanisme de cette résistance nous prouve cl le grand rôle des phagocytes dans ce phenomene. Sous ^PP° l'organisme du rat présente, d’une façon generale, une gi< logre avec l'immunité naturelle du ch.en, des o.seaux ®

représentants de la série animale , pie nous avons ^

conditions, il est inutile d’insister longuement sur d I

de la résistance contre le cbarimn qui, du reste, ^c lilUies

COUP plus souvent à rim, nullité naturelle vis-a vis des bacttudies

atténuées que du vrai virus charbonneux. Les lapins et les cobayes si ! nllbfeà ce dernier, résistent souvent très bien à rinoculation des vaccins pasteuriens. Le lapin est, en général, relractaire au pieiiuer vaccin charbonneux ; souvent il résiste même au deiixienie vaccin. Le cobaye, plus sensible, ne manifeste d'immunité naturelle que contie ^ nana tons ces cas le mécanisme est le meme que

le premier vaccin. Dans tous ces cas, T l.ncté-

celui que le rat et le chien opposent au charbon virulent. Les bacte dLs éjectées dans n’importe quel endroit du corps provoqiien une iiifiammation exsudative qui amène une quantité de leucocytes au point menacé. Ces cellules remplissent facilement leur fonction Dha-ocytaire et débarrassent l’organisme des microbes intiodu .. Poiu bien saisir le rôle de cette réaction, il est utile d’injecter sous a peau d’une oreille de lapin un peu de vaccin charbonneux, et sous . Teau de l’autre oreille la même quantité de bactéridies virulen es. U d lKreime entre la réaction dans les deux cas est saisissan e. L oreil e Tp flcvACcin devient bientôt siège d’une inflammation ciicoii rit: :: ex^ult purulent, dont les leucocytes ont dévoré tous

les bacilles L’autre oreille, au contraire, ne présente, autoui du ^

1 e i^^ qu’un exsudât séreux ou sansiiinolent. ne renferman pa ou p,-ésqîie pas de leucocytes; les bactéridies se trouvent a l état lil„.è daiis ce liquide et se reproduisent sans être aucunenieiit geiiees Ne rencontrant pas d'opposition, le virus se

nisme et amène la morl par septicémie charbonneuse. Le ;

auxquels on n’introduit que des vaccins cliarbonneiix vasiL des bacilles une barrière leucocytaire qui i

L'immunité naturelle des moutons, des lapins et des cobayes est < une immunité phagocytaire, seulement elle n est capable de e.

IMMUNITÉ NATURELLE CONTRE LES MICROBES PATHOGENES

que contre les bacilles préalablement atténués dans leur virulence. Les recherches de Mme Metchnikotl‘(l)sur la réactiondesphagocytesde ces animaux vis-à-vis des bacilles des deux vaccins charbonneux pasteuriens ont démontré l’importance de la destruction de ces microbes parles leucocytes. Du reste, tous les autres exemptes d immunité naturelle contre le charbon sont aussi relatifs. La poule qui résiste si bien au virus charlmnneux, assez fort pour tuer un bœuf ou un cheval, succombe à une race de charbon particulière, élevée par M Levin (2). Le chien, comme nous l’avons vu, malgré son immunité naturelle au charbon si prononcée, est tué par le bacille charbonneux particulier préparé par M. Maidel.

Dans cette immunité contre le charbon, nous avons atlàirc à une bactérie, capable de vivre et de se reproduire dans des milieux extrêmement variés. Voilà pourquoi, nous dira-t-on, l’influence bactéricide des humeurs est si peu prononcée dans ce cas. Pour la mettre en relief, il faudrait donc choisir un exemple de microbes moins capables de s’adapter à la conn)osition chimique des milieux de culture. D’après ce raisonnement, nous ne pouvons pas faire un meilleur choix qu’en prenant des spirilles pathogènes, de nature extrêmement délicate, et en analysant le mécanisme de l’immunité naturelle de certaines espèces animales vis-à-vis d’eux. Seulement, il ne faut pas oublier que nous nous adressons à des représentants d’une infime minorité de microbes pathogènes, la plupart d’entre eux se rattachant à la bactéridie charbonneuse par la facilité avec laquelle ils se laissent cultiver dans toutes sortes de milieux nutritifs.

Le spirille de la lièvre récurrente de l’homme [Spirochaete Obernieyeri) est le premier microbe pathogène, trouvé dans une maladie infectieuse purement humaine. Découvert il y a déjà un tiers de siècle, il a passé par les mains des bactériologistes les plus habiles, qui ont essayé toutes les méthodes possibles pour le cultiver en dehors de l’organisme, àl. H. Koch lui-même a tenté de résoudre ce problème, mais, malgré son habileté incomparable, il n’a pu réussir. Plus tard M. Sacharotf (3), à Titlis, a découvert un spirille très semblable, en apparence, qui produit sur les oies une septicémie mortelle. Il a essayé aussi de le cultiver, mais en vain. Ses successeurs n’ont pas été plus heureux sous ce rapport. Voilà donc deux microbes,

(1) Annales de l'Institut Pasteur, 1891. T. V, p. Uo.

(2) Om Mjülthrand hos lions. Slockliolm, 1897.

(3) Armales de l'Institut Pasteur, 1891. T. V, p. 564.

ghapitrl: VI

contre lesquels l’immunité naturelle doit être chose facile et peut s’accomplir d’une façon tout autre que vis-à-vis du charbon. Aussi

Fis- 26. — Leucocyte de

cobaye en train d’englober deux spirilles.

Fig. 27 — Le même leucocyte une demi-heure plus tard.

Fig. 28. — Le môme leucocyte dix minutes plus tard.

il n’est rien d’aussi fréquent cjue des exemples d’immunité naturelle très stable contre les spirilles d’Obermeyer et de SacbarofF.

Fig. 29. — Leucocyte de cobaye en train d’englober un spirille très mobile.

Fig. 30. — Le môme leucocyte, pris 40 minutes plus tard.

Fig. 31. — Le même leucocyte, pris une demi-heure après la fig. 30.

Nous avons voulu nous rendre compte du mécanisme paç lequel le cobaye résiste aux injections du spirille de la septicémie des oies

IMMUNITE NATURELLE CONTRE LES MICROBES PATHOGENES

[Spirochaete anserina). Nous avons donc fait des injections de sang d’oie, renfermant une quantité de ces microbes, dans le péritoine de cobayes. Cette injection, comme d'habitude, provoque la disparition de la plupaid des leucocytes, à la suite d’une pliagolyse très prononcée. Nous savons déjà que, dans ces conditions, les leucocytes avai'iés laissent échapi)er une certaine quantité de cytase bactéricide. Eh bien, malgré cela, les spirilles se conservent intacts et manifestent des mouvements très vifs dans l’exsudât péritonéal. Celui-ci, a[)rès une période de pliagolyse, qui dure deux ou trois heures, commence à se repeupler de leucocytes qui arrivent en nombre croissant de plus en plus, ce qui n empêche pas les s[)irilles de se mouvoir avec une grande rapidité. Même sept heures après riujection de sang d’oie, au milieu d’une (piaiitité de leucocytes nouvellemeiit arrivés, dont quchjuesuns renferment déjà des hématies d’oie, ou trouve encore beaucoup de spirilles très mobiles. Et ce n’est ([ueplus tard que commence l'eiiglobement de ces microbes par les leucocytes ([ui finissent par les détériorer et les détruire définitivement Cet acte do phagocytose peut être très bien observé dans des gouttes pendantes, préparées avec l’exsudât péritonéal de cobayes inoculés. L’attention de l’observateur est attirée par certains leucocytes macrophages (jui poussent un ou deux prolongements protoplasmiques d’aspect conique (tig. 2G-28), Ces pseudopodes se fixent à des spirilles qui manifestent des mouvements très violents^ comme s ils voulaient se débarrasser de l’étreinte du leucocyte. Quelquefois le spirille réussit à s’échapper, mais le plus souvent il est entoure par le protoplasma et s cnloncc de plus en jilus dans le contenu leucocytaire. Même, englobé presque totalement, la partie libre du spirille continue encore à se mouvoir (fig. 29-31). Ces mouvements ne cessent qu’après renglobement total du spirille. Une fois dans l’intérieur du phagocyte, le spirille est digéré et devient méconnaissable en très peu de temps.

Uéeemment, M. Sawtchenko (I) a profité d’une épidémie de fièvre récurrente à Kazanpour faire des recherches analogues sur rimmiinité naturelle du cobaye vis-à-vis du spirille d’Obermeyer. lia observé que ces microbes, injectés dans le péritoine, y restent parfaitement vivants 2i et môme 30 heures, tandis (pie ces mêmes spirilles, conservés à 37“ en dehors de Corganisme, dans leur milieu naturel, meurent déjà au bout de quelques (4-7) heures. L’injection de

y ) Archives russes de pathologie, 1900. T. IX, p. 578; et Sawtchenko et Melkidi, Annales de l'Institut Pasteur, 1901. T. XV, p. 302.

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