‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 50 sur 171 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

a fait de nonibreuses recherches de coloration des niicrohes pai une ► solution aqueuse failde (l ”/o) de cette sul)stance. Il a constaté que \ les inicrohes libres restent vivants dans cette solution, sans [iiendie trace de coloration. Au contraire, les mômes microbes, englobés par les phagocytes, se colorent dans leur intérieur en rouge brunâtre plus ou moins prononcé. Le plus grand nombre de ces microbes colorés ne ; manifestent plus aucun signe de vitalité ; mais, [)armi les bactéries » intracellulaires, il y en a quelques-unes qui, malgré une coloration très marquée, sont sûrement vivantes. M. Plato insiste sur cette conclusion que pour que les microbes englobés restent colorés, il est indispensable que les phagocytes soient vivants, car, bientôt après la mort de ces cellules, survient la décoloration des microbes et des granules intracellulaires. Lorsque 1 on ajoute du rouge neutie à un

exsudât, dans lequel les leucocytes sont morts, la coloration des microbes englobés — morts ou vivants — ne se pro- j >' duit pas. J’ai pu moi-môme vérifier y

rexactitiide de ces faits et M. llimmel (1 ) ; qui a exécuté à ce sujet un travail dé*,^ taillé dans mon laboratoire, les a coii-v firmés pour un grand nombre d exem- ; pies. Dans les troisième et quatrième^* chapitres de cet ouvrage, j ai déjà ap-* porté des arguments en faveur de l’opi-^ nion que la coloration des éléments| englobés indique une réaction faible-, ment acide dans rintérieur des pliago-> cytes. Tantôt cette réaction se manifeste; ]

dans des vacuoles digestives ; dans

Fig.

d’autres cas, elle ne s’accuse que sur des microbes, directement logés dans le protoplasma (tig. 38). Lorsque le phagocyte reste vivant, le suc acidulé qui remplit les vacuoles ou imbibe les microbes englobés, ne se mêle pas avec le protoplasma, toujours alcalin Mais bientôt après la mort des phagocytes, ce inclanse se fait sans difficulté et alors l alcalinité du protoplasuia

, Macrophage péritonéal de cobaye ayant englobé du colibacille.

Coloration vitale [lar le

rouge neutre.

(1) A?inales de Vlnstitut Pasteur, 1901. ï. XV.

LE MECANISME UE L’IMMLNITE NATURELLE CONTRE LES MICRORES 193

suffit largement pour neutraliser et môme alcaliniser les sucs faiblement acides. Cette interprétation des faits se trouve en complète harmonie avec toutes les données, réunies juscju’à présent, sur la coloration par le rouge neuti-e des microbes phagocytés.

loutes les bactéries englobées ne se colorent cependant pas de la façon que nous avons indiquée. Les bacilles tuberculeux, même dans des cas d’immunité naturelle, restent incolores dans l’intérieur des phagocytes ou bien ne prennent qu’une teinte très légère, jaunepaille. M, llimmel a fait cette observation sur des bacilles de la tuberculose aviaire, englobés par les leucocytes péritonéaux de cobaye, espèce résistante à ce microbe. On pourrait croire que la membrane si résistante des bacilles tuberculeux, avec sa couche cireuse, empêche la pénétration du suc acide leucocytaire. Mais plusieurs bacilles qui résistent à la décoloration par les acides, tout comme les bacilles tuberculeux, notamment les bacilles de Mœller et leurs congénères, se colorent en rouge vif par le rouge neutre, dès qu’ils sont englobés par les phagocytes. Il est donc })lns probable que, dans le cas de vrais bacilles tuberculeux, la réaction dans CCS cellules n’est plus acide, mais plutôt alcaline. Cette conclusion se confirme par l’exemple des cellules géantes de la gerbille {Meriojtes Shawii), cette espèce de rongeur qui manifeste une grande résistance naturelle vis-à-vis du bacille de la tuberculose humaine (Ij. Les bacilles, englobés par ces phagocytes, sécrètent des membranes concentri(pies multiples qui s’imprègnent de phosphate de chaux (fig. o). Le processus amène la mort des bacilles, dont il ne reste plus que les membranes calcifiées. La précipitation de sel calcaire autour des membranes bacillaires indique déjà la réaction alcaline du milieu. L’emploi de certaines matières colorantes confirme pleinement cette conclusion. Ainsi, avec l’alizarinc sulfoconjuguéc, les cellules géantes se colorent en violet foncé, ce qui précisément fournit la preuve d’une réaction alcaline très nette.

Xous arrivons donc à cette conclusion générale que la digêstioii phagocytaire se fait le plus souvent dans un milieu faiblement acide, mais peut s’accomplir aussi dans un milieu alcalin. 11 n’est pas possible, dans l’état actuel de nos connaissances, de préciser la nature de l’acide, sécrété par les phagocytes. M. A. Kossel (2) a exprimé la supposition que la digestion intracellulaire des microbes se fait par

(1) Leçons sur la patholofjie comparée de l'Inflammation, p. 193.

(2) Archir far Plnjsioloyie, 1893, p. 161.

Page 1