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CHAPITRE VII

l’acide nucléique, scccctc par le noyau cellulaire et accumulé dans les vacuoles du contenu des phagocytes. M. 11. Kossel a apporté en faveur de cette supposition le fait que 1 acide nucléicjue est nettement bactéricide et tue certains microbes pathogènes, en donnant un précipité, composé d’albumine et d’acide nucléique. Plus tard, M. A. KossJl a signalé la présence dans les éléments figurés de substances albuminoïdes de réaction alcaline qui détruisent également les Imctéries. Ainsi il a isolé du sperme d’esturgeon une prolamine, « stourine », qui, meme en solutions très lailjles, maiiiteste un fort poin oii bactéricide vis-à-vis du bacille typhique, du staphylocoque, etc. Il est possible que ces substances jouent un rôle dans la digestion intracellulaire. Mais d’un autre côté, on doit considérer comme bien établi qu il existe dans les phagocytes un ferment soluble (]ui tue et digère les microbes. Nous avons déjà vu, à propos de la résorption des cellules animales, que l’alexine, ou cytase, est le ferment qui y joue le rôle digestif principal. Nous devons nous demander si la meme substance

agit és’alement sur les microbes

Depuis déjà plus de quinze ans, on poursuit les éludes sur le pouvoir bactéricide du sang et d’autres liquides tirés de l’organisme. Après des résultats peu précis de Traube et Gscheidlen (1), bodor (2) a signalé la propriété du sang détibiâné de lapin de détruire les bactéridies qu’on y ensemence. Sous l inspiration de M. Hiigge (3), son élève M. Nuttall (4) a exécuté toute une série d’expériences sur cette propriété bactéricide du sang défibriné, de l’humeur aqueuse et de quelques autres liquides. Après avoir contirmé le résultat général de Fodor, M. Nuttall est allé plus loin et a établi que le pouvoir bactéricide des humeurs est dii à une substance de nature indéterminée qui est détruite après le chautfage à 55®, prolongé pendant une heure. Cette découverte a été confirmée par un très grand nombre d’observateurs et est devenue bientôt une vérité définitive.

Déjà M. Flügge avait cru pouvoir baser une théorie de rimmunité sur la présence de la substance bactéricide des humeurs. M. Bouchard (5) et son école ont adopté et développé la même opinion, se rapportant surtout à dos recherches sur le pouvoir microbicide du

(1) Jahresbevichte dev Schles. Gesellsch. /. ]aterl. Cultur^ iSl-i.

(2) Deutsche medicin. Wochenschr., 1886, [). 6t7 ; 1887, p. 7io.

(3) Zeitschrift far llijgiene, 1888. T. IV, p. 208.

(4) Ibid., p. 353.

(5) Les microbes pathogènes. Paris, 1892.

LE MÉCANISME DE L’IMMUNITÉ NATURELLE CONTRE LES MICROBES UJ5

sérum sunguiiî. M. Jl. Huchner (Ij s’est mniiifesté bientôt comme le partisan principal do cette théorie (|u’ila enrichie d’un grand nombre de lechciclies, exécidées par lui-mémc et par les collaJjoraleurs nombreux de son école de Munich. C’est à lui (ju’on doit le nom d'alexine (substance protectrice), proposé pour désigner la substance bactéricide du sérum sanguin et d’autres humeurs de l’organisme, capables de tuer les microbes. M. JUichner a déterminé les conditions dans lesquelles l’alexine agit le mieux comme poison bactérien et a développé la théorie humorale de rimmunité naturelle, d’après hujuelle celle-ci se léduisait a lajiropriété bactéricide des humeurs.

(.omme les postulats de cette théorie se trouvaient souvent en désaccord avec les laits réels, ainsi ijiie M. Lubarsch(2) surtout l’a déinontrédans beaucoup de ses travaux, nous (d) avons émis la supposition (pi’au moins une partie du pouvoir bactéricide pouvait provenir des subslances, sorties des leucocytes lors de la préparation du sang défibriné et du sérum sanguin. Celte hypothèse est restée [lendaiU plusieuis années inaperçue, mais [)lus lard plusieurs observateurs sont arrivés indépendamment les uns des autres à la conclusion que l’alexine n’est autre chose qu’un produit leucocytaire. M.M. Denys et llavet(-i) ont constaté les premiers que les exsudais, riches en globules lilancs, manifestent un pouvoii* bactéricide supérieur a celui des sérums sanguins correspondants. Bientôt après, M. II. Buchner (o) ht la môme conslatalion, en comparant le pouvoir bactéricide des exsudats riches en leucocytes et du sérum sanguin des mômes animaux. Comme cette proiiriété disparaissait dans les deux liquides après chauffage à 55“, M. Buchner en conclut (jue la substance bactéricide des exsuda ts est identi(]ue à l’alexine du sérum sanguin. l*lusieurs autres observateurs, parmi lesquels nous citerons MM. Bail, Schattenfroh, .lacob, Lowit, obtinrent des résultats plus ou moins analogues, quoique dus à des méthodes dillérenles, de sorte qu’on a pu croire pendant (pielque temps que l’origine leucocytaire des alexines était un fait accepté de tout le monde. VA ceci d’autant plus que

i]) -^rc/nv fü,^ LS!)0. T. X ; Centralh/aft fur I!ak(enologie, 1889.

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