V, p. 81, et VI, pp. 1. m\ ; 1890. T. VIII. p
(”2) Cxntralhlatl fur liakteriologie, 1889. T. VI, p. 481 ; Zeitschrift fur klimsche Medicin., 1891. T. XVIII, Xl\. '
(0) Annale^ de l’Institut Pasteur, 1889. T. 111, i). 670.
(1) La Cellule, 1897. T. X, p. I.
{•"h Minichener medic. Wochenschr . , 1897, p. 717.
CIlAriTRE Yli
M. J. liordct (1), clans un travail exécuté clans notre laboratoire, arriva au môme résultatà la suite cl expériences variées ettrès démonstratives.
Et cependant plusieurs voix autorisées s’élevèrent contre cette manière de voir. C’est surtout l’école de M. R. Pfeiffer cjui s’est prononcée contre l’origine leucocytaire de la substance bactéricide du sérum sanguin. MM. Pfeitfer et Marx (2) et Moxter (3) insistèrent sur ce fait cjue les licjuicles des exsudais, riches en leucocytes, sont souvent beaucoup moins liactéricicles (|ue le sérum du sang des mêmes animaux.
Depuis nombre d’années, frappé de la différence considérable entre la fonction phagocytaire des macrophages et celle des microphages, j’ai supposé cjue les résultats contradictoires des observateurs cités pouvaient s’expliquer par la diftérence de nature des leucocy tes des divers exsudats et du sang qui servait pour la préparation des sérums. J’ai prié M. Gengou de fixer son attention sur ce point important et de comparer le pouvoir bactéricide des exsudats, riches en microphages, avec celui d’autres, renfermant beaucoup de maciophages, et aussi avec du sérum sanguin des mêmes animaux. M. Gengou (4) a exécuté ses expériences avec une précision et un soin remarquables et comme je les ai suivies de très près, je suis en état d’en certifier la parfaite exactitude.
Pour obtenir des exsudats très riches en microphages, M. Gengou injectait dans la plèvre de chiens et de lapins de la gluten-caséine, d’après la méthode de M. Buchner. Généralement 24 heures après, d pouvait recueillir une grande quantité de liquide avec une masse de leucocytes, presque exclusivement microphages. Pour avoir des exsudats macrophagiques, M. Gengou injectait dans la cavité pleurale de ses animaux des globules rouges lavés de cobaye ; deux jours après, d retirait de la plèvre un liquide très visqueux, ne renfermant, en fait d’éléments figurés, que des macrophages. Après l’isolement des leucocytes par la centrifugation des exsudats, M. Gengou lavait les cellules avec de l’eau physiologique et leur ajoutait ensuite un volume égal de bouillon. Ce mélange subissait la congélation, d’après la méthode de M. Buchner, après quoi on le soumettait à la température de 37". Dans
(1) Annales de L’Institut Pasteur, t89o. T. IX, p.^462.
(2) Zeitsvhrift fur Hi/f/iene, 1898. T. XXYll, |». 272.
(8) Deutsche medicin. 1899. n« 42.
(4) Annales de l'Institut Pasteur, )90t.T. XV,p.68.
LE MECANISME DE L'IMMUNITE NATUliELLE CONTHE LES xMICROBES 197
ces conditions, les leucocytes, tués par le froid, abandonnaient au liquide leur substance bactéricide.
btudié de cette façon, le pouvoir bactéricide de l'extrait des micropliages s est montré toujours supérieur à celui du sérum sang’uin corlespondant. La plus g'rande dillérencc a été obtenue chez le chien, ou, comme nous l avons déjà mentionné dans le chapitre jirécédent, le sérum du sang est dépourvu de propriété bactéricide vis-à-vis de la bactéiidie, tandis (pie 1 extrait des microphages la manifeste d’une façon considérable. L’extrait microphagique des exsudats de lapins s est montré plus actif que le sérum sanguin dans la destruction des bacilles charbonneux, typhicjue^ coli et du vibrion choléricjue.
Le résultat de toutes ces expériences ne peut être mis en doute. Les microphages, recueillis dans les exsudats aseptiques du chien et du lapin, contiennent plus de substance bactéricide que le sérum sanguin des mêmes animaux. 11 n’est pas douteux non plus que cette substance bactéricide soit la meme dans les microphages et dans le sérum sanguin : clans les deux cas, elle est détruite par le chautrage à oo» et, sous tous les autres rapports, elle se comporte de même façon.
Les expériences de M. Gengou avec les extraits de macrophages ont démontré au contraire que ce liquide n'exerce aucun pouvoir bactéiicide. Disons de suite cpie ce fait ne peut nullement prouver l’absence du ferment bactéricide dans les macrophages. L’examen direct des phénomènes qui se jiassent dans l’intérieur de ces cellules démontre de la façon la plus évidente que les macrophages tuent et digèrent les microhes. Seulement, ce processus se fait généralement beaucoup plus lentement que dans les microphages, ce qui tient probablement a la (juantité plus faible de substance bactéricide dans les macrophages. Dans ces conditions, on comprend aisément que cette substance ne passe pas du tout ou ne passe que très faiblement dans les extraits. Il n’y a rien d’étonnant à ce que, avec une méthode de préparation des extraits aussi imparfaite, la plus grande partie de la substance bactéricide reste définitivement dans les corps des cellules.
Les faits que nous venons d’exposer expliquent suffisamment la grande ditlerence entre les résultats obtenus par les divers observateurs au sujet du pouvoir bactcrieicle des exsudats. Lorsque eeux-ci sont riches en microphages, la propriété bactéricide est très forte ; lorsqu’au contraire les exsudats renferment une grande quantité de
macrophages, le pouvoir bactéricide peut être très faible ou même md.