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CHAPITRE VII

Depuis scs premières recherches sur la propriété du sérum sanguin normal de dissoudre les glol)ules rouges d’espèce étrangère, M. Buchner (1) s’est prononcé sur l’identité de la sul)stance hémolytique et de la substance l^actéricide d’un meme sérum. Dans les deux cas, il s’agit pour lui d’une seule et meme substance de nature albuminoïde, de la même a alexine ». Dans ses travaux postérieurs, M. Buchner a essayé de confirmer et de développer cette thèse. M. Bordet (2) a. à plusieurs reprises, fourni des arguments en faveur de la même opinion, contre laquelle se sont prononcés MM. Khrlich et Morgenroth (3). D'après ces observateurs, un seul sérum peut renfermer plusieurs alexines, ou « conq)léments », selon leur nomenclature. Un même sérum peut renfermer même deux compléments, dont l’un est détruit par le chaullagc à 55°, tandis que l’autre résiste à cette température et est beaucoup plus stable à la chaleur. Dans un de leurs derniers mémoires, MM, Ehrlich et Morgenroth insistent surtout sur la valeur d’une expérience, qui leur a permis, à l’aide de filtration, de séparer les deux compléments du sérum normal de chèvre, dont l’im s'attaque aux globules rouges de cobaye et l’autre à ceux de lapin.

M. Max Neisser (4) a adopté ces idées sur la pluralité des alexines. Conformément à l’opinion de MM. Ehrlich et Morgenroth, un même sérum peut posséder plusieurs compléments pour attaquer les hématies de diverses espèces et d’autres compléments pour les microbes. En faveur de sa thèse, M. Neisser résume ses expériences sur l’absorption des compléments qui lui semblent prouver la pluralité des alexines. En centrifugeant le sérum sanguin de lapin, auquel il avait ajouté préalablement une certaine quantité de bacilles charbonneux, il a obtenu un liquide qui ne détruisait plus ce microbe, mais qui dissolvait comme auparavant les globules rouges de chèvre et de mouton. Il y aurait donc, d’après M. Neisser, dans le sérum normal de lapin au moins deux compléments différents : un pour les bacilles, un autre pour les hématies.

Dans le but d'expliquer la contradiction entre ces résultats et ceux de ses expériences antérieures, M. Bordet (5) a entrepris une nouvelle

(1) Verhandliingen des Congresses fur innere Medicin. Wiesbaden^ 1892, p. 273.

(2) Annales de l'Jnstilut Pasteur, 1900. T. XIV, p. 2o7 ; 1901. 1. XV, p. 312.

(3) Berliner klin. Wochenschr., 1900, nos { cl 31.

(4) Deutsche medic, Wochenschr.., 1900, n® 49.

(3) Annales de l'Institut Pasteur, 1901. T. XV, p. 303.

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