‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 79 sur 171 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le sérum spécifique ne touche pas à ces infusoires, sauf une faible agglutination. Les Trypanosomes, mis en contact avec lui, conservent toute leur vitalité et toute leur mobilité. C’est pour cela que Mme Rabinowitcb ctM. Ivempner ont émis l’bypotbèse que l’action préventive du sérum devait dépendre de son pouvoir antitoxique. Mais, comme dans rinfection des rats par le Trypanosome, le coté toxique est très faible, sinon nul, il est très difficile de s’associer à cette supposition. Il est beaucoup plus probable que le sérum agit dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, en stimulant la réaction phagocytaire. La rapidité de fengloliement des Trypanosomes vivants par les phagocytes a été constatée par MM. Laveran et Mesnil.

Ln parcourant Tensemble des faits sur l’immunité, produite sous l’intluence des sérums antiinfectieux, ou préventifs, on s’assure facilement qu’ils rentrent dans deux catégories principales. D'un C(Mé, il y a action directe de ces sérums sur les microbes, action soit microbicide proprement dite, soit agglutinative ou fixatrice. D’un autre côté, il se produit une stimulation de la défense phagocytaire qui aboutit à la destruction définitive des microbes. Ce dernier facteur est tout à fait général ; même dans le cas où l’action directe est la plus marquée (vibrions dans le péritoine pbagolysé), son importance est considérable. Peu nombreux sont les microbes qui peuvent être gravement endommagés par faction directe du sérum spécifique. Le plus souvent, cette action n’est que très faible et a besoin, pour être complétée, d’un concours efficace de la part des phagocytes. Sous ce rapport, les microbes présentent toute une gamme qui débute par le vibrion cholérique, le microbe le plus sensible à l’action des humeurs, et se termine par le Trypanosome du rat, infusoire flagellé qui ne peut même pas être atteint dans sa mobilité par faction directe des parties liquides. Il est bien entendu que, dans tous les cas, l’immunité, conférée par les sérums, est due à la destruction définitive des microbes qui se réduit toujours au même acte fondamental : la digestion par les cytases. Seulement ce phénomène peut se produire très vite par faction des cytases, renfermées dans les sérums préventifs ou échappées des phagocytes pendant la phagolyse. Mais aussi, et c’est le cas le plus fréquent, la digestion cytasiquc peut ne s’etfectiier qu’après toute une série de phénomènes vitaux de la part des éléments défensifs de l’organisme. Comme ce facteur joue un rôle si important, on conçoit facilement qu’il n’est point possible d’accepter le nom d’immunité passive pour désigner celle qui est conférée par les

IMMUNITÉ lUlMDU UT UASSAGÙRU CONTRU LES MICROBES

sérums spécifiques. L’action des cytases^ nécessaire pour al)outir an résultat définitif dans cette immunité, dépend trop de l’activité des ccllnles (pii renferment le ferment bactéricide. Voilà pourquoi, lorsque les phagocytes sont empêchés on retardés dans leur fonctionnement, 1 organisme succombe dans la lutte, malgré la présence dans son sein d'une cpiantité plus que suffisante de cytases. Sous ce rapport, il faut considérer comme très juste l’idée exprimée par M. A\ assermann (t ) d’ajouter aux sérums spécifiques des sérums neufs, riches en cytases. Lu injectant des sérums préventifs, pauvres en cytases ou les ayant perdues à la suite du chauffage, de l’emploi des antisepticpies ou simplement sous rinfluence du temps, on peut ne pas obtenir d’effet immunisant précisément à cause de l'inactivité des phagocytes, détenteurs de cytases. Si on injectait en même temps du sérum neuf, riche en cytases toutes préparées, on pourrait, dans des cas semblables, arriver à un meilleur résultat. Nous pouvons rappeler ici, comme exemple analogue, le charbon des rats. Possédant une grande cjiiantité de cytase, très efficace contre la bactéridie, l’organisme des rats ne sait pas s’en servir, car les j)hagocytes qui la détiennent ne manifestent pas une activité suffisante. Mais il suffit d’injecter à un rat du sérum sanguin de même espèce renfermant une certaine quantité de cytase, échappée pendant la formation du caillot, pour préserver l’animal du charhon mortel.

l*our appuyer son idée, juste en principe, M. Wassermann a exécuté une expérience, dont l'interprétation présente certaines difficultés. Il injecte à des cobayes du sérum antityphique préventif, en dose insuffisante pour les protéger contre rinfection mortelle. Lu introduisant en même tem])s une certaine quantité de sérum de bœuf normal qui, par lui-même, est aussi incapable d’empêcher la mort, M. Wassermann obtient une immunité certaine de ses animaux. Lelle-ci est due, d’après l’opinion de ce savant, à la cytase du sérum de bœuf qui s ajoute au fixateur du sérum spécifique. Tous deux réunis, ces ferments déterminent la mort des microbes. M. Besredka (2) a remarqué avec raison que le sérum sanguin de bœuf normal, en dehors des cvtascs, renferme encore une substance qui agglutine très fortement le coccobacille typhique et une autre <pii stimule l'aclioii phagocvtairc. Comme ces deux dernières substances résistent à la tempérafm*e de 5ô®-60N Besredka pense (ju’on peut obtenir avec du sérum de

(I) heutsche medida. Wochenschr , J 900, n» 18, p. 285.

l2) Annales de l’Institut Pasteur, 1901. T. XV, p. 224.

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