‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 80 sur 171 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

bœuf normal, dépouillé de ses cytascs par ces tempéralures, le meme elfet préventif (pi’avec le même sérum non cliaulfé.

Dans une autre série d’expériences, j\I. Wassermann (1 ) reconiiait lui-méme l’action immunisante du sérum normal, chaulle à 60° et par conséquent totalement pri\é des cytases. Il injecte dans le péritoine de cobayes une dose j)lusieurs fois mortelle de coccobacilles typliiques, mélangés avec du sérum chauffé de lapin normal. Les cobayes résistent très bien à l’inoculation. En analysant le mécanisme de cette immunité, M. Desredka (/. c. p. 229] l’attribue à Faction combinée de l’agglutinine et de la substance qui stimule les j)liagocy tes. Cet exemple nous montre encore une fois que les stimulines qui jouent un si grand rôle dans l’immunité, conférée par les sérums, se trouvent non seulement dans les sérums spécifiques, mais aussi dans les sérums normaux, chauffés à55®-(j(F ou non chauffés.

Nous avons déjà parlé de la propriété préventive des sérums normaux de l’homme et des animaux vis-à-vis du vibrion cholérique. Il nous reste maintenant à pénétrer un peu dans la profondeur du mécanisme par lequel agissent ces sérums. Cette tâche est facile grâce à un important travail de M. lssaëff(2), exécuté dans le laboratoire de M. K. Pfeiffer. Après avoir confirmé l’observation, faite par plusieurs autres chercheurs, que le sérum sanguin de l’homme sain ou atteint d’une maladie quelconque est capalde de protéger le cobaye contre le vibrion cholérique à condition que le sérum soit injecté 24 heures avant les microbes, M. Issaëff a étudié les phénomènes qui se passent dans la cavité péritonéale de ses animaux. A l’aide de petits tubes effilés, il prélevait de temps en temps un peu de liquide du péritoine et l’observait en goutte pendante ou sur des préparations colorées. Quelque temps après l’injection, ce liquide devenait de plus en plus riche en leucocytes qui saisissaient les vibrions et les détruisaient dans leur intérieur. Pour obtenir cet elfet préventif, il faut injecter une (juantité de 0,1 à 5 c. c. de sérum sanguin humain. Avec ees doses, on peut empêcher non seulement l’infection des cobayes par le vibrion cholérique, mais aussi la maladie mortelle, [)rovoquée par d’autres vilirions. L’action préventive du sérum humain normal est donc générale et non pas spécifique, comme l’immunité, conférée par les sérums des animaux vaccinés ou de l’homme, ayant subi une attaque de choléra.

{i) Deutsche med. Wochenschr., 19ül,ii®l,p. 4.

(2j Zeitschrift für IDjgieiie, 1894. T. XVI, j). 287,

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