‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 82 sur 171 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

directement dans la cavité péritonéale, après quoi les animaux acquièrent une immunité contre les doses sûrement mortelles de vibrions cholériques. M. Fimck a vérifié le même fait pour rinfection par le coccobacille typhique et M. Bordet l'a confirmé par rapport au streptoco(]Lie. L’injection de bouillon peptonisé dans le péritoine de cobaye neuf, faite la veille de l’inoculation de la double dose mortelle du streptocoque, exerce une action préventive et empêche l’animal de mourir d’infection. Ce bouillon n’est ni bactéricide, ni atténuant, ni agg'lutinatif ; il est un bon milieu de culture pour le streptocoque et ne possède aucun pouvoir fixateur. Il n'agit donc pas directement sur la vitalité ou la vii ulence du microbe et pourtant il est nettement préventif.

D’après les recherches de M. Issaëff, les substances préventives par lui employées, doivent être rangées de la façon suivante dans leur action contre le vibrion cholérique. Nous les disposons dans l’ordre décroissant. La tuberculine est de toutes ces substances la plus efficace ; après viennent la solution de nucléine à 2 0/0, le sérum humain normal, le bouillon, l’urine ; la solution physiologique du chlorure de sodium est la moins active. Tous ces liquides empêchent l’infection vibrionienne et cette protection est efficace pendant quelques jours seulement ; cette action préventive s’exerce vis-à-vis de diverses bactéries et n’a rien de spécifique.

M. Pfeiffer insiste tellement sur la grande différence entre le pouvoir préventif des sérums normaux ainsi que des autres liquides mentionnés, et celui des sérums antiinfectieux spécifiques, qu’il propose même de désigner la première catégorie sous la rubrique de pseudoimmunité ou résistance. Cette opinion est certainement exagérée, car il est très difficile de tracer une limite distincte entre les deux groupes de phénomènes. Il y a des sérums normaux, dont 0,1 c. c. suffit déjà pour obtenir l’effet préventif, comme il y a des sérums spécifiques dont il faut employer une dose beaucoup plus grande pour aboutir

au même résultat.

Les liquides préventifs, autres que les sérums, ne manifestent leur influence qu’en provoquant une grande suractivité phagocytaire. A la suite de leur injection dans le péritoine de cobayes neufs, il se produit d’abord une phagolysc passagère qui est remplacée bientôt par un afflux très considérable de leucocytes. Cet état se maintient pendant 24 heures ou davantage et cède la place à l’état normal. C’est justement pendant la période de la plus forte leucocytose du liquide

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