‹ L'immunité dans les maladies infectieusesChapitre 83 sur 171 · RAPIDE ET PASSAGÈRE CONTRE LES MICROBES · texte numérisé non relu

RAPIDE ET PASSAGÈRE CONTRE LES MICROBES

péritonéal que se manifeste la plus grande résistance de l’animal visd ^is des micio])es infectieux. Les vibrions sont rapidement engloljés par les phagocytes, sans avoir subi préalablement aucune influence humoiale. M. Bordet a fait la même constatation pour le streptocoque inoculé à des cobayes après une injection préventive de bouillon peptonisé.

Nous avons observé le même phénomène chez des cobayes et des rats blancs, inoculés avec le coccobacille de la peste humaine. Traités la veille avec du bouillon peptonisé fraîchement préparé, ces animaux opposent à ce microbe une résistance beaucoup plus prononcée que les témoins. L’injection de coccobacilles pesteux provoque une forte phagocytose de la part des macrophages. Ces cellules englobent des quantités de microbes qui, au bout de quelque temps, pas-

Fig. 42.

Culluro (lu bacille pesteux développée dans l’intérieur d’un macrophage de cobave.

tig. 4.3. — .Macrophage de cobaye, rempli de bacilles de la peste humaine.

Kig. 4t. — Macrophage de cobaye avec des bacilles pesteux fjui commencent à sortir du protoplasma.

Fig. 4.3. — Macrophage de cobaye éclaté, à la suite du développement de bacilles pesteux dans son intérieur.

sent tous clans l’intérieur de ces phagocytes. Lors<pi’on retire 8‘outte de l’exsudât péritonéal à ce moment, on n’y trouve que des

une

coc-

GHAPITRI-] X

cobacilles intracellulaires (fig’ 43). Il suffît de maintenir cette g’outte pendant quelque temps en dehors de l’organisme et à la température convenable, pour voir périr les macrophages et les microbes se développer dans leur contenu. On obtient ainsi des cultures abondantes qui passent de l’intérieur des macrophages dans le liquide de 1 exsudât (fig. 42, 44, lo). Lorsque les animaux ne sont pas sutfisammeiïtprotégés, le même phénomène s’observe dans la cavité péritonéale de 1 animal vivant. I^es macrophages, bouri'és de coccobacilles, éclatent, laissant échapper les microhes. Ceux-ci pullulent dans le liquide péritonéal et se généralisent dans l’organisme (pii ne tarde pas à succomber.

M. Wassermann admet cpie « la résistance, augmentée par des moyens artificiels, n’est autre chose qu un afflux actif et renforcé des compléments (cytases) vers un point de 1 organisme, dans le but de digestion » (Z. /. //y^., 1. XXXVll, p. 199). M. Wasseiinann ne s’explique pas sur la façon dont se produit cet afflux des cytases. Les recherches, tout à fait concordantes sur ce sujet de MM. Issaëff, Funck, bordet et nous-môme, ne laissent pas de doute que cet afflux se fait, non pas par l’intermédiaire des parties liquides, mais uniquement par les phagocytes, porteurs des cytases. U est donc incontestable que dans l’immunité, conférée par 1 eau physiologique, le bouillon et plusieurs autres liquides, il ne s’agit que d’une augmentation de la réaction phagocytaire. Dans rimmunité, conférée par des sérums normaux ou spécifiques, ce même facteur stimulant joue encore le rôle le plus important. Mais, à côté de lui, il y a intervention plus ou moins grande et pinson moins fréquente, selon les cas, des cytases, apportées par les sérums préparés en dehors de l’organisme ou échappées pendant la phagolyse, ainsi que des substances vraiment humorales, comme les fixateurs et les agglutinines.

Parmi les substances non spécifiques, mais capables de couferer une immunité [dus ou moins stable, il faut placer les produits d’autres microbes que ceux contre lesquels on veut protéger l'organisme. Déjà Pasteur (1) avait fait cette observation que lorsque le bacille charbonneux est inoculé à des animaux, en mélange avec d’autres microbes, par eux-mêmes inofifensifs, le charbon ne se développe pas et les animaux restent bien portants. Plus tard, M. Emmerich (2) a constaté que le streptocoque de l'érysipèle exerce nue influence antagoniste vis-à-vis de la bactéridie. Il a réussi à immuniser et même a

(1) C.r. de l'Acad. des Sciences, 1877. T. LXXXV, p. 107.

(2) Archiv fur Hygiene, 1887. T, VI, p. 442.

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