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OBSERVATION II

Abcès Iymphangitique du mollet, Cass…. (Louis), #3 ans. Entré à Fhôpital le 22 juin 1923! Se souvient avoir eu 15 jours auparavant une escorialion minime au niveau du coup-de-pied droit. Deux jours avant son entrée, brusquement, pendant la marche, crampe dans le mollet, la douleur augmente dans l'après-midi et il s'alite (frissons, fièvre, insomuie). Le lendemain, au lravail, réapparilion de ta douleur qui devient très lancinante. À son entrée, grand placard rouge, vineux, diffus, occupant la région du mollet el très douloureux à la pression, Au centre, imduralion large de deux travers de doigts, ganglions inguinaux bilatéraux.

Le 28, pansements avec des compresses imbibées de vaccin filtré antistreptococcique et anüstaphylococcique. Dès le 30 juin, apparition d'une fluctualion nette à la face poslérieure du mollet, ouverture et drainage. On prélève du pus dont l'examen montre qu'il s'agit de streptocoques : pansements quotidiens au vaccin filtré antistreptococcique.

Le malade sort complètement guéri le 16 juillet.

Nous avons déjà dit quels sont les excellents résullals que nous avons obtenus par lintradermovacemation dans certains cas d'acné infectée. Nous avons employé la méthode des pansements vaccinaux dans de nombreux cas de furonculose rebelle: il s'agissait aussi parfois de malades pusillanimes qui relusaient le traitement par piqures. Toujours, nous avons observé une amélioralion notable: lrès souvent nous avons oblenu une immunisation complète, Apres Fapplhcation de la compresse imbibée de vaccin, les phénomènes mflammaloires el douloureux s’'atténuent : très rapidement le

-/'bourbillon se forme et s'élimine, tandis qu'une zone

= opte

d'immunisalion semble s’instalier autour'du pansement vaccinal. Nous avons eu l’occasion de traiter un volumineux anthrax ‘de la nuque qui, après débridement, restait très douloureux et éliminail lentement ses sphacèles. Dès application vaccinale la douleur disparut rapidement, et le bourgeonnement de Ta plaie fut cerlainement très activé.

CE Regaud et S. Muttermilch ont montré tout lintérèt qu'il v a dans le lraitement des néoplasmes à se débarrasser de la flore bactériologique .cancéreuse qui empêche et entrave le bon effel des radialions. Ces radiations semblent d'ailleurs activer la prolifération microbienne, et Je plus souvent, c'est sans aucun succès que lon peut avoir recours aux antiseptiques ou aux stock et auto-vaccins Injectés sous la per. Muttermilch el Lavedan oblinrent d'excellents résultats par Fapplication Tocale d’une culture en bouillon sérum de streptocoques âgée de 48 heures et chauffée pendant une heure à 60°, pour le traitement des cancers du col utérin. Rapidement, le pus devenait plus épais, plus lié, moins fétide: puis la suppuration diminuait et en 8 jours la guérison était assurée, landis que la température tombait en Iysis. Le contrôle cylo-bactériologique de la plaie permettait de voir dès les premiers jours de l'application vaccinale, un afflux intense de leucocytes qui rapidement se bourraient de cocci et quelques jours après, les streplocoques avaient complètement disparu. M°° Bass eut également l’occasion de traiter avec succès, par des filtrats mirobiens, de nombreuses lésions néoplasiques infectées, Nous mêmes, en collaboration

avec M. le Docteur Mallet et grâce à l'obligeance de M. le Professeur Proust qui mit les malades de son service à notre disposition, avons eu l'occasion d'essayer l'efficacité de ces pansements microbiens locaux. Nous avons traité, soit avec des émulsions de microbes morts, soit avec des stock ou auto-filtrats de vieilles cultures en bouillon, de très nombreuses lésions néoplasiques infectées de la face. Ces plaies, recouvertes d’un enduit épais de pus, se détergèrent rapidement tandis que des bourgeons roses et charnus faisaient leur apparition. La <térilisation de ces lésions étant obtenue, on pul continuer avec succès le traitement par les radiations. Il est à noter, que les meilleurs résultats furent toujours obtenus par l'application locale de culture en bouillon âgée de 15 jours et stérilisée par chauffage de 10 minutes à’ 100°:

Nous ne pouvons insister plus longuement sur ces observations qui malgré tout l'intérêt qu'elles peuvent présenter, sont un peu toutes semblables: et nous devons en déduire deux faits principaux

1° Dans certains cas, le staphvlocoque et le streptocoque sont strictement adaptés à la peau :

2° Dans ces cas d'adaptation, la vaccination des cellules réceptives donne des résultats excellents et plus particulièrement l'application directe de pansements constitués par les auto-filtrats microbiens. Nous revlendrons d’ailleurs sur ce dernier point.

Dans ces cas de vaccination cutanée, l'Immunité semble s'établir très rapidement, presque du jour au

7 lendemain. Les anti-corps staphylococciques et strepto-

cocciques de formation bien problématique et en tout cas toujours très difficilement décelables, n'ont certes pas eu je lemps d'avoir agi dans un si bref délai. El lon voit ici, combien la théorie de Wright, qui veut, laire Jouer aux anticorps un rôle primordial dans la vaccinothérapie curative semble être infirmée ! D'après ce savant, la guérison par les vaccins est due à la forma- Hon nouvelle d'anticorps qui viendraient se Surajouter à ceux déjà formés au cours de l'infection: leur pouvoir opsonisant viendrait renforcer la défense d'un organisme qui bientôt sorlirait vainqueur de la lutte anti-microbienne. Or, chacun sait combien le staphylocoque et le streplocoque sont de médiocres antigènes: les sérums anti-staphylococciques sont sans aucune aclhion et les résultats fournis par l'injection des sérums anti-streptococciques sont bien aléatoires. De plus, comment Sexpliquer que l'apport de quelques millions de microbes morts ou de leur fillrat, puisse provoquer une apparition efficace d'aniti-corps alors que les centaines de milliards de germes existant dans un organisme infecté sont inagissants ? Il semble bien que le mécanisme de la vaccinothérapie curative ne réside pas dans +J'apparition nouvelle d'anticorps aux propriétés plus ou moins opsonisantes. On pourrait bien plus vraisemblablement voir dans ces phénomènes d'immunisation, un processus d'Immunité tissulaire, purement locale, indépendante des humeurs de l'organisme et semblable à celle observée dans le charbon et dans la variole, Nous concluerons pour les Staphvlococcies et les

Re

Slreplococcies cutanées Comine pour la variole et pour le charbon :

l° La peau es! dans ces cas l'organe électij ;

2° La peau est seule capable de conférer une ünmunilé solide ;

0 > A . . Q * ve

o° Les anticorps ne jouent aucun rôle dans l'immunisalion.

AuTo-Firrrars MICROBIENS

Nous venons de parler à diverses reprises d'autofiltrals microbiens: Nous croyons devoir ouvrir une parenthèse sur ce nouveau mode de préparation vaceinale qui, chaque jour, semble enregistrer de nouveaux . succes.

Le 2 juin 1925, M. Besredka, dans une communicalion à la Société de Biologie, rapportait les expériences qu'il venait de réaliser avec un filtrat de culture de Slaphylocoques en bouillon âgée de 18 jours. Ce filtrat. élait un liquide clair atoxique ; répandu sur un milieu de culture, il n'empêchait pas les microbes de se développer, sauf les Staphylocoques qui, ensemencés sur un el milieu, étaient incapables de s'y reproduire. Les cobayes injectés avec un mélange de souche virulente staphylococcique et d’auto-filtrat présentaient à la suite de ces inoculations des lésions très atténuées, tandis que des animaux témoins, injectés avec du staphylocoque seul où additionné de bouillon simple, présentèrent les lésions typiques. L'auteur concluait de ses observations :. A 1 s’agit d'une substance thermostable et spécifique.

On peul la porter à 100° pendant 30 minutes où bien à 1z0* pendant 20 minutes sans lui faire perure ses propriétés. il seruble donc qu'il existe à l'intérieur du stäphylocoque, à côté d'un virus thermolabile (70°-une heure) adhérent au corps du microbe, responsable des lésions cutanées graves el occasionneilement de la mori, une substance atoxique, thermostable, se délachant facilement du corps des inicrobes, une substance anta-" goniste, un antivirus. [ssus du staphylocoque, virus et antivirus sont strictement spécifiques. Tous les deux possèdent une affinité élective pour l'appareil cutané. »

En eflet, ce filtrat microbien qui in vitro entrave le développement du staphylocoque est capable in vivo d'arrêter l'infection et de déclancher l'Immunilé. Si, injecté sous la peau ou dans le péritoine, il est sans action bien nette dans la lutte anti-microbienne, par contre, inoculé dans le derme, en de nombreux points, par une culi-vaccination en nappe, il protège du jour au lendemain le cobaye contre une dose de staphylocoques virulents, qui, sur des témoins, provoquent une escarre ‘avec suppuration. Appliqué en pansements abdominal après épilation, ce fillrat agit encore mieux qu'en injection intra-dermique. M. Besredka concluait de ses observations au rôle important joué par la peau dans l'établissement de l'immunité et au rôle problématique des anticorps du sang qui, certainement, n'avaient pas eu le temps de se produire.

De mème, le Streptocoque cultivé en milieu hquide, laisse diffuser au bout de quelques jours une substance spécifique capable de préserver le cobaye contre une

inocuialion mortelle. Pour oblenir ie falrat qui contient ces produits solubles microbiens, on peut procéder ue

la laçon suivante :

Un cuiive pendant 10 Jours, à 34°, du Slreplocoque sur bouilion sérum. Au bout de ce temps, le bouillon est liliré, réensemencé el reuus à Lléluve pendant 10 jours. Si, après ce lemps là, le bouillon de culture est de nouveau filtré, Le filtrat obtenu ainsi est impropre au développement du sirepiocuque. De plus, in vivo, appliqué en pansements eulanés, après épilation, il vaccine les antmaux contre les Streptocoques : trois cobayes ainsi pansés résislèrent trois jours après celte application vaccinale à l'inoculation de 2 ce. 1/2 de culture virulente, tandis que les témoins succombaien£. L'injection de ces filrals dans le péritoine est sans aucune aclion immunisante et ce fait semble bien démontrer une fois de plus le rèle actif Joué par les cellules cutanées dans l'établissement de Fimmunité.

Doit-on faire un rapprochement entre le mode d'action de ces fillrats microbiens el ce qui se passe < dans les milieux de culture vaccinés ?

Depuis le début de la bactériologie on connaît le phénomène de la vaccination des milieux de culture et Pasteur s'était le premier rendu compte qu'un bouillon âgé du microbe du choléra des poules devient réfraclaire à une seconde culture. Freudenreich, Garré el Zoeller firent des travaux relatifs à ces phénomènes, ct Marmoreck, croyant à la spécificité absolue de ces auto-vaccinations-culturales, crut v voir un moyen sûr

Alidentification pour le streptocoque : « Tout strepto-

No

coque, écrivait-il, ne peul se développer dans un nulieu vacciné contre le Streptocoque. » Des observations ultérieures ont démontré que ce phénomène n'avail qu'une spéciicité relative. C'est ainsi que H. Vincent remarqua qu'un bacille typhique ensemencé dans une culture ancienne de Streptocoque y perd de sa virulence. Mas les faits enregistrés nous amènent à nous poser la question du mécanisme de celte auto-vaccination des milieux de culture el des rapports qui peuvent exister entre ces phénomènes et le mode d'action des filtrats dans l'établissement de l'immunité. Les théories de l'épuisement du milieu, de la modification de leur réaction ont été invoquées. Mais l'hypothèse d'une autosecrélion microbienne semble bien plus, vraisemblable. Carpano, opérant sur des cultures-anciennes de staphylocoques, à pu en isoler des substances empêchantes, solubles dans lalcoo! et dans l'éther : le bouillon vacciné élait évaporé au bain-marie et le résidu repris par l'alcool absolu ou l'alcool éther. Par évaporation du solvant, on oblenait un extrait sec qui ajouté à un milieu de culture, entravait fortement le développement des slaphylocoques, capables de donner tout au plus une maigre culture. Aæller s'étant demandé si ces substances empêchantes ne résulieraient pas de la lyse microbienne, remarqua que si l’on ajoute à un bouillon neuf une grande quantité de microbes tués et que l'on fasse séjourner ce mélange 20 jours à l'étuve, le filtrat obtenu après ce lemps est sans aucune action empéchante sur le développement des germes étudiés, Les

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