‹ L'Immunité locale et ses applicationsChapitre 19 sur 33 · RATES N · texte numérisé non relu

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logiques; le chlorure de calcium el le phosphate de soude contenus d'ans la solution vaccinale ne peuvent avoir aucun effet nuisibie sur les tissus. Nous’ avons employé ces bouillons « collés » dans le service de \i. le Professeur Proust, pour le traitement des néo-. plasmes infectés. Dans certains cas où il peut être difficile de mettre sur les piaies un pansement à uëmeure, on peut avantageusement employer les autofiltrats microbiens ou les bouillons « collés » addiuionnés d'une certaine quantité de glycérine stérilisée qui rendra le mélange plus adhérent et cohésif.

Nous voudrions terminer cet exposé sur les aulofiltrats microbiens par quelques conclusions et dire quelles sont les raisons qui nous ont incités à ouvrir une aussi large parenthèse dans notre revue sur l'immunité locale. 11 semble bien résulter des faits que nous venons d'exposer que les anti-virus vaccinent aussi bien in vitro que sur le vivant. EE sans chercher à résoudre les liens de parenté qui peuvent unir les phénomènes de la vaccination des milieux et ceux de l'établissement de l'immunilé in vivo, nous sommes bien obligés de reconnaitre, après l'exposé que nous venons de faire, que ces auto-filtrats microbiens sont capables de réaliser les vaccinations préventives et curatives. Loin des lésions, loin des cellules réceptives, ils sont sans action; au contact des cellules sensibles, leur effet est rapide €1 manifeste. Il Ÿ à là incontestablement des phénomènes d'immunisation locale qui interviennent, et c'est pour cette raison qu'il nous a paru utile de signaler ces phénomènes d'immunisation qui semblent bien établir

AC CNRS

que la présence des corps microbiens n'est pas indispensable dans la pratique de la vaccimation. Concluons done en disant que dàns cerlains cas, les sécrétions microbiennes peuvent ayoir une action curalive ou préventive et que leur mode d'action est d'autant plus marqué qu'un contact plus intime leur est assuré avec

les cellules réceptives.

L'IMMUNITE DE L'INTESTIN

Il en est de l'intestin comme de la peau, et Si certains germes, tels que la bactéridie charbonneuse, ont une affinité bien particulière pour les cellules cutanées, il est incontestable et universellement reconnu que des microbes, tels que les bacilles des séries tvphiques et dysenteriques ou les vibrions cholériques, ont pour siège de prédilection la muqueuse intestinale. La chimiotaxie positive de ces microbes pour les parois de Fintestin, n’est plus à démontrer et si l'on admet que la vaccination des cellules réceptives confère à l'organisme limmunité complète, le problème de la vaccination buccale se posera ïci dans toute son ampleur. De nombreux chercheurs ont eu, en effet, l'idée d'utiliser la voie la plus normale de l'infection, pour créer expérimentalement sur des atimaux uve Immunité solide envers les germes incriminés. En particulier, Dopter, Buchner, Metchnikoff et Besredka, Courmont et Rochaix ont obtenu des résullats très encourageants. De nombreux essais ont été tentés sur l’homme avec succès.

Nous allons envisager les expériences relatives au mécanisme de Plmmunisation de l'intestin vis-à-vis des

wermes à chimiolaxie positive pour cel organe el nous verrons quels sont les résultats enregistrés Jusqu à ce

jour, en faveur de la vaccination buecale.

L'IMMGNITÉ pANS LA DYSENTERIE BACILIAIRE

En 1898, Schiga signalait les troubles locaux cl généraux consécutifs aux vaccinalions pratiquées avec des cultures tuées de bacilles dysenteriques.

En 1909, Ch. Dopler, dans un travail publié dans les Annales de l'institut Pasteur, envisageait différents modes d'immunisation coutre ces mêmes bacilles. La vaccination par les bacilles tués, créail, selon cet auteur, une phase négative, dangereuse en temps d'épidémie, et il en était de même pour la vaccination par les produits résultants d'une autolyse bactérienne. L'immunisation acquise par la Sérothérapie élait de courte

durée : celle consécutive à Finjection d'un mélange ‘le virus-cérum n'excédait pas 20 jours. Par contre, la, vaccinalion par les bacilles sensibilisés, créail une immunité apparaissant des le quatrième iour, d'une. durée ‘d'au moins 4 mois 1/2, sans réaction locaïe il générale. L'auteur coneluait : « En résumé, la solution du problème anti-dysentérique oscille entre Ta méthode cérothérapique el les vaccins sensibilisés. Chacune présente des indications suivant tel ou lel cas particulier. » Mais, Dopter, malgré ces conclusions qui visaient uniquement la médecine humaine, avait pu déjà réaliser expérimentalement une solide immunité par voie digestive. Des souris avant absorbé pendant

3 où 4 jours 5 milligr. de bacilles secs tués par fa chaleur et émulsionnés dans un peu de lait, avaient résisté 15 jours après cette absorption microbienne à l'injection d’une dose mortelle de virus sous la peau. Malheureusement, 5 milligr. de bacilles pour une souris, représentaient environ 15 gr. de corps microbiens à absorber par jour pour un homme, et, l'idée d’une pareille obligation, convainquit l'auteur de l’incompatibilité de la méthode avec la médecine humaine.

A la suite des vaccinations anti-dysentériques pratiquées en 1914 dans l'armée Russe, et qui. avaient occasionné de nombreux accidents à cause de la grande toxicité des émulsions microbiennes, Besredka reprit la question de la vaccination buccale. Il prouva que le lapin est sensible à l'ingestion de bacilles de Shiga tués, si la quantité de microbes ingérés est suffisante à l’autopsie de l'animal, on trouve des lésions tvpiques de la muqueuse intestinale et de nombreux bacilles sont présents dans la vésicule biliaire. De plus, le virus vivant, inoculé dans l'oreille d’un lapin, lue cet animal: dans ce cas, les lésions intestinales sont toujours existantes, tandis que le sang et les organes sont dépourvus d'éléments microbiens. L'inoculalion sous culanée de virus permet de retrouver quelques temps après, au foyer même de l'injection, des bacilles de Schiga tués, désagrégés, tandis qu'une faible partie des microbes a pu aller se fixer sur l'intestin. Cependant, ces bacilles fixés, absorbés, désagrégés par les mailles des tissus

sous-cutanés ont pu mettre en liberté leurs endotoxines

AQU SN

qui sont allées agir directement sur les cellules sensibles de la muqueuse intestinale.

Et l'auteur conclut de ses observations que « quel que soit le mode d'introduction du virus, l'animal réagit comme s'il l'avait reçu directement par voie buccale. » L'aflinité élective des bacilles dysenteriqués pour je canal intestinal élait désormais mise en évidence et ce fait seul montrait bien tout le bénéfice qui pourrail résulter de la vaccination buccale, seule capable d'assurer le contact direct des germes vaccinants et des cellules réceptives. Aussi, se basant sur ces données, M. Besredka fit absorber des bacilles de Schiga à des lapins. Rapidement ces animaux devinrent solidement inmunisés et ils résistèrent à une inoculation mortelle dé virus, tandis que tous les témoins mourraient en 24 heures. À la suite de la première ingestion, du douzième au quinzième jour, des agglutinmes apparaissent, mais si lon continue à faire absorber du vaccin aux animaux, le pouvoir agglutinant de leur sérum ne va pas en croissant: bien au contraire, les

agglutinines diminuent petit à petit jusqu'à leur disparition complète, tandis que limmunité s'installe définitivement de plus en plus solide. I semble bien que la première agression des entodoxines à pu franchir la barrière intestinale et provoquer ainsi une réponse de l'organisme ; mais plus tard, une immunisation locale tissulaire semble s'être installée et avoir empêché une nouvelle effraction de la muqueuse intestiale. Le sérum des animaux inununisés par la voie buccale est /Ssans action protectrice sur un animal neuf, contre une

} dose mortelle de virus. Le rôle des anticorps dans ces phénomènes d'immunisation anti-dysenterique semble bien problématique et M. Besredka concluait de ses expériences : « Les bacilles dysenteriques tués administrés per os, ne donnent lieu à ia production d'agglutinine qu'à la suite de la première ingestion. Dans à suite, les agglutinines se se forment plus dans le Sang: Il en est de même des substances préventives : on n'en constale pas la présence à la suite de ladininistration, surtout répétée, de bacilles dysenteriques tués par la bouche. L'absence des anticorps dans le sang h'exclul pourtant pas Facquisition par l'animal d'une innnunilé active, solide et même vis-à-vis du virus vivant inoculé directement dans le sang. Cette immunité, consécutive à l’ingestion de’ cultures mortes, comme celle consécutive dans les veines, sous la peau, ou en n'importe quel point de l’économie, est de nature locale intestinale. » | De ces expériences sur l'animal et des constatations

failes, 11 semble bien que nous pouvons conclure que dans la dysenterie bacillaire :

1° L'intestin est l'organe éleclif :

2° L'intestin est seul capable de conférer l'immunité:

3° Les anticorps ne participent pas à l'immunité. LA VACCINATION PRÉVENTIVE BUCCALE DANS LA DYSENTERIE

Les avantages de la vaccmalion buccale contre les infecüons à {vpe dysenterique, seraient incontestables si celte méthode d'immunisalion était certaine. - Nous avons déjà dit, en effet, combien il peut être dangereux

injecter sous la peau des microbes aussi toxiques cau-

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