‹ L'Immunité locale et ses applicationsChapitre 20 sur 33 · LA RE · texte numérisé non relu

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sant presque toujours une très forte réaction locale, parfois des accidents graves. Les travaux de Besredka sur la dysenterie expérimentale du lapin sont certainement très démonstratifs, mais l'infection chez le lapin évoluet-elle comme chez l’homme? L'immunisation s'établhtelle d'une manière aussi absolue chez l'homme que chez le lapin ? Il est certain qu'une méthode de vaccination sûre pour lespèce humaine, rendrait des services énormes, car chacun sait la gravité de celte maladie si répandue et endémique dans certaines contrées. À 3à suite des graves épidémies de dysenterie bacillaire ayant sévi durement en 1915, sur nos troupes du sud Tunisien, Ch. Nicolle et E. Conseil prirent Finitiative, dans les années qui suivirent, de faire vacciner préventivement certains de nos effectifs. Des essais furent tentés par a voie mtra musculaire el par la voie veineuse. Mais la première de ces méthodes provoqua toujours des réaclions locales très pénibles, tandis que la voie intra veineuse amena des réactions générales vives et parfois dangereuses, si bien, que lon ne put juger de la valeur de l'efficacité de ces procédés d’immunisation. Ch. Nicolle et E. Conseil eurent alors recours à la voie digestive et ils essayèrent d'immuniser 5 Européens el 12 indigènes. Ces derniers sont, on le sait, particulièrement résistants à l'infection dysenterique, vraisemblablement à cause d'une vaccination naturelle acquise à la suite de l’ingestion prolongée d'eau polluée. Tandis que les 5 Européens fournissaient 5 résultats positifs, les auteurs enregistrèrent 9 échecs pour les 12 indigènes. É Z Une expérience portant sur 4 sujets volontaires (2 vac-

cinés, 2 témoins), démontra d'une façon évidente l'efficacité de la vaccination per os anti-dysenterique. Deux sujets absorbèrent pendant % jours 100 milliards de microbes tués par chauffage de une heure à 72° soit un lotal de 400 milliards. Quinze jours plus tard,. les sujets furent soumis à l'ingestion d’une émulsion de 10 et 20 milliards de bacilles de Schiga virulents, isolés d'un cas récent de dysenterie. Les deux sujets vaccinés ne présentèrent aucun trouble; les deux Lémoms contractèrent une dysenterie typique qui d'ailleurs céda rapidement au traitement sérothérapique. « Cette expérience, concluèrent les auteurs, réalisée dans les conditions que nous avions reconnues indispensables au succès, prouve de façon décisive que la voie digestive permet la vaccination de l’homme contre la dysenterie. »

Anglade, vient de rapporter une statistique enregistrée au cours d’une épidémie sévère avant sévi, en juillet 1923, dans les troupes du camp de Satory. La vaccination bucale fut pratiquée chez 546 hommes rt il v eut 586 non vaccinés. Parmi ces derniers, on enregistra dans la suite 40 % d'infectés, tandis que chez les vaceinés, il y en eut à peine 7,6 %. Cetle statistique est d'autant plus intéressante qu'il est vraisemblable qu'un certain nombre d'hommes, dans le lot des vaccinés, n'avait peut-être pas absorbé loutes les pastilles immunisantes.

A. Anlonowsky rapporte également des statistiques intéressantes, enregistrées en 1923, à Pélrograd, au cours d'une forte épidémie : À l'asile Karl Marx, sur 2.168 malades, la morbidé fut de 8,11 % parmi les non

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vaccinés et de 0,3 % pour les vaccinés par voie digeslive. A l'hôpital Potkine, la morbidé fut de 0,4 % chez les vaccinés et de 3,8 % chez les non vacecinés.

Dans un compte rendu à l'Académie de Médecine, A. Gautier, commissaire de la Société des Nations en Grèce, rapporte une statistique impressionnante enregistrée en 1923, au cours de vaccinations anti-dysenteriques effectuées sur une grande échelle, avec la collaboration de M. Abousselam. En raison des réactions phlegmoneuses locales, ces auteurs durent abandonner la voie hypodermique. Par contre, 30.000 vaccinations per os, avec des pastilles ou des suspensions microbiennes en eau phéniquée, démontrèrent l'efficacité incontestable de la méthode. La dose vaccinale absorbée fut de 1 cc. à jeun pendant 3 jours de suite. Les individus supportèrent, sans la moindre réaction locale ou générale, celle vaccination, et lous furent immunisés pour la période estivo-autémnale. Les épidémies furent dès ce jour parfaitement enrayées : Dans un camp de 1.800 réfugiés où s'étaient produits 100 cas de dysenterie, à Flexner, avec 50 décès, la vaccination des 273 des habitants, mit fin à l'épidémie dans ce groupe, tandis qu'elle continuait dans le dernier tiers, provoquant 150 nouveaux cas d'infection dysenterique, dans les déux mois qui suivirent. De plus, ces vaccins administrés par voie buccale furent employés avantageusement au point de vue curalif : la guérison survient généralement en 2, 3 ou 4 jours sans que l'on ait recours à un autre agent médicamenteux. Dans ce cas, la dose / journalière est de 1/2 à 3 ce., que l’on peut faire absor-

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ber en deux ou trois fois pour éviter les réacUons organiques. Cette communication montre bien la toute valeur de la vaccination préventive par voie buccale el elle attira à son auteur les félicitations de MM. Quenu el Achard.

Tout récemment, €. Pascal vient de pubher Îles résultats enregistrés à l'asile départemental d’aliénés de Chalons-sur-Marne, où il vaccina par voie buccale, au cours d'une épidémie de dysenterie bacillaire, tous les occupants. Le tableau suivant nous montre les beaux

résultats enregistrés

Malades Malades: P:2100 Année Gecupants Vaccinés non vaccinés de vaccinés malades LORS A NURES 256 0 69 ( LENTS C/ ODA DRE AEUr 410 :399 » 3 =:0,79

En 1924, année des vaccinations, il y eut donc SAS) fois moins de malades qu'en 1923, preuve indiscutable de la valeur de la vaccination préventive anti-dysenterique par voie buccale.

Ces résultats sont cerlainement plus qu'encourageants : 1]s sont démonstratifs. Espérons que de nouveaux essais se réaliseront et viendront consacrer définitivement la valeur d'une méthode aussi simple qu'inoffensive.

L'IMMuNITÉ Dans LES Fièvres TYPHOÏDES

ET PaARA-TYPHOÏDES

De nombreux auteurs se sont attachés depuis longtemps à la solution du problème de la vaccination anti-typhique par la voie buccale et il était, en effet,

assez normal de songer à uliiser la voie qui, chaque jour dans la nalure, est la porte d'entrée de l'infection. Aussi, sans atlacher autrement d'importance au mécanisme de l'Immunité intestinale, sans peul-êlre même 3e douter qu'il ÿ avail là un processus d'immunisalion locale, de nombreux expérimentaieurs cherchèrent à uliliser limmunisation anti-lyphique per vs. Læfher, Wolf, Kulscher et Meinicke opérant avec le bacilius Lyphi murium et le para typhique B, réussirent à immuniser d'une façon plus ou moins solides, des souris, des cobayes et des campagnols en leur faisant ingérer à plusieurs reprises des bacilles tués où peu virulents. Parlois mème ces animaux vaccinés résistèrent à linoculation sous-cutanée ou intra-péritonéale de doses virulents mortelles. Mais la virulence des germes employés élant essentiellement variable, leur contaci avec les cellules réceptives élant plus où moins bien assuré, de nombreux échecs furent enregistrés el aucune conclusion pralique ne résulta de ces travaux. Brückner et Levy, par ingestion prolongée de culture avirulente de bacilles para-typhiques B, purent réaliser une immunité solide sur des animaux qui résistèrent par la suile à l'injection sous cutanée de deux doses mortelles de culture virulente.

En 1911, Metchnikoff et Besredka tentèrent l’'immunisaton d'un chimpanzé en lui faisant ingérer 15 ce. de culture de bacilles iyphiques chauffés à 60°. Onze jours apres, cet animal absorba en même temps qü'un témoin une culture virulente: il n'éprouva qu’un léger malaise

Jébrile, tandis que le témoin présenta pendant plusieurs

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