‹ L'immunité par les leucomaïnesChapitre 10 sur 38 · THÉORIES ACTUELLES DE LA VACCINATION · texte numérisé non relu

THÉORIES ACTUELLES DE LA VACCINATION

lorsque je lus dans un article du D' Respaut (1) que M. Ferran ne vaccinait pas avec le microbe et que le bienfait de l'immunité élait produit par le bouillon qui avait reçu le microbe.

Dans une autre note publiée cet hiver, M. Ferran disait lui-même, que c'était en habituant la nature de l'homme au poison produit par le microbe (2) qu'il rendait cette nature réfractaire à la maladie, de la même manière qu'on arrive à l'immunité par rapport à l'action de la morphine en en faisant un fréquent usage.

Yoilà une explication tout à fait différente : la cause de la maladie et de la mort ne serait plus le microbe, mais bien le poison de ce microbe et ce serait à lui-même que l'on attribuerait l'action médicale.

Ce changement dans les effets d'une substance passant de l'état toxique à l'état prophylactique par l'usage habituel, reste sans explication et M. Ferran dit : « Celui qui expliquera ceci expliquera aussi l'effet de ma vaccine. »

Je trouve assez contraire à la raison humaine l'idée d'attribuer à la même cause la mort et la vie.

Si le poison est la cause de la mort dans la maladie, il

se demande comment il se fait que Téconomie qui peut fournir des aliments à rénorme prolifération des microbes d'une maladie virulente grave, telle que le charbon grave ou mortel, peut être épuisée par la végétation bien plus modérée du même virus atténué. {Les Immunités morbides, par le

Df W. DUBREUILH, p. 190.)

(i) Journal le Temps ^ numéro du 23 juillet 1885.

(2) Comme la maladie du choléra est Teffet d'un empoisonnement produit par un champignon vénéneux, bacille-virgule, on explique l'immunité par un phénomène de tolérance de l'organisme pour ce poison. Le microbe inoculé ne se généralise pas et il ne se reproduit pas non plus dans le tissu cellulaire : donc il n'y a pas de danger en l'employant comme vaccin. L'action de ce vaccin est due à la substance active que forment dans son protopiasma les germes inoculés. (M. J. Fbrran, Lettre à M, Charles Cameron.)

est difficile d'admettre qu'en Tintroduisant dans le corps on puisse arriver à empêcher les effets de ce môme poison quand il sera présenté par la maladie, car il y aurait là une addition de poisons, et l'addition de deux quantités homogènes doit toujours donner une quantité plus grande, par conséquent, dans ce cas, le poison devrait être plus puissant.

C'est en lisant ces notes de M. Ferran traduites par M. Respaut que j'ai conçu une explication bien plus simple, qui démontre d'une manière beaucoup plus logique tous les phénomènes qui se rapportent aux maladies infectieuses et à leur vaccin.

L'exposition de la théorie qui en ressort fera Tobjet de ce livre.

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