‹ L'immunité par les leucomaïnesChapitre 9 sur 38 · THÉORIES ACTUELLES DE LA VACCINATION · texte numérisé non relu

THÉORIES ACTUELLES DE LA VACCINATION

se rapprochait plus de la vaccination naturelle produite par la maladie elle-même.

Il fallait donc croire que c'était la maladie elle-même, quoique très légère, qui produisait le bienfait de Timmunité.

Mais voilà que, comme le disait M. Chauveau au Congrès de Grenoble (1) du mois d'août de Tannée passée, il y a beaucoup de vaccinations chez les bêtes qui ne présentent aucun symptôme de la maladie, ce qui pourrait fort bien nous faire croire qu'on n'a pas produit la maladie que Ton désirait prévenir.

En acceptant l'opinion que c'était la même maladie plus ou moins forte que Ton produisait chez l'individu vacciné, on s'expliquait la chose d'une manière assez plausible.

On disait d'abord que le virus que l'on inocule est un virus atténué au moyen des différentes cultures, ou par ses conditions naturelles, comme celui de la vache pour la pfetite vérole.

Ce virus, qui d'après les études des hommes les plus

(1) D'autres personnes font une objection inverse : il n'y a aucun fonds à faire sur de telles inoculations, disent-elles, parce qu'elles sont inactives, et qu'en tous cas elles ne produisent rien qui, de près ou de loin, ressemble aux symptômes du choléra.

11 est encore plus facile que tout à l'heure de répondre à Tobjection, grâce à la multiplicité de ces analogues. Du virus vaccin inséré dans le tissu conjonctif d'un sujet de l'espèce bovine ne provoque aucune des manifestations cutanées caractéristiques de la vaccine, et cependant, sur les animaux inoculés de cette manière, l'immunité anti- vaccinale est si solide qu'il n*y a plus moyen de faire naître l'exanthème vaccinal par piqûres sous-épidermiques. Les injections intra-veineuses de ce même virus-vaccin sur les animaux de l'espèce chevaline ne déterminent qu'exceptionnellement cet exanthème, et pourtant les sujets qui ont échappé sont aussi bien garantis que les autres contre les effets de l'inoculation cutanée classique. Les mêmes injections intra-veineuses, pratiquées sur le bœuf avec le virus du charbon emphysémateux ou le virus péripneumonique, etc., ne font naître ni la maladie de Chabert, ni la péripneumonie, ni rien même qui en

compétents, est un être vivant, un microbe (1) de nature végétale ou animale, prend à l'économie de Thomme les éléments qui lui sont nécessaires pour son existence et c'est en lui enlevant ces substances qu'il rend cette économie réfractaire à la vie et au développement d'un microbe semblable quand il se présentera pour produire la maladie. Même en acceptant l'existence de microbes atténués, il faudrait toujours que ces microbes introduits par la vaccination chez l'homme ou la bête se multipliassent et arrivassent au même résultat que les microbes de la maladie, pour enlever toutes les substances favorables à leur nourriture. Pour atteindre ce but, il faut admettre, puisqu'ils sont plus faibles, qu'ils doivent être plus nombreux, et, dans ce cas, on aurait à redouter les mêmes conséquences funestes que dans la maladie, car à la puissance morbide de chaque microbe serait substituée celle d'une plus grande quantité de microbes (2).

Je trouvais ces explications bien peu vraisemblables

rappelle tant soit peu les symptômes^ et nëanmoins ces injections créent une très solide immunité. Résultats semblables avec les injections sous -cutanées du virus péripneumonique. (Congrès de Grenoble, le Temps, 16 août 1885.)

(1) Le mot microbe, en effet, qui veut dire seulement petit être vivant, ne préjuge rien quant à la nature animale ou végétale des êtres en litige (a). Il a été adopté par M. Pasteur et approuvé par M. Littré dont chacun connaît la compétence en matière de néologismes ; il est généralement usité en France depuis quatre ou cinq ans et on peut le considérer comme définitivement acquis à la langue française. (Les Mia^obes, les ferments et les moisissures, par le D' E.-L. Trouessart, Introd. p. 4.)

(a) M. Béchamp appelle ces microbes microzymas ou petits ferments, les réactions chimiques, résultats de leur activité vitale^ étant généralement des fermentations.

(2) Mais cette théorie n*est pas à l'abri de certaines objections. Orawitz

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