‹ L'immunité par les leucomaïnesChapitre 12 sur 38 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1** Toute maladie infectieuse est l'effet du trouble produit dans l'organisme animal par la soustraction des substances nécessaires à son économie ; soustraction faite pour nourrir les fonctions vitales de nombreux microorganismes.

2** L'état d'immunité plus ou moins prolongé, chez l'individu qui a été atteint d'une maladie infectieuse, n'est pas l'effet d'une condition négative de son économie ; c'est-à-dire, ce n'est pas parce que son organisme est privé des substances nécessaires à la vie du microbe, cause de cette maladie, mais bien parce qu'il y a dans cet organisme des leucomaïnes du même microbe. Et tant que ces leucomaïnes resteront chez lui, il jouira de l'immunité contre la maladie.

S'' La vaccination, pour prévenir une maladie infectieuse, doit donc consister à introduire dans l'organisme, par un moyen artificiel,' les leucomaïnes du microbe qui produit la maladie que l'on veut prévenir.

i"* La production de ces leucomaïnes pourra être obtenue, soit au moyen de ce qu'on a appelé jusqu'ici une culture, soit en introduisant le même microbe dans un milieu de Torganisme animal où ce microbe ne puisse se propager, ayant pourtant une vie d'une durée suffisante pour produire la quantité de leucomaïnes nécessaire pour assurer Timmunité (1).

(1) On oubliait qu'il faut tenir compte, non seulement des qualités du yirus, mais encore de la manière dont on le met en rapport avec Téconomie animale. Or, pour juger, a priori^ l'œuvre de M. Ferran, si tant est qu'oeuvre il y ait, il est absolument nécessaire d'être parfaitement familiarisé avec ce principe, établi surtout par les travaux de l'Ëcole lyonnaise, à savoir que la voie dHntrodvction des vit^us peut exercer une influence considérable sur leurs effets.

Développons et démontrons cette proposition.

Tels yirus, comme ceux de la morve, du sang de rate, etc.^ manifestent leurs effets sur les animaux doués de la plus grande réceptivité, toujours avec la même activité, quelle que soit la voie par laquelle ils pénètrent dans l'économie animale.

Qu'on les dépose dans le tube digestif, le torrent circulatoire, les couches profondes de Tépiderme, le tissu conjonctif sous-cutané, ils produisent toujours la morye ou le sang de rate malin, le plus souvent mortel.

Mais cette indifférence du virus, à l'égard des voies qui l'introduisent dans l'économie animale, n'est pas un fait général. Avec le virus-vaccin, par exem. pie, les études de M. Chauveau ont démontré que les choses vont autrement. Sur les animaux de l'espèce bovine, l'inoculation cutanée superficielle fait naître des pustules caractéristiques. Mais l'injection sous-cutanée ne les produit jamais et développe seulement une tumeur plus ou moins volumineuse du tissu conjonctif. Dans les deux cas, les animaux sont bel et bien vaccinés, car les inoculations cutanées ultérieures avortent complètement. Enfin, si vous injectez le virus dans le torrent circulatoire, vous ne produirez aucun effet, l'action sur l'animal sera nulle, à tel point que, si vous le réinoculez à la peau par piqûres superficielles, celles-ci deviendront le siège de magnifiques pustules vaccinales.

Sur l'espèce chevaline, le virus-vaccin se comporte de la même manière, mais avec une variante, dont la constatation a été bien précieuse, au point de vue des théories de l'immunité. Les injections intra-vasculaires de vaccins ne sont plus inactives, comme chez le bœuf : tantôt, cas le plus rare, l'activité du virus se traduit par la naissance d'un exanthème vaccinal plus ou moins semblable à ceux de la maladie naturelle.

Tantôt, cas le plus fréquent, il ne se manifeste aucun signe local ou général de maladie, sauf une très légère et très passagère élévation de température, mais l'injection crée, sur tous les sujets sans exception, l'immunité vaccinale, en sorte qu'il n'est plus possible de faire naître des

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