‹ L'immunité par les leucomaïnesChapitre 13 sur 38 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

S** Si pendant Tétat d'immunité produit par une maladie infectieuse l'individu jouit d'une parfaite santé, il faut en déduire que les leucomaïnes des micro-organismes, qui ont causé la maladie, sont parfaitement compatibles avec cet état de santé ; et par conséquent la vaccination faite par l'introduction directe des leucomaïnes ne doit pas donner, dans ce cas, des symptômes toxiques.

6° Seulement, si la vaccination se faisait par le microbe lui-même» il faudrait accepter la présence de symptômes morbides (1).

boutons de vaccine en. pratiquant des inoculations à la peau par piqûres sous-épidermiques.

M. Chauveau appelle tout particulièrement Tattention sur ce dernier point, quand on veut créer Timmunité contre une maladie, il n'est pas nécessaire de faire naître cette maladie ou un ensemble de symptômes plus ou moins atténués.

L'atténuation des effets pourra être portée au point de rendre la maladie absolument méconnaissable, au point qu'on pourra même dire qu'il n'y a pas de maladie du tout, et cependant l'immunité déterminée par ce semblant de maladie artificielle n'en sera pas moins sûre. (Congrès de Grenoble. Le Temps, 16 août 1885.)

(1) « Si l'on prend un lot de cobayes et si on leur injecte une quantité moitié moindre que la dose qui suffirait à les tuer, ils acquièrent une immunité qui les rend capables de résister à des doses qui, auparavant, les auraient infailliblement tués. Pour que ce résulat soit mis hors de doute, on n'a qu'à prendre deux lots de cobayes du même âge, un des lots ayant été préalablement doué d'immunité au moyen d'injections. Si l'on injecte aux individus de ces deux lots des doses mortelles, ceux qui ont été préalablement cholérisés résistent, tandis que les autres succombent ou deviennent gravement malades.

« Effets du microbe chez l'homme : L'injection dans la région du triceps brachial, de 8 gouttes d'une culture virulente très fraîche, donne lieu à une tumeur douloureuse et chaude, qui empêche les mouvements du bras ; la suite de cet état est une fièvre localisée qui disparaît bientôt spontanément; 3 heures après l'injection l'évolution de cette phlegmasie commence, se continue pendant 24 heures environ et, après ce temps, tout malaise disparait presque complètement, sans que jamais on y remarque ni phlegmon ni eschares.

a Lorsque l'on injecte 0««,5,dans chaque bras, les symptômes locaux s'accentuent, et des symptômes généraux apparaissent. Eu égard aux caractères les plus saillants du tableau observé chez chaque individu, on par-

vient à dresser un tableau général, dont la ressemblance avec celui du vrai choléra n*est plus à contester...

« Si, six ou huit jours après Tinjection de 0<'<>f5, sur chaque bras, on réinjecte sur le même sujet cette même dose, au même degré de virulence, les symptômes généraux disparaissent; des symptômes locaux bien moins accentués sont à peine remarqués.

tt De ces faits, aussi tranchés et si faciles à reproduire, on est en droit de conclure : 1» la possibilité de la cholérisation, chez Thomme comme chez les cobayes, par la voie hypodermique ; 2o que la prophylaxie de la cholérisation s'obtient au moyen d'injections à virulence ou à doses graduées. » (Ferran. Sur l'action pathogène et prophylactique du bacillevirgule. Académie des sciences, 13 avril 1885.)

En lisant cette note de M. Ferran et celle du 18 janvier 1886, que Ton trouvera plus loin, on comprendra pourquoi à la première période de vaccination cholérique, les personnes vaccinées ont éprouvé des symptômes morbides, tandis qu'après, dans la dernière période, elles n'en ressentaient pas.

Au moment où il écrivait la première note, il vaccinait avec le virus fo.'t, c'est-à-dire avec le microbe vivant.

Plus tard, il ne vaccinait qu'avec les leucomaïnes du bacille- virgule. (Note de Vauieur.)

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