INTRODUCTION
Si nous publions nos recherches sur la rage dans l'ordre même de leur présentation aux diverses socie'tés savantes, au risque de nous répéter quelquefois, c'est d'abord pour bien définir nos idées sur cette question et empêcher qu'on ne s'égare parla lecture de certains comptes rendus erronés ou incomplets qui en ont été faits dans la presse scientifique ou autre, et ensuite, c'est pour servir à la démonstration de notre priorité relativement à la découverte du vaccin chimique, dosable, découverte que M. Pasteur a mise à l'actif de ses collaborateurs, MM. Roux et Chambcrland, dans des termes qui en ont fait comprendre toute l'importance.
Comme on le verra, notre prise de date que l'on retrouvera dans notre communication du 30 avril 1887 à la Société de Biologie, ne laisse à cet égard aucun doute.
Après nous, vient M. Gharrin qui, le 17 octobre 1887, démontra l'immunité par les produits solubles de la fermentation pyocyanogène.
Quant à M. Ghauveau, qui a déjà fait à cet égard une revendication, on peut dire qu'il a eu en efi'et le premier l'idée des vaccins chimiques lorsqu'il a interprété l'immunité acquise par les descendants des mères charbonneuses. Mais M. Ghauveau s'est basé sur une erreur d'interpréta-
lion. Les fails de passage des microbes de la mère au fœtus snnl des fails qnolidiens, exemple les cas de variole et de syphilis liére'dilaires.
A propos d'immiinilé charbonneuse, je songe à celle remarquable observation faile par M. Chauveau sur l'immunité des moutons algériens, immunité essentiellement climatérique.
N'y aurait-il pas là un fait de vaccination analogue à celui de la vaccination chimique par l'essence de lanaisie; autrement dit, les moulons algériens ne mangeraient-ils pas d'une plante qu'il faudrait chercher dans les pâturages d'Algérie et qui, par la présence d'un poison végétal qu'elle contiendrait, analogue au poison charbonneux, meltroil à l'abri du charbon. Je livre très humblement celle idée à l'esprit si remarquablement investigateur du très savant académicien.
Voici tout d'abord ma première communication du ,30 avril 1887.