IV. Le sérum de la mère agglutine à
— du nouveau-né agglutine à.... 1/10° (Mère atteinte de tuberculose avancée (2).
(1) On ne peut que déplorer le retard apporté dans le prélèvement du lait. Effectué dès ja naissance, il aurait peut-être permis la constatation d’une forte concentration d’antitoxines dans le colostrum.
@) I est regrettable. que les auteurs n’indiquent point la nature de l’antigène utilisé dans leurs recherches. ,
De leurs observations et de celles de Descos, Lagriffou) et Pagès concluent que :
1° Le sérum des nouveau-nés issus de mères tuberculeuses n’agglutine pas, en général, le bacille de la tuberculose (I et Il);
2° Quand l’agglutinine existe en abondance dans le sang de la mère, une certaine quantité de cette agglutinine peut pénétrer dans l’organisme fœtal (TI);
3° Il peut y avoir formation autonome d’agglutinine par le fœtus (IV). Les faits de cet ordre s’observeraient « quand la tuberculose de la mère est particulièrement grave ». Les agglutinines décelées ne seraient pas celles de la mère qui auraient franchi le placenta, mais celles que le fœtus, recevant les toxines maternelles, aurait lui-même élaborées.
D'autre part, Debré et Lelong (1925), à la suite de leurs études approfondies, concluent à la réalité et à la fréquence de la transmission des anticorps tuberculeux de la mère à l'enfant. Nous leur empruntons l'historique de la question, ainsi que l’exposé de leurs travaux :
« Les premiers (1910), J. Parisot et Hans (de Nancy) ont constaté une réaction de Bordet-Gengou positive, d’une part, dans le sang d’une mère tuberculeuse, et, d’autre part, dans le sang du fœtus extrait par césarienne et mort quelques instants après; à l’autopsie, aucune lésion tuberculeuse n’était apparente, et l’inoculation au cobaye des viscères du fœtus est restée négative.
« En 1911, M'e Rosenkrantz, dans le laboratoire du docteur Calmette, examinant les sérums d'enfants pris au hasard, sans se préoccuper de savoir si les mères étaient tuberculeuses ou non, trouva des anticorps tuberculeux dans trente et un cas sur cent; le sang était prélevé au cordon ombilical au moment de la naissance.
« Plus tard, en 1921, MM. Ribadeau-Dumas, Cuel et Prieur ont montré dans sept cas le passage des anticorps tuberculeux de la mère à l’enfant, et, dans cinq cas, ils ont
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vu ce fait essentiel, à savoir la disparition rapide de la réaction chez l’enfant.
« M. Cookes (1922), en Amérique, a retrouvé le même phénomène. Examinant le sang du cordon dans quatre cent vingt-sept cas (femmes tuberculeuses et non tuberculeuses), il a trouvé soixante-quatorze réactions positives (soit 17,3 %). Dans les cas où il a suivi l’évolution ultérieure de la réaction chez l’enfant, il a toujours constaté la disparition de celle-ci avant le deuxième mois.
« Enfin, MM. Cassoute, Brahic et Raybaud (1923) (de Marseille) ont constaté une réaction positive dans le sang du cordon d’un nouveau-né issu d’une mère atteinte de méningite tuberculeuse. »
En 1924, Debré et Lelong reprennent cette étude. Ils utilisent l’antigène de Nègre et Boquet et suivent la méthode de Calmette et Massol.
« Nous avons examiné, écrivent-ils, trente-cinq fois le sang du cordon provenant : seize fois de mères tuberculeuses et dix-neuf fois de mères non tuberculeuses, prises comme témoins; trente-deux fois, nous avons pu examiner parallèlement le sang veineux maternel. Enfin, nous avons pratiqué la réaction dans le sang de cent dix-sept nourrissons de moins de trois mois issus de mères tuberculeuses: soixante-neuf de ces enfants avaient été séparés dès la naissance, ou, en tout cas, suffisamment tôt pour n'être pas contaminés; quarante-huit enfants, qui n'avaient été contaminés que tardivement, étaient infectés et avaient une réaction tuberculinique positive.
« Dans leur ensemble, nos résultats confirment la réalité et la fréquence de la transmission transplacentaire des anticorps tuberculeux.
« Sur treize mères tuberculeuses, les anticorps tuberculeurs étaient décelables : onze fois dans le sang veineux; sur ces onze cas, huit fois les anticorps existaient dans le sang du cordon. »
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ARTICLE II Transmission de l’immunité conférée
Un curieux et unique exemple de transmission d’une immunité conférée à l’homme est fourni par Nattan-Larrier, Ramon et Grasset (1926), qui réussissent à conférer à l'enfant une solide immunité par l’immunisation de la mère pendant la grossesse.
« Deux injections d’'anatoxine tétanique de 1 centimètre cube chacune, pratiquées à un mois d'intervalle (au début du huitième mois de la grossesse), suivies d’une troisième, faite huit jours après la seconde, développent une immunité telle que 1 centimètre cube du sérum de la femme ainsi traitée neutralise six cents doses mortelles pour le cobaye. Dans ces conditions Le nouveauné œuquel celte fenime donne le jour a, lui aussi, une bonnd immunité (moindre pourtant que celle de la mère); 1 centimétre cube de son sérum (sang du cordon) neutralise deux cents doses mortelles, L’immunité que transmet ainsi la mère au fœtus est. une immunité passive; elle peut, lorsqu'elle est aussi prononcée que l’indiquent les chiffres ci-dessus, durer au moins deux mois. »
Les auteurs « envisagent la possibilité, grâce à l’anatoxine, d’assurer dans certains cas la protection des nouveau-nés vis-à-vis du tétanos d’origine ombilicale.. La même protection pourrait d’ailleurs être conférée aux rejetons de nos femelles domestiques qui ont une grosse valeur économique ».
De tels faits montrent que l'intérêt de la question de l’immunité transmise est aussi bien d’ordre pratique que théorique.