Transmission par le colostrum de l'étal réfractaire
Pour si persuasives que soient les nombreuses expériences que nous venons de rapporter, elles n’établissent que la transmission des anticorps. La transmission d’une véritable résistance —- état réfractaire — est établie par des travaux moins nombreux, mais tout aussi démonstratifs.
Il est de notion classique en pathologie vétérinaire que les veaux nouveau-nés privés de lait maternel succombent fréquemment à une septicémie à coli-bacilles, connue sous le nom de « diarrhée des veaux ».
Nous ne ferons que rappeler ici les travaux de Smith et Orcutt (1925), que nous avons déjà mentionnés et qui éta-
blissent le rôle du colostrum dans la transmission de l’état réfractaire.
Nous rappellerons également ceux de Smith (1925), montrant que la suppression du colostrum peut déterminer, chez les jeunes veaux, l'apparition d’une complication de la septicémie à Bacillus coli : la néphrite en foyers ou « rein blanc tacheté ».
« Cette néphrite, écrit Smith, peut être réalisée expérimentalement en retardant l’ingestion du colostrum de vingt-quatre à trente-six heures ou en la supprimant tout à fait. Rares sont les veaux privés complètement de colostrum qui survivent au delà de la première semaine. Encore, chez les survivants, rencontre-t-on fréquemment ce rein tacheté, séquelle de la septicémie à coli-bacilles. Les veaux nourris normalement n’ont pas présenté cette affection, et tous ceux qui ont été sacrifiés avaient des reins sains. »
3. Caractères particuliers de la transmission de l'immunilé par le colostrum.
a) RICHESSE DU COLOSTRUM EN ANTICORPS. — La richesse du colostrum en anticorps est un fait tout à fait remarquable. Dans les expériences que nous venons de rapporter, sa teneur en anticorps est souvent égale et parfois supérieure à celle du sérum maternel; dans quelques cas même la différence est considérable (Little et Orcutt).
Cette richesse du colostrum ne peut s'expliquer que par une « décharge » des anticorps accumulés dans la:mamrelle au cours de la gestation. Cette décharge se produit immédiatement après l'accouchement.
L’accumulation des anticorps dans la mamelle est établie : par de nombreux auteurs (1).
(1) Par Ehlirch (1892) pour les antitoxines tétaniques; par Rômer (1901) et par Ikeda (1904) pour les antitoxines diphtériques; par Widal et Sicard (1897), Staübli (1903), Reymann (1920) pour les agglutinines typhiques; par Little et Orcutt (1922) pour les agglu-
tinines du B, abortus; par Orcutt et Howe (1922) pour les HU du B. proteus. Ë
La réalité de la décharge des anticorps dans le colostrum
(1912) montre que le taux de l’hémolyse peut passer de
# . après l’accouchement, n’est pas moins certaine, Famulener
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| Orcurr et Howe..| veau|Aggl. Proteus! 0 |1h.50. 1 p. 40
1 p. 18 (moment de l’accouchement) à 1 p. 800 (deuxième jour après).
b) RAPIDITÉ DE LA TRANSMISSION. — La rapidité du passage des anticorps du colostrum dans le sérum des jeunes est assez surprenante. Le tableau que nous publions ci-après montre que :
1° Dans les cas les plus favorables, c’est une heure après l’ingestion que l’on retrouve les anticorps dans Île sérum du jeune;
2° Dans les cas les moins favorables, c’est après onze heures que le passage est reconnu;
3° Dans un cas, enfin, c’est après dix-huit heures que nous voyons un pouvoir agglutinant passer de 0 à 1 p. 2.560.
Temps de passage au jeune des anticorps apporlés par le colostrum.