‹ L'Immunité TransmiseChapitre 77 sur 96 · PONS CR CU VEN OUR TNT ET ANR · texte numérisé non relu

PONS CR CU VEN OUR TNT ET ANR

L’immunisation active du fœtus est difficile à admettre,

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Les premiers auteurs qui ont étudié l’immunité transmise, à une époque où l’immunité n’était rapportée qu’à la pullulation microbienne, ne pouvaient considérer l’immunité que sous sa forme active, C’est ainsi que, pour Arloing (1891) (1), l’immunité du jeune est due au passage dans l'organisme, et à travers le placenta, des agents microbiens de la maladie maternelle. L'immunité du jeune est liée à cette contamination « in utero ». Or, dit Arloing, « si le fœtus reçoit dans le sein de sa mère les agents de la virulence, n'est-il pas naturel qu'après sa naissance, le jeune sujet possède l’immunité comme sa mère ? »

(1) Les virus, p. 282.

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Plus tard, Vaillard (1896) considère à la fois le passage au fœtus des microbes pathogènes et des toxines élaborées. En cas d’immunisation de la mère pendant la gestation, il estime qu’il y a lieu d'éliminer la vaccination simultanée de la mère et du fœtus. Dans ce cas, en effet, le fœtus « participe réellement à la maladie du générateur. Cette participation est complète si les microbes ont traversé le placenta; elle est partielle, et néanmoins efficace, si lle fœtus a reçu, non le virus, mais les produits solubles élaborés dans les tissus maternels. On conçoit que, dans le cas d’une vaccination par un produit chimique, les substances injectées à la mère dialysent à travers le placenta et arrivent jusqu’à son produit ».

Vaillard admet done, lui aussi, que les antigènes (microbiens ou chimiques), franchissant le placenta, réalisent limmunisation du fœtus.

La possibilité du passage au fœtus des antigènes maternels est indéniable. Qu'il suffise de rappeler l'existence de cas de variole, de rougeole, de scarlatine, de fièvre typhoïde, voire même d’oreillons, constatés dès la naïssance chez des enfants nés de mères atteintes de ces maladies peu de temps avant ou au moment de l’accouchement. Mais les germes ainsi parvenus au fœtus sont-ils capables de déterminer chez lui une immunité active ? Nous ne le pensons pas, pour les raisons suivantes :

A) Ces passages sont rares. La contamination du fœtus « in utero » implique des conditions très particulières;

B) Le fœtus ne semble pas capable d'acquérir une immunité active; a

C) Il est des cas dans lesquels le fœtus présente une immunité, alors qu’il n’a pu recevoir aucun antigène, la

mère ayant reçu passivement les anticorps (injection de sérum).

A. CONDITIONS D’UNE IMMUNISATION ACTIVE DU FŒTUS PAR CONTAMINATION « IN UTERO », — Cette contamination

est rare. Nous avons déjà exposé qu’elle ne pouvait se produire que sous deux conditions :

1° Altérations placentaires; 2° germes filtrables.

B. LE FŒTUS EST INCAPABLE DE RÉALISER UNE IMMUNITÉ ACTIVE, — Par une série d’expériences rapportées ailleurs, Famulener (1912) démontre que le nouveau-né est à peine capable d'élaborer des anticorps. « Il est impossible d'affirmer, écrit-il, que le fœtus en soit capable, en admettant que l’antigène puisse l’atteindre à travers le placenta. Il est même plus probable que le fœtus,’ est moins capable que le nouveau-né de produire des anticorps.

« Il semble que cette capacité augmente graduellement à mesure que l’être se développe et qu’il s'adapte au monde extérieur (Behring).

« Les travaux de nombreux savants (Schkatin, Moll....) semblent établir que l'organisme des très jeunes enfants ou des animaux n’a qu’une très faible capacité à réaliser une immumnité active. »

Yourewitch (1903), à la suite de ses expériences sur la transmission des agglutinines typhiques chez le cobaye, estime, lui aussi, que le fœtus est incapable d'élaborer des anticorps.

. C. CAS PARTICULIERS. — Il est des immunités qui ne sauraient s'expliquer par une immunisation active réalisée « in utero », telles :

a) Les immunités que certains sujets présentent dès la naissance vis-à-vis d'infections dont leur mère était guérie depuis plusieurs mois;

b) Telles encore les immunités de jeunes mis au monde par des mères qui n’ont reçu qu’une immunité passive (injection de sérum [Cf. expériences de Staübli]).

ARTICLE II

L’'immunisation active du nouveau-né par voie digestive semble impossible.

Cette immunisation peut-elle être réalisée chez le nouveau-né par le colostrum ou par le lait ?

Les avis des auteurs divergent sur ce point.

Williams (1916) admet qu’un jeune veau allaité par une vache infectée par le B. abortus acquiert une immunité active; mais celle-ci est toute relative puisqu'il considère ce veau comme « un porteur chronique dont l'infection ne se révélera qu'ultérieurement ».

Huddlesen (1916) estime qu’une immunité active, solide et durable, vis-à-vis de l’avortement épizootique, peut être acquise par l’ingestion d’un lait virulent.

Quillan (1923) considère, au contraire, que l’immunité ne peut être que passive et conférée par voie placentaire.

D'autre part, dès 1906, Calmette et Guérin, Roux et Vallée démontrent la possibilité d’une immunisation active vis-à-vis de la tuberculose par voie digestive, chez les jeunes bovidés, tout au moins.

L'étude de toutes les observations de transmission digestive de l’immunité que nous avons pu réunir nous conduit

à penser que les immunités transmises par cette voie ne sont pas de nature active.

En effet, ce n’est pas à la présence d’antigènes qu’est due la valeur immunisante du colostrum et du lait. L’immunité qui apparaît chez le jeune à la suite de l’ingestion de ces produits présente des caractères qui ne permettent pas de la considérer comme étant de nature active.

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