‹ L'Immunité TransmiseChapitre 85 sur 96 · PAST T PA QE · texte numérisé non relu

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Ces expériences montrent en outre que :

La mère ne transmet d’anticorps au jeune par voie placentaire qu’au moins huit jours après qu’elle a reçu une injection vaccinante (immunité active).

Au contraire, si elle reçoit une immunité passive (injection de sérum), c’est quarante heures après l’injection que des agglutinines sont déjà décelables dans son sérum et transmissibles au jeune.

V. Transmission du pouvoir hémolytique. — Famulener établit que, chez la chèvre, le pouvoir hémolytique n’est transmis que s’il est acquis pendant la gestation :

« C’est lorsque l’immunisation est réalisée pendant la gestation que le colostrum contient la plus grande quantité d’hémolysines. Cette teneur est souvent plus élevée que celle du sérum maternel au moment de l’accouchement. »

Toutefois, l’immunité ne doit pas être acquise trop tard par la mère.

Nattan-Larrier, Ramon et Grasset (1925) montrent que « des lapines qui reçoivent 30 centimètres cubes d’anatoxine tétanique dans les veines deux jours avant la mise bas ne transmettent aucune immunité à leur progéniture ».

C. TRANMISSION DE L'IMMUNITÉ ACQUISE PAR LA MÈRE APRÈS LA GESTATION. — I. La mère reçoit une immunité passive. — Ehrlich montre qu’une immunité passive vis-àvis du tétanos conférée à des souris dans les dix jours qui suivent l’accouchement est entièrement transmise aux nourrissons.

II. La mére reçoit une immunité active. — Famulener (1912) montre que l’immunité vis-à-vis d’un sang hétérogène (mouton) conférée à une chèvre pendant la gestation

n'est pas transmise aux nourrissons.

« Les mères immunisées activement contre les hématies de mouton aussitôt après la naissance de leurs jeunes ne transmettent pas d’immunité avpréciable. »

Donc, après l’accouchement, la mère n’est capable de transmettre qu’une immunité passive,

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Conclusion

1° L'immunité conférée à la mère avant la gestation est susceptible d’être transmise, à condition d’être suffisante au moment où le jeune peut la recevoir (au cours de la gestation ou au moment de l’accouchement). L'expérience montre que les immunités acquises avant la gestation sont rarement encore assez élevées au moment où le jeune peut les utiliser;

2° L’immunité conférée ou acquise au cours de la gestation est la mieux transmise.

Quel est le moment optimum pour cette transmission ? Il semble que l’immunisation ne doive être ni trop précoce (premiers mois), ni trop tardive (dernière semaine).

Mais il y a, à ce sujet, de grandes variations suivant les individus et les antigènes, et surtout Le ai et la nature de l’immunité de la mère;

3° Des immunités conférées à la mère après l’accouchement, seules les immunités passives sont transmises, à la condition d’être réalisées dans la première semaine (les

anticorps sont ainsi transmis directement, et immédiate-

ment, au jeune). Au contraire, quand c’est une immunité active qui est conférée à la mère, le jeune n’est plus « réceptif » au moment où la mère commence à élaborer des anticorps. |

En somme, le moment où la mère contracte son immunité n’a qu’une importance toute relative. Il n’est à considérer que dans la mesure où il modifie le degré d’immunité que la mère possède au moment où le jeune est « réceptif ».

ARTICLE I

Influence des étapes de la gestation sur l’immunité maternelle,

INFLUENCE DES ÉTAPES DE LA GESTATION SUR L'IMMUNITÉ MATERNELLE; ROLE DE LA GLANDE MAMMAIRE. — L'influence de l’accouchement sur la teneur en anticorps du colostrum

et du lait est signalée chez la jument par Dzierzgowski (1901) à propos de l’antitoxine diphtérique. Cet auteur voit la teneur du colostrum atteindre, au moment de l’accouchement, trois mille unités antitoxiques, alors que le sérum sanguin ne possède, au même moment, qu'une teneur de trois cents unités. v

En 1903, Staübli, chez le cobaye immunisé vis-à-vis du bacille d’Eberth, constate qu’au moment de la naissance, la teneur du lait en agglutinines peut dépasser celle du sérum. Au cours de ses expériences, Staübli a remarqué un fait plus intéressant encore. Il a vu l’immunité acquise par une mère au cours d’une première gestation se renforcer spontanément au cours d’une deuxième gestation, et les anticorps élaborés être « déchargés » dans le colostrum au moment de cet accouchement.

Rappelons brièvement cette curieuse observation :

Le cobaye met bas une première fois le 23 août. A cette date, le P. A. de son sérum égale............ 1 p. 16.000 — — — colostrum égale........ 1 p. 16.000

Le 28 septembre ces chiffres sont tombés, pour le sérum, à 1 p. 2.000; pour le lait, à 1 p. 600.

Le cobaye ne recoit plus aucune inoculation.

Le 3 décembre, il met bas une deuxième fois.

SON. SÉTLM A ASSIUUPE CAMES... ss 1Nn 400

Son colostrum agglutine à...... LES 1, p.112.800 Le 5 décembre

Le sérum agglutine toujours à.. AO 01 p: 400

Le colostrum n’agglutine plus ua Pen e 1 p. 800

Chez une femme atteinte de fièvre typhoïde, Staübli (1906) fait des constatations analogues

Le 30 -janvier;.le/P.rA estide RER SNA RER 1 p. 100 Le 25 février (jour de l’accouchement), il est de.. 1 p. 200

Ces résultats sont confirmés par de nouvelles expériences chez l’animal (1).

(A) L'auteur n'indique pas l’animal dont il s’agit. Ses expériences antérieures portaient sur des cobayes.

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Le lendemain de l'accouchement, un sérum agglutine à 1 p. 200 et le colostrum du même sujet à 1 p. 6.400. Quatre jours après, ces chiffres sont tombés à 1 p. 200 pour le sérum et pour le colostrum.

L'auteur insiste sur cette propriété très particulière de l'organisme qui est capable d'augmenter la teneur du sérum en anticorps « en dehors de l'introduction de toute bactérie et sous l'influence d’une toute autre excitation ».

Et il rappelle que l'augmentation du pouvoir agglutinant peut être produite par des substances dérourvues de

toute spécificité telles que l’hétol Hennonne 1905) et la

pilocarpine (Rostoski, 1905). L Enfin, il estime que « la ar mammaire joue un rôle actif dans la production des anticorps ».

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RÔLE DE LA GLANDE MAMMAIRE. — Il est mis en évidence

par de nombreux auteurs (1).

Widal et Sicard (1897) constatent que le pouvoir agglutinant du lait de cobayes immunisés vis-à-vis du bacille d’Eberth « semblait manquer parfois, surtout après une tétée un peu abondante ».

Ikeda (1924) conclut de ses expériences « qu’il y a une accumulation dans la mamelle des antitoxines diphtériques sécrétées par cette glande ».

INFLUENCE DE L'ACCOUCHEMENT SUR L'IMMUNITÉ MATER- NELLE. — Howel et Eby (1910) étudient l’évolution de cette immunité. Ils constatent que :

1° Les hémolysines du sang humain et du sang de mouton contenus dans le sang de la mère (lapine) diminuent après le part;

2° Les anticorps fixateurs du complément disparaissent presque complètement après le part.

() Voir note p. 92. =

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Avec le Streptococcus viridens, ils ne,reparaissent plus. Avec le méningocoque, ils augmentent légèrement pour diminuer ensuite.

Avec le pneumocoque, ils augmentent après le part. Avec le bacille d'Eberth, la diminution n’est pas immédiate, mais elle se produit au bout d’une semaine,

3° Les agglutinines du méningocoque diminuent progressivement après le part.

Celles du bacille typhique restent à un taux constant jusqu’au vingt et unième jour, mais le vingt-sixième jour elles ont disparu,

4° Les Opsonines typhiques diminuent brusquement

après le part. Leur taux tombe de 640 à 20, mais il remonte

le huitième jour (40) et le trente-deuxième jour il est

encore le même.

A son tour, Famulener (1912), chez une chèvré immunisée vis-à-vis des hématies de mouton, constate que le pouvoir hémolytique du sérum, qui était de 1 p. 1.000 quinze jours avant l'accouchement, tombe, au moment de ce dernier, à 1 p. 200—1 p. 250. De plus, les anticorps hémolytiques disparaissent rapidement du lait dès la première tétée.

Reymann (1920), à propos de la transmission de l’antitrypsine chez la chèvre, constate que, chez les mères, la teneur en anticorps s'élève avant la mise bas.

Après l'accouchement, cette teneur diminue assez vite dans certains cas; dans d’autres, au contraire, elle se maintient constante (les examens sont poursuivis pendant plus d’un mois). |

Conclusion

L'influence de la gestation et de l’accouchement sur la teneur en anticorps du sang et du lait est évidente.

Pendant la gestation, il se produit dans la mamelle une accumulation d'anticorps qui, au moment de l’accouche-

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ment, sont rapidement éliminés, à doses massives, avec le colostrum, | 2 Nous pensons qu’il faut voir dans ce fait une nouvelle manifestation de l'influence de l’état de gestation sur l’en- L semble de l'organisme. Le début de la gravidité détermine ta congestion des glandes mammaires et une sécrétion - colostrale. Est-il invraisemblable d'admettre que cet état amène, dans la glande déjà entrée en activité, l’accumula- $ tion des anticorps cireulants ? Quant au passage de ces. substances dans le colostrum sécrété, ce n’est là qu’un phé-

__ térisent la « crise » des maladies infectieuses. La glande mammaire n'est-elle pas aussi capable que le rein de réa- ‘2 liser un phénomène de cet ordre ?

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nomène analogue aux « décharges » minérales qui carac-

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