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CHAPITRE II

L'immunité transmise chez l'enfant

ARTICLE PREMIER

Moment d'apparition de l'immunité chez l'enfant

La rapidité du passage de limmunité de la mère à l’enfant semble être fonction

1° Du vecteur des anticorps : Nous avons déjà assez insisté sur la rapidité du passage chez le jeune des anticorps apportés par le colostrum;

2° De la nature de l’immunité conférée à la mère : En effet, si la mère reçoit une immunité passive (injection de sérum), on conçoit que les anticorps apparaissent beaucoup plus vite chez le jeune que si elle reçoit une immunité active (injection de virus). Nous n’en voulons pour preuve que les résultats suivants obtenus au cours de recherches sur la transmission du pouvoir agglutinant visà-vis du bacille d’Eberth.

Une immunilé active est conférée à la mère : Dieulafoy, Widal et Sicard (1896) « retrouvent la propriété agglutinante » vis-à-vis du bacille d’Eberth, « au moment de la naissance, dans le sang du cœur des petits d’une lapine inoculée (culture) depuis six jours (immunité active) ».

Yourewitch (1903) signale la présence d’agglutinines dans le sang de fœtus de cobaye dix à douze jours après que la mére a reçu des injections de bacilles typhiques (immunité active).

Une immunité passive est conférée à la mère : Widal et Sicard (1897) constatent que le sang de jeunes souris est déjà agglutinatif trois jours après le début de l’immunisation de la mère (1 centimètre cube et demi de sérum en deux fois, immunité passive).

ARTICLE I

Degré de l’immunité transmise à l’enfant

A. ÎMMUNITÉ Vis-A-VIS DES DIVERS ANTIGÈNES. — I. Toxines végétales. — Chez la souris, le degré de l’immunité vis-à-vis de la ricine, de la robine et de l’abrine est fonction de la durée de l'allaitement. Elle augmente progressivement du premier au vingt et unième jour, c’est-àdire jusqu’à la fin de la période normale d’allaitement où elle est représentée par une résistance à quarante doses mortelles (Ehrlich, 1893).

IL. Toxine tétanique. — Chez la souris, le degré de l’immunité vis-à-vis de la toxine tétanique est aussi fonction de l'allaitement. Une résistance à onze à quarante doses mortelles est ainsi conférée (Ehrlich, rapporté par Vaillard, 1896).

« De même, des cobayes âgés de trois à quinze jours, nés de mères immunisées vis-à-vis de la toxine tétanique, supportent des doses de toxine deux cents à quatre cents fois supérieures à la dose mortelle, Maïs, si accusée que soit cette immunité, elle paraît manifestement inférieure à celle du générateur, »

Chez le lapin, les jeunes nés de mère immunisée par l’anatoxine ont, « le jour même de leur naissance, sensiblement la même immunité que leur mère (1 centimètre cube de leur sérum neutralise plus de deux mille doses mortelles de toxine pour le cobaye) (Nattan-Larrier, Ramon et Grasset, 1925).

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