‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 30 sur 57 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

L’IMPÉRATRICE, pua JEAN.

l’impératrice. Des menaces pour l’avenir ! Jean l’avait deviné... je me donnerais un mailre... enfant! tuas parlé trop lût... Strozzas in'a-t-il dit vrai? descenilra-t-il du rang où ma faveur l’a placé, sans chercher à m’entraîner dans saclinle?

Imprudente! qui l’ai fait le maître de mon sort , en lui laissant la preuve du service qu’il me rendit, il y a quatorze ans!.. Cette preuve ne le quitte pas!., oh! s’il ne m’a pas trompée ec soir, demain le ministre déchu n’aura plus un si nombreux cortège... et mon secret me reviendra.

celant Jean qui est entré par la parte du fond.) Jean ! tu oses venir chez moi si ouvertement !

JEAN. Les salles du palais sont désertes.

Je n’ai trouve sur l’escalier que quelque* esclaves à moitié endormis. Personne ne m’a vu.

l’impératrice. Sais-tu que si l’on le surprenait ici, dans la chambre impériale, nous serions punis de mort?

JEAN. D’où te vient aujourd’hui celle crainte? est -ce done la première fois que tu me permets d'y pénétrer? oh! I.ii.*scmoi oublier en ce moment Ion rang d’impératrice, laisse-moi penser quand tout est

L’iMPintTüici!

silencieux autour <lc nous, quand nous sommes seuls, que tu n’as ni esclaves ni courtisans, que tu peux m’aimer et le dire; que ce Iront qui , à cette heure, ne porte plus de couronne, m’appartient A moi: laisse -moi penser tout cela; laissemoi, pour te distraire de tes craintes, donner à tes esclaves le signal qu’ils attendent pour commencer la fêle (// donn' te signal; mintindaa loin des inslrumens de musique.) et maintenant oublions qu’il j a un empereur, oublions tout!

Il ■'aitied à fei piecli.

l’impératrice, le regardant. Jean, <:elle

femme qui est venue au Palais, je l’ai fait

arrêter par ton ordre : on va te l’amener et tu la remettras en mes mains.

JEAS. Laisse-la vivre obscure et misérable.

l'impératrice. Tu me la livreras, je le veux. 11 me faut une preuve de ton amour. Je t’ai sacrifié Stroiiaa ; tu me sacrifieras bien cette femme. .. et cet abandon, tu ne sais pas de quel prix je puis le pajtr.

JEU. Tes désirs ne sont-ils pas des ordres?

l’impératrice. Ah ! tu m’aimes, Jean.

A nous deux l’empire maintenant. Je bri- ■serai tout ce qui ne pliera pas devant nous; j'ai commencé par Stroxias pour finir par Manuel peut-être.

JEA.V. Manuel! ^

L’IMPÉRATRICE. Oui; Manuel qui s’est montré à moi tout entier: Manuel qui oublie ce que je puis et qui menace.

JE.AA. Ah! enfin 1

L’IMPÉRATRICE. II prétendra régner, et limpératrice mère sera à peine consultée...

Par le Christ! cela n’arrivera jamais. Jean, je puis faire plus que je n’ai fait encore.

Qui sait ce que j’oserais pour celui qui me devrait tout et qui ne l’oublierait pas?

JEAX. Regarde-moi : c’est de 1 amour que je veux. Crois-tu que des idées d’ambition trouvent place dans mon cœurquand nous sommes ainsi tous deux? Non : ne me dis plus qu’il y a des grandeurs, un trône; dis-moi qu’il y a au monde une femme, et qnc cette femme est à moi. Oh!

qui pourrait t’aimer comme je t’aime?

La miiNqiie cc»»e loiil ii coup.

l'impératrice. Pourquoi s’interrompent-ils ainsi?

JEAJI. Quelque accident sans importance sans doute. Le jeune Auguste a donc voulu te revoir avant de partir?

l’impÉR.ATRICE. Oui... je me rappellerai scs adicuxl...

L> musique recoinnieDCe.

JE.\SI. Que tu es belle!..

L’impiratrut.

l’impératrice et la iriTE. J 7

13 , quand nous l’impératriCE, «n riant. Jean! lo »és ni esclaves ni jour de la cour t’a gâté, m’aimer et le jeaa, riant. Oh! mais vraiment! qui t’a cette heure, ne rendu ce soir si craintive? Sommes-nous m’appartient A donc forcés de nous garder à ce point, iiit cela; laisse- qn’il faille placer des soldats autour de ce ;s craintes, don- palais, comme autour d’une prison ? qu’ils attendent l’iMPÉRATRICE. Des soldats?

( donne le signal; JEAA. Regarde.

lens de musique.) L’iMI’ÉRATRir.E. Ce n’esi pas moi qui ai 'il y a un empe- donné cet ordre.

JEAM. Comment?

ied à set pieds. L’IMPÉRATRICE. Ce n’cst pas moi , te

faut. Jean, celle Qui... des soldats!., qui les a pla-^

liais, je l’ai fait ü? pourquoi occupent-ils toutes les is-' •a te l’amener et gm-jp.. Jean! il faut le savoir : il faut le ns. savoir à l’instant. Sur mon ame ceci est

bscure et misé- ;i(range.

JE.AN , d la porte du fond. Cette porte est la livreras, je le fermée.

ireuve de ton e’impÉRATRICE. Fermée 1 Eh ! c’est partroiias; tu me ^ ps veau!.. Fermée!., c’est im-

e. .. et ect aban- possible !

el prix je puis le jeam. Vois donc avec moi !..

l’impératrice, qui a couru d (aporie.

;-ils pas des or- Malheur!

}EAN, t'élançant à la porte de gauche.

m’aimes , Jean. Celle-ci ?. . fermée ausssi ! ntenant. Je bri- e’impÉRATHICE. Ah !.. [Ils restent quellas devant nous; temps immobiles.') O mon Dieu! l’ems pour finir par pgrcur sait loull JËAl. Z.oé!

, l’impératice. Que faire?., oh! que lanuel qui s est fajpo à pré.seut?.. dis-le-moidonc?

Manuel qui ou- jean. Livrés par Strozzasb ncnacc. l'ihpÉr.atrice. Jean! il faut sortir d’ici

à tout prix. Tu ne veux pas qu’on te sur- :ndra régner, et .prenne dans la chambre impériale? lu ne line cousu liée... yeux pas me perdre avec loi, n’est-cc pas ? ra jamais. Jean, H faut sortir.

ii’ai fait cnrore. jean. Üoniic-moi donc un moyen de )ur celui qui me priser ectic porte sans être entendu. Il y a lierait pas ? jos soldats dans ces jardins , il y en a dans

'est de 1 amour eetle galerie... Ne vois-tu pas que la garde des idées d am- l’empereur tout entière nous entoure? vion cœurquand l’impÉR.ATRICE. Oui... .Strozzas les a deux. on . ne oooj„i(j , Je l’ai bravé pour toi, el j’ai 1 gram curs, un iP,l pg vengerait pasl.. Mais j’é-

au monde une f„„,, *' '

e est .1 mm. . jean. Ta confiance nous a perdus, e je i amie r „ r »

tout i coup. J- ^ A .

uoi s’interrom- ^ IMPÉRATRICE. Comment n ai-)c pas prévu cela, moi? prise dans le piège sans sans importance espoir d’échapper? Oh! il y a un moyen de islc a donc vou- sauver... il y en a uni Mon Dieul se-

courez-moi!

je me rappelle- •'EAN. Mourir ainsi sans avoir accompli ’ sa destinée! mourir quand l’avenir était si

lecoinineDce. beau !

l’impératrice, frappée tout d coup

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