II
.SARA. Arrêtez! cct enfant n’est jias le fibde renipcrcnr! c’est le mien.
l’iMPÉI’.ATRiCE, coûtant saisir Manuel pour te retenir. Manuel ! .Alanucl, à moi!
SARA, entraînant son fils dans l'église.
Asile ! asile !
Stirprijc générale. — A la voix de Sara , Itml a’eil • télé. Agalbès et tous ceux qui sc Iroiivaienl •ut* loi degré, ont fait un pas tn arrière et lai.irnt voir .Sara tenant Manuel dans ses bras:
1 itnpèralriee qui, an molueot du (ninitlte, a été entrainre biio des degtés, uceupe la gauebe du llirâlrej elle est iimnubüc. — La foule étunnee garnit la place et fixe son legard aur Sara et Maairtl, — 'f ablcau général.
SARA. Oui... et il fautqnc je tcle répète, .MamicI; car je ne veux pas t|ue In puisses .iccu.ser mon amour d’égoïsme. Leurs poignards étaient prftls; je les ai rus. .Sans cela, j’ensse peut-être renfermé mon secret:
oui, heureuse de ton bonbeiir, j’aurais gardé pour moi l’isolement cl la pauvreté:
seulement , je me serais assise tous les jours sur les marches (lu palais; puis, quanti tu serais .sorti, j’aurais dit tout bas eu te regardant passer: Vous roycr. bien ret enfant si beau’? c’est mon fils. Pins tard, quand il t’eût fallu défendre l’empire, quand tu serais revenu triomphant, car mon fils eût été brave et digne du trône, je me serais i placée itw too passage , et j’aurais «lit are«
«8 LE lAÇAtin
orgueil :prosterncz-TOUs! ce jeune homme brillant de tant de gloire, ce jeune homme qui vous a sauves tous... c’est mon filsl..
mon bonheur n’cùt été que pour moi. Mais on voulait ta perte; ils allaient te tuer!., je t'ai pris dans mes bras, je t’ai arraché ta "robe impériale, et j’ai crié; C’est mon enfant! ne le tuez pas!..
MANUEL. Mon Dieu I SAIlA. Oh! Manuel ! interroge tontes les mères: il n’en est pas une qui n’eût fait comme moi.
MANUEL. Est-ce à mes yeux que tu as besoin de te justifier ? Et devant qui ta tendresse ne trouverait-elle pas grâce?* SAHA. Oui? ils la comprendront, tu l’espères ? l’empereur pardonnera ? D’ailleurs c’est ici le lieu d’asile; je ne crains rien pour toi... Mon Dieu!., cette foule est oncorc-là... elle entoure l’église... elle ne s’on va pas!.. L’entends-tu?
MANUEL. Oui : mais tu vois , elle nous laisse seuls.
S.vnA. Oh ! si elle entrait ! si elle voulait t’enlever d’ici !
MANUEL. Calme lescraintes, je t’en conjure. Elle l'eût fait depuis ce matin, si elle l’eût osé.
S.VR.A. Oui... tu as raison. C’est un asile sûr que celui-ci, un asile sacré... l’empereur lui-même tremblerait de le profaner.
Il y a pour les chrétiens des peines, n’estce pas? des excommunications qui les effraient ?.. Tu as raison... c’est que tout cela me rend folle, vois-tu?..
MANUEL. Allons! ne pleure plus.
S.ARA. Ecoule!
MANUEL. Quelqu’un entre dans l’église.
SAIt.A , auc effroi. Manuel ! mon enfant !
M.ANUEL. C’est une femme ! elle est saule !
SARA, line mère ! une mère qui vient nous .sauver peut-être.
M.ANUEL, ocre crainte. L’impératrice!
S.AR.A. le prenant dans scs hras. Zoé!..